Décorations de Noël au Parc Angrignon. Ville LaSalle (1977)
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Faits d’hiver : les gens d’ici se souviennent

Quand la réalité est un peu morose, rien ne vaut de se replonger dans des souvenirs joyeux. La nostalgie, c’est bon pour le moral !

À Nouvelles d’Ici, nous avons donc voulu mettre vos souvenirs d’hiver et de Noël à l’honneur en lançant la semaine dernière un appel aux membres du groupe Facebook Quand tu viens de LaSalle

Un gros merci à Pierre Foucault qui a ouvert le bal en partageant des anecdotes sur sa jeunesse dans le quartier ainsi qu’à toutes les autres personnes qui sont entrées dans cette danse des souvenirs !

Souvenirs de neige festifs !

Quand j’étais petite, j’aimais jouer dans la neige avec ma sœur et mes voisins de la 3e avenue à LaSalle. Dans mon habit une pièce, je dévalais avec eux à bord de notre traîneau la butte de neige qui donnait jusqu’à la porte de garage. Une descente après l’autre, c’était sans répit. Le repos se prenait dans l’igloo bâti par mon père dans la cour. Protégée du froid, j’en ai passé des heures à l’intérieur de cet abri à rêvasser, à oublier le temps qui passe tellement c’était confortable. 

Deux décennies plus tôt – c’est à dire il y a cinquante ans – Pierre Foucault en a lancé avec ses amis des boules de neige. Ils s’amusaient à viser les autobus et les taxis pour ensuite se sauver pour éviter de se faire prendre. Ils étaient sans aucun doute “les plus tannants de l’école Sainte-Geneviève et Notre-Dame-du-Sacré-Coeur”. 

Pour France Lejour, les boules de neige avaient une toute autre fonction… Faites de  neige collante, elles étaient utilisées pour former de beaux bonhommes de neige dans sa cour au coin de la 2e et boulevard Champlain dans le Bronx, avec l’aide de son frère Denis Lejour et de leur chien.

À son retour de l’école, France aimait aussi profiter d’une petite glisse dans le gros banc de neige en face de sa maison. Des glissades improvisées dans les bancs de neige, on en comptait plusieurs à LaSalle, parce que des flocons, il en tombait des tonnes ! Assez pour créer des gros bancs pouvant supporter un saut du 2e étage. Pierre et Jacques Dery se plaisaient ainsi à les tester en essayant de défier la gravité.

La guerre des tuques avec… les charrues

Comme toute bonne chose a malheureusement une fin, Alain Lapointe se souvient surtout de voir détruire ses forts en bordure de rue par la charrue. “On les voyait disparaître dans la bouche de la souffleuse”, écrit-il. Tout y passait incluant les glissades de France et des autres enfants du quartier.

Heureusement, il y avait des buttes moins temporaires comme aux parcs Jeannotte et Lefebvre là où siège maintenant la bibliothèque de l’Octogone. Carole Poulin se souvient d’y avoir glissé et patiné. Normand Hébert se rendait, lui, pour dévaler la pente à la côte Latour près de l’usine de filtration d’eau Des Baillets. D’autres jeunes, comme Sylvie Nicholson, avaient l’habitude de pousser de la neige pour faire une grosse montage dans l’aire de taxi au coin de la 4e et de Centrale, où se trouve la Clinique Optométrique de LaSalle. Un spot probablement protégé des camions mangeurs de bancs de neige !

L’hiver on le passait dehors. Comme mon père me l’a raconté plusieurs fois, les parents envoyaient les enfants jouer dans la cour beau temps, mauvais temps, et ce petit monde  rentrait juste pour manger, et encore !

Vous rappelez-vous des lumières de porte qui flashaient ?

Ils sont nombreux à se souvenir de ce signal de Maman, signal que le souper était prêt ! 

