Sarah Arcand
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Sur la vague de l’écoute et du dialogue : Sarah Arcand, travailleuse de rue à LaSalle

Si vous avez passé un peu de temps dans les parcs de LaSalle, vous avez peut-être aperçu Sarah Arcand en train d’écouter quelqu’un qui en avait vraiment besoin. 

À 26 ans, du haut de ses 1m 67, la diplômée en sociologie de l’UQAM (que l’on peut aussi croiser avec une planche de surf au parc des Rapides !) ne correspond pas à l’image que l’on se fait du travailleur de rue. Ces intervenants travaillent à rétablir un lien avec ceux qui les ont souvent tous coupés : itinérants, jeunes à risque, etc. 

Intervenir auprès des gens d’ici en situation de vulnérabilité

Le contenu du sac de la travailleuse de rue
Le contenu du sac de la travailleuse de rue
Crédit photo : Sarah Arcand

Depuis juin 2020, Sarah Arcand s’est vu confier par le directeur de la Maison des jeunes (MDJ) à LaSalle le poste de travailleur de rue dans l’arrondissement. 

“Je soutiens les gens selon leurs besoins” résume l’intervenante lors de notre rencontre en Zoom. Offre de soutien, référence aux organismes communautaires mais aussi simple écoute empathique : elle peut aider les personnes en situation de vulnérabilité, jeunes et moins jeunes. “Je suis aussi là pour établir des liens significatifs avec les jeunes qui peuvent être plus à risque”. 

Dans son sac à dos qui ne la quitte jamais au travail se trouvent une trousse de premiers soins, un kit de consommation stérile et de la nourriture. Tout le nécessaire pour aider les gens d’ici qui en ont le plus besoin.

Intervenante jeunesse depuis février 2020 à la MDJ, la jeune femme adore travailler à LaSalle où elle a d’ailleurs vu le jour – même si elle a grandi à Verdun. 

À la Vague à Guy ou sur Centrale dans le Bronx : toujours à l’écoute pour promouvoir le dialogue

Sarah Arcand
Sarah Arcand – Crédit photo : Daniel Rochon

Ses grandes qualités d’écoute et son expertise étendue en intervention ont d’ailleurs été mises à profit pour établir un dialogue et promouvoir l’harmonie entre les propriétaires riverains de la Vague à Guy sur le boulevard LaSalle et la communauté de surfeurs et de surfeuses qui la fréquentent. 

Alertée par Nouvelles d’Ici des défis que rencontraient certains commerçants et résidents du Bronx face à l’attitude désinvolte d’une minorité de jeunes, l’intervenante est aussi venue rapidement rencontrer les uns et les autres pour trouver des solutions afin de désamorcer les tensions. Maintenant que les bases du dialogue sont établies, rendez-vous a été pris pour la rentrée. Objectif ? Mettre en place une stratégie pour promouvoir le vivre-ensemble dans le quartier des Rapides entre certains jeunes de l’école secondaire, les commerçants et les résidents. 

Ces deux exemples montrent bien le talent de la jeune femme pour la conciliation.

Un parcours inspirant malgré les embûches

Sa capacité à jouer tantôt la conciliatrice, tantôt la négociatrice ou même l’ambassadrice peut s’expliquer en partie par son parcours scolaire avant le baccalauréat en sociologie qu’elle vient d’obtenir. Dans le cadre du DEC Techniques d’intervention en délinquance de trois ans qu’elle a complété au Collège Ahuntsic, elle a multiplié les stages dans différents milieux : pénitencier fédéral, centre jeunesse et foyer de groupe. Elle a aussi travaillé pour Alternative Suspension dans l’arrondissement de Montréal-Nord, Active ton parc à Anjou ainsi que dans un foyer de groupe dans le quartier Ahuntsic. Mais l’expérience acquise pendant et après ses études n’explique pas tout. 

Sans faille, sa motivation est le moteur derrière les résultats qu’elle obtient dans son travail. C’est cette motivation qui lui a aussi permis de faire face à de nombreuses embûches. 

Seulement diagnostiquée à l’âge de 20 ans avec un trouble de l’apprentissage (dyslexie-dysorthographie), Sarah avait commencé à perdre espoir après avoir échoué initialement certains de ses cours au cégep. Le secondaire n’avait déjà pas été facile et elle avait dû le finir dans un programme pour les adultes. 

Mais, sa motivation à poursuivre ses études pour aider les jeunes était inébranlable, une motivation qui l’a poussée à essayer à trois reprises, avant de réussir, à intégrer le programme contingenté d’intervention en délinquance qu’elle voulait faire.

Éviter à des jeunes de se “faire transporter comme un bagage” d’un endroit à l’autre

Sarah Arcand
Sarah Arcand – Crédit photo : Filip Musial

Son travail est une vocation. “Si je peux éviter à des jeunes de se faire transporter comme un bagage dans le système, j’aurais accompli quelque chose d’important », explique-t-elle. La jeune femme n’a aucune difficulté à comprendre ces jeunes en situation vulnérable. À l’adolescence, après la séparation de ses parents, elle a aussi connu la vie dans les foyers de groupe, les familles d’accueil et les centres de jeunesse. C’est grâce à la travailleuse sociale qui l’a suivie pendant toutes ces années qu’elle a fini par surmonter tous ces défis.

“Après mon DEC, je me suis sentie toute de suite confortable de travailler dans ce milieu car c’était comme retourner à la maison pour moi” réalise aujourd’hui Sarah Arcand.

Passionnée de surf et de planche à pagaie, elle n’a pas peur de gérer les contre-courants pour saisir la vague sur l’eau comme sur terre. À peine son baccalauréat en poche, elle vient d’être admise à la maîtrise en travail social. Avec détermination et compassion, elle poursuit son chemin pour réaliser son rêve : aider encore plus de jeunes d’ici.

Si vous avez remarqué une personne en situation vulnérable dans un parc à LaSalle (itinérant, jeune à risque, etc.), n’hésitez pas à contacter Sarah Arcand pour lui signaler au 438-521-2340.

La photo de Sarah Arcand en haut de cet article a été prise par Frédéric Thomas.

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Karine Joly
Résidant dans le Bronx à LaSalle depuis 2004, Karine y a fondé sa famille et son centre de formation en ligne pour les professionnels du digital dans les universités. Journaliste locale en presse écrite et radio au début de sa carrière en France, elle a aussi été la rédactrice en chef de la section "Cities & Towns" d'une grande dot com américaine à New York. Juste avant la pandémie, elle a proposé au comité Catalyseur du Bronx de créer le Bulletin du Bronx -- ce qui lui a donné l'envie de lancer Nouvelles d'Ici.