Le fleuve et ses rapides à LaSalle
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Attention sur le Saint-Laurent ! Conseils des sauveteurs d’ici pour naviguer en toute sécurité

La tragique disparition du passager d’une chaloupe tombé à l’eau à hauteur des Rapides le 10 juillet dernier a bouleversé les résidents et résidentes vivant à proximité des berges à LaSalle, Verdun et Lachine. La tragédie a rappelé que le Saint-Laurent n’est pas un long fleuve tranquille. De plus en plus populaire, la navigation n’y est jamais sans danger.

Alors que se tient la Semaine de prévention de la noyade du 18 au 24 juillet, le service de sécurité incendie de Montréal (SIM) a déjà reçu 22 appels d’alertes depuis le début de la saison estivale. Ses équipes de sauvetage ont dû intervenir sur l’eau 10 fois sur l’Île de Montréal. Quatre de ces interventions se sont déroulées à Verdun, LaSalle, Lachine et Dorval.

Des risques évitables face aux pièges du fleuve Saint-Laurent

“Malheureusement dans la plupart de ces interventions, les gens ont pris des risques qui n’étaient pas nécessaires” déplore François Vincent, chef de la division des opérations spécialisées et du RSMUEL (Recherche et sauvetage en milieu urbain à l’aide d’équipement lourd) au SIM. 

Il est peut-être facile de penser que les plans d’eau sont des terrains de jeux inoffensifs, surtout en ville, mais il n’en est rien. “Les pièges y sont nombreux avec les courants, les roches et le risque de chavirage, inhérent à la navigation” met en garde le professionnel avant d’ajouter que “nager dans une piscine et nager dans un plan d’eau, ce n’est pas du tout la même chose”.

Selon ceux qui sont appelés quand les choses tournent mal sur l’eau, il est crucial de porter une veste de flottaison en tout temps sur une embarcation. Si la plupart des interventions ont impliqué des gens qui n’étaient pas de bons nageurs, la veste de flottaison est un accessoire incontournable pour profiter des plaisirs de la navigation – que l’on soit ou non bon nageur. 

Porter sa veste de flottaison, même si on est bon nageur!

Dès que l’on met le pied sur une embarcation (bateau, barque, chaloupe, kayak ou canot), le port de la veste de flottaison est obligatoire. La loi l’exige sur ces embarcations avec ou sans moteur, mais elle est aussi indispensable sur un SUP et un surf. Comme le souligne M. Vincent “le fleuve est un plan d’eau avec beaucoup de roches, en surface ou pas, particulièrement glissantes en ce moment avec les conditions propices au développement des algues”.

Il est ainsi très facile de glisser, perdre pied, s‘ assommer sur une roche et perdre connaissance. Dans ce genre de situation, seule une veste de flottaison (attention, assurez vous qu’elle est adaptée à votre poids si vous en empruntez une), vous gardera la tête hors de l’eau selon le professionnel.

Rester vigilant et prudent

Indispensable, la veste de flottaison n’est cependant pas une armure qui vous rendra invulnérable à tous les pièges du Saint-Laurent. “Certains courants peuvent vous aspirer et vous maintenir coincé au fond entre des branchages ou des roches” explique M. Vincent. Une éventualité qui pourrait arriver même avec une veste de flottaison. 

Par conséquent, la prudence s’impose toujours sur le fleuve. Il ne faut donc jamais partir sans prendre connaissance des conditions de navigation, de la nature des courants et des éventuels écueils. Même si vous êtes un pratiquant averti mais que c’est votre première sortie sur cette partie du fleuve, renseignez-vous auprès des professionnels locaux qui sauront vous indiquer les zones à risque.

Le fleuve Saint-Laurent et l'Île-des-Soeurs depuis les berges à Verdun
Le fleuve Saint-Laurent et l’Île-des-Soeurs depuis les berges à Verdun
Crédit photo : Karine Joly

Si vous êtes débutant, pourquoi ne pas prendre un cours d’introduction pour apprendre les rudiments techniques mais aussi les consignes de sécurité ? Toutes les entreprises d’ici qui louent des embarcations proposent aussi des cours ou des sorties encadrées. Les initiations au kayak gratuites pour les 10-18 ans d’Eau Vive LaSalle comportent également des bases théoriques sur la sécurité même si elles se déroulent en piscine.

Si nécessaire, appeler rapidement les secours

Et si malgré toutes ces précautions, vous vous trouvez en situation difficile (chavirage, panne de moteur, bris de matériel, etc.), n’attendez surtout pas pour appeler à l’aide ! Si votre embarcation est équipée d’une radio marine, c’est le canal 16 qu’il faut utiliser pour lancer un Mayday (un appel de détresse) à l’intention de la Garde côtière canadienne mais aussi de toute embarcation à proximité. Pas de radio, mais un téléphone mobile ? C’est le 911 que vous devez composer pour lancer l’alerte. Un numéro que le témoin d’un chavirage peut aussi composer. L’appel sera redirigé vers le SIM et la Garde côtière canadienne sera aussi alertée pour que tout plaisancier aux alentours puisse aussi venir aider rapidement.

Une fois le SIM alerté, deux unités nautiques de 4 hommes chacune et un chef d’intervention sont dépêchés sur les lieux. Dépendamment de la situation, les sauveteurs peuvent utiliser 2 types de bateau différents à leur disposition : des Hammer Heads ou des Zodiac Capelli. Lorsqu’ils ont localisé la victime, les 2 vigies de l’équipe ne la quittent jamais des yeux pour s’assurer de ne pas la perdre avant d’avoir pu l’approcher. Pas de combinaison de plongée pour les sauveteurs car l’objectif premier n’est jamais de se jeter à l’eau pour secourir une victime. En restant à bord et en utilisant leur matériel adapté de secours (corde à lancer, bouée, perche, etc.), les sauveteurs montrent que le réflexe instinctif de se jeter à l’eau pour secourir une victime est rarement la meilleure stratégie. D’où l’importance de porter sa veste de flottaison en tout temps et de rester toujours prudent sur l’eau !

En hiver, le fleuve n’est pas sans danger non plus. Lisez les conseils de M. Vincent dans notre article sur les interventions en eau glacée.

La photo des rapides sur le Saint-Laurent à LaSalle en haut de cet article a été prise par Karine Joly.

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Karine Joly
Résidant dans le Bronx à LaSalle depuis 2004, Karine y a fondé sa famille et son centre de formation en ligne pour les professionnels du digital dans les universités. Journaliste locale en presse écrite et radio au début de sa carrière en France, elle a aussi été la rédactrice en chef de la section "Cities & Towns" d'une grande dot com américaine à New York. Juste avant la pandémie, elle a proposé au comité Catalyseur du Bronx de créer le Bulletin du Bronx -- ce qui lui a donné l'envie de lancer Nouvelles d'Ici.