Nicole Beauséjour, Michel-Suzanne Thibault et André Bourbonnais se souviennent surtout qu’ils ne voulaient pas rentrer souper. Du parc Boivin sur la rue Matane pour Nicole à la rue Trésor-caché dans St-Nazaire pour André, rien ne les arrêtait, ni la faim, ni le froid. Certains astucieux, comme Gilbert Monarque, mettaient du poivre de Cayenne dans leurs bas pour ne pas se geler les pieds.

Continuer à s’amuser et patiner avec les amis ? C’était beaucoup trop plaisant !

Patinoires, rondelles, patins et traineaux

Les patinoires étaient aussi populaires, autant pour les joueurs de hockey que pour les amateurs de patinage artistique. Réal Paquette, quand il ne participait pas à une partie de balle dans la ruelle entre la 8e et la 9e près de Broadway, on le trouvait à la patinoire du parc Raymond. Gilbert Monarque jouait au parc Ouellette dans l’équipe pee-wee, ‘’ à -20 le vent dans la face: on avait hâte que la période finisse pour changer de côté.” Isabelle Dupuis, Ginette Leblanc et Chantal Charron, elles, patinaient au parc Leroux tant dis que Suzanne Laurin fréquentait la patinoire de son quartier sur la 68e avenue.

Marina Priamini se rappelle aujourd’hui d’avoir opté pour la petite patinoire plus tranquille pour éviter les coups de puck de Mike “Crush” Krushelnyski. Ce joueur professionnel de hockey a grandi et joué ses premières parties à LaSalle avant de rejoindre les Oilers d’Edmonton. Recruté par nul autre que Wayne Gretzky, le Krushelnyski a ensuite été transféré chez les Kings de Los Angeles. Déjà il faut croire que les jeunes filles l’avaient repéré, lui et les autres sportifs. C’était dans la cabane du parc Leroux que se passaient les ‘’flirts’’. Échanges de sourires et de regards : la température était bien loin du point de congélation.. 

Dans les années 60 et début 70, on pouvait aussi faire de la motoneige à LaSalle. Membres du Club de Skidoo basé à l’ancien Golf de LaSalle, mes grands-parents en étaient de grands amateurs, comme bien d’autres. Nicole Saumure se souvient des tours de traîneau tiré par la motoneige de son père sur le petit circuit du terrain des Pères Oblats. De nombreux enfants de la coopérative des rues Maria et des Oblats étaient aussi invités à embarquer. À se remémorer ce moment, Nicole entend encore les éclats de rire et cette file de petits émerveillés !

Autres moments forts  qui en ont marqué plus d’un avec des activités hivernales rassembleuses pour les petits et les grands : les Carnavals des années 1970 et les spectacles présentés à l’aréna. Chantal Charron se souvient d’y avoir participé avec toute l’harmonie de l’école Cavelier-de-LaSalle.

Festival de Noël au Parc Angrignon. Ville LaSalle (1977)
Festival au Parc Angrignon. Ville LaSalle (1977) – Crédit photo : Adrien Hubert

“Aujourd’hui nous sommes tellement [plus] conscients de la précarité de l’existence”, conclut Pierre Foucault en se remémorant ses folies de jeunesse avant de lancer à Nicole Beauséjour que ces souvenirs partagés dans cette discussion Facebook commencé par Nouvelles d’Ici lui écarquillent les yeux tellement cela lui rappelle de simples mais beaux moments de la vie.

La photo en haut de l’article a été prise par Adrien Hubert en 1977 au festival du parc Angrignon. Elle provient de la collection de la BANQ.

Mariève Deschamps
Résidente du Bronx, elle a grandi dans le quartier. Passionnée par les arts et la culture, elle a géré pendant 12 ans la troupe Expression du Collège Saint-Louis. Elle compte à son actif des mandats pour des compagnies québécoises renommées tels que Bob Agence (Fabuleux Cirque Jean Coutu), le Cirque Éloize et le Cirque du Soleil. Faisant partie du comité Catalyseur du Bronx et du conseil d’administration de l’École de cirque de Verdun, elle est impliquée au développement de son quartier et des environs.