Étudiants du programme de journalisme du cégep André-Laurendeau
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Le vote, la politique et moi : pourquoi et comment inciter les jeunes d’ici à voter

En septembre dernier, le taux de participation des jeunes de 18 à 24 ans aux élections fédérales était de 66 %. Nous, les jeunes, sommes la tranche d’âge voulant le plus de changement tout en étant celle qui s’implique le moins en politique. 

Ces chiffres sont très décevants. Quand je les ai vus, je n’étais pas fier de faire partie de la génération qui se veut être celle du futur tout en étant celle qui s’implique le moins dans l’avenir. 

Pourquoi les jeunes ne votent-ils pas ? 

Justine Michaud
Justine Michaud

Moins de 15%. C’est la proportion des candidats et des candidates politiques de moins de 34 ans au Québec. Les 18-34 ans représentent pourtant 25,3% de la population québécoise. « Si on ne vit pas dans une société qui nous correspond, comment être  heureux ? », interroge Justine Michaud, une étudiante en communication du cégep André-Laurendeau à LaSalle. 

Avec trois élections (fédérale, municipale et bientôt provinciale) en l’espace d’un an au Québec, ce ne sont pas les occasions de voter qui manquent. Cette concentration des scrutins électoraux pourrait en décourager plusieurs. 

Pour Michael Demers, étudiant en cinéma de LaSalle, ce n’est pas le cas. Pour lui le vote est une nécessité : « Il faut que je contribue à faire quelque chose au niveau politique ». Pour le cégépien de 20 ans, si tu ne votes pas, tu n’as pas le droit de chialer. 

Michael Demers
Michael Demers

Michael insiste cependant sur le fait qu’il ne faut pas forcément voter comme les gens autour de nous l’ont toujours fait, mais plutôt en accord avec notre façon de penser. La politique lui permet de développer sa propre opinion. Il reconnaît que plus jeune, il pensait comme ses parents lui disaient de penser.  « Après toutes ces années, je me dis pourquoi devrais-je penser comme eux ? ».

Cette question pourrait bien être l’une des clés pour motiver plusieurs jeunes à aller exercer leur droit de vote. L’idée de s’affranchir de l’emprise parentale par un simple vote est très puissante. 

Un geste simple pour un futur meilleur 

En allant voter, c’est comme si on nous donne le pouvoir de choisir comment les choses vont se dérouler. 

Pour Justine Michaud qui s’apprête, comme moi, à exercer son droit de vote pour la première fois aux élections du 3 octobre, c’est important de prendre de bonnes décisions pour notre avenir et, peut-être même, le futur de nos enfants.

Pour cette jeune LaSalloise, aller voter aura un impact majeur sur son futur et sur celui de la société québécoise. « Nous, les jeunes, sommes l’avenir et devons agir en tant que tel » insiste-t-elle. 

Pourquoi donc 44% d’abstention? 

Lorsqu’on demande à la population générale pourquoi ils ne vont pas voter, une grande majorité (32%) répond « ne pas être intéressée par la politique », selon Statistiques Canada. Une tendance que l’on observe aussi chez les jeunes. 

Julie-Anne Durand
Julie-Anne Durand

« Certains s’en foutent de comment le monde fonctionne. Ils manquent de maturité », remarque Michael Demers qui n’est pourtant pas en désaccord avec l’hypothèse avancée par Julianne Durand, une Verdunoise qui étudie aussi à André-Laurendeau : « Les représentants et les députés ne prennent pas assez en considération nos besoins, à nous les jeunes ». La jeunesse se sent littéralement abandonnée par les politiques. 

Après tout, les 18-24 ans représentent moins de 9 % de la population, pourquoi s’en soucier ? Si c’est le cas, cette tendance des politiques à exclure la jeunesse pourrait causer un cercle vicieux : vu que les politiciens ne s’intéressent pas aux jeunes, et bien les jeunes ne s’intéressent pas à la politique, avance Justine Michaud. 

L’éducation, premier enjeu d’intérêt pour les jeunes 

Quel est le premier enjeu nommé par les jeunes lors de mes entrevues avec des étudiants du cégep André-Laurendeau à LaSalle ? L’éducation !

Rien d’étonnant venant de la bouche de ceux qui font partie intégrante du système éducatif : les élèves qui sont témoins de son état actuel. Posée à un public plus âgé, la réponse aurait probablement été différente. 

Nouvelle école secondaire de LaSalle (mai 2022)
Nouvelle école secondaire de LaSalle (mai 2022) – Crédit photo : Karine Joly

« Un jour, je me promenais dans les corridors et j’ai vu un rat énorme » raconte une étudiante qui a fait son secondaire à l’école secondaire Cavelier-De LaSalle. Une ancienne de l’école secondaire Monseigneur-Richard à Verdun se souvient : « C’était un bloc de béton brun, pas de fenêtre, pas de système d’aération ni d’air climatisé  ». 

Plus de la moitié des écoles du Québec sont en mauvais état, selon cet article de La Presse.

L’école secondaire qui se construit à LaSalle sur la rue Lapierre est déjà un pas en avant. C’est encourageant, mais ce n’est pas assez. 

Les écoles du Québec ont vraiment besoin d’être reconstruites, commente Julie-Anne Durand, une étudiante en communication du cégep André-Laurendeau. « Ce n’est pas juste la bâtisse qui a de l’importance, il y a aussi les cours qui s’y donnent : il faut aussi des investissements ». La pénurie d’enseignants est un réel problème. 

Pas étonnant que les jeunes n’aillent pas voter quand ils ne constatent aucun changement concret dans leur vie de tous les jours en raison de ces décisions politiques. 

La santé (mentale) : une autre préoccupation de taille pour les jeunes

Autre enjeu qui motive et contrarie les jeunes que j’ai interrogé au printemps pour cet article ? La santé !

Comme tout le reste de la population québécoise, ils trouvent eux-aussi que les conditions de travail du personnel de la santé sont trop difficiles. C’est comme si la défaillance du système de santé était presque devenue la norme : le taux d’occupation explose et le personnel implose. Le nombre d’heures de Travail supplémentaire obligatoire (TSO) des infirmières augmente et leurs vacances ont été coupées avec la pandémie : je ne sais pas comment elles font, commente Justine. « On s’entend que le système de santé est en déclin », conclut-elle. 

Quand les jeunes n’ont plus confiance en l’avenir, il faut se poser des questions en tant que société. La santé mentale n’est pas assez prise en considération. En 2019, une hospitalisation sur quatre chez les jeunes était liée à un trouble de santé mentale selon la Commission de la santé mentale du Canada. Que doit être la proportion aujourd’hui ?

« Tout le monde a souffert pendant la pandémie. Il faut faire quelque chose», s’indigne Michael. Quand doit voir un psychologue parce qu’on a besoin d’aide, mais que cela prend une force mentale énorme pour y avoir accès, c’est un problème et il y a urgence. Voilà ce que je dirais à un politicien s’il me demandait ce qu’il peut changer concrètement. 

L’environnement : une urgence à gérer aujourd’hui, pour demain

Autre urgence ? L’environnement, une urgence gouvernementale !

Selon le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), la température de notre planète devrait augmenter de 1,5°C dès 2030, soit 10 ans plus tôt que ce qui était prévu. Il faut agir maintenant. 

Dans ce contexte, les jeunes à qui j’ai parlé se sentent impuissants.

« Quand les gens ayant principalement pollué la planète seront morts, on sera pris avec une planète détruite », déplore Justine. La mobilisation des jeunes dans la Marche du climat à Montréal a montré que c’est un enjeu qui les préoccupe vraiment. 

Face à cette urgence climatique, les jeunes sont-ils réellement prêts à se battre et à aller voter le 3 octobre prochain ? Je l’espère du plus profond de mon cœur…

Où et comment s’inscrire pour voter le 3 octobre ?

Où et pour qui voter le 3 octobre ?

Qui se présente à Verdun, LaSallet Lachine pour les élections provinciales 2022
Qui se présente à Verdun, LaSallet Lachine pour les élections provinciales 2022
Crédit photo : PLQ, PQ, CAQ, PCQ, PVQ
Hugo Fortin

Hugo Fortin
Collaboration spéciale
Résident de Delson sur la rive sud de Montréal, Hugo étudie dans le programme Journalisme multimédia au cégep André-Laurendeau à LaSalle.

Karine Joly a collaboré à la rédaction de la version finale de cet article. La photo en haut de cet article est une composition des portraits de certains étudiantes et étudiants en journalisme d’André-Laurendeau ayant signé des collaborations spéciales pour Nouvelles d’Ici en 2022.

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Futurs journalistes d'Ici (Dep. Communication - Cégep André-Laurendeau)
Le département de communication du Cégep André-Laurendeau propose un profil Journalisme multimédia et un profil Cinéma dans le cadre du programme Arts, lettres et communication. Les jeunes y vivent une expérience citoyenne, humaine et créative. C’est une occasion de s’initier à la création médiatique, de s’ouvrir sur le monde, d’appartenir à une communauté et de se préparer pour l’université. La possibilité de publier leurs textes sur Nouvelles d’Ici est une occasion de mieux comprendre les enjeux du monde et des médias.