Manon Barbe
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Manon Barbe, l’ex-mairesse de LaSalle : De deux lundis par mois à 26 ans en politique !

26. C’est le nombre d’années que Maron Barbe a passées comme élue à LaSalle dont 21 comme numéro un de l’arrondissement. Portrait d’une femme qui a consacré 26 ans à gérer LaSalle – et pas seulement les deux lundis par mois qu’on lui avait annoncés avant son saut en politique.

Manon Barbe a fait son secondaire dans un pensionnat, au couvent de Mont-Royal et ensuite au couvent de Marie-Rose, tous les deux situés à Montréal. Pour éviter de faire son cégep, elle est partie étudier à Ottawa. Dans la capitale canadienne, elle a suivi un programme intensif d’une année réservé aux étudiants québécois. Mais, elle a finalement arrêté ses études pour revenir au Québec et a commencé à travailler. Par la suite, elle a suivi des cours du soir dans sa province natale pour obtenir son attestation d’études collégiales (AEC).

Dans les années 1980, elle a travaillé pour un courtier en alimentation. Dans cette entreprise, elle a d’abord occupé un poste de représentante sur la route. Elle a ensuite gravi les échelons pour devenir directrice des ventes. « J’ai vraiment beaucoup aimé ça parce que j’étais la première femme au Canada à faire le travail de directrice des ventes dans ce secteur. » a-t-elle expliqué lors de notre entrevue en remarquant que c’était un milieu d’hommes. Cet emploi l’a fait beaucoup voyager à travers la province du Québec. Elle a quitté son poste après dix ans dans cette entreprise, à l’arrivée de son second enfant. La mère de deux jeunes enfants, nés en 1986 et 1989, a alors décidé de prendre une pause de quelques années pour s’en occuper. 

1995, l’entrée en politique pour “juste deux lundis par mois”

La députée Hélène David remet la médaille de l'assemblée nationale du Québec à Manon Barbe
La députée Hélène David remet la médaille de l’Assemblée nationale du Québec à Manon Barbe – Crédit photo : Zunayet Anis

Le 2 février 1995 au cours d’une conversation au téléphone, le maire de LaSalle de l’époque, Dr. Michel Leduc, son médecin de famille, lui a proposé de faire de la politique. L’idée n’avait jamais traversé l’esprit de Manon Barbe. Surprise par cette proposition, elle a initialement refusé l’offre. “Il m’a dit : « Moi je pense que tu serais très, très bonne » ” se souvient-elle aujourd’hui. Le maire Leduc lui a proposé d’y réfléchir et la mère de famille a demandé dix jours pour y penser et en parler avec son mari. Mme Barbe avait décidé d’arrêter de travailler pour élever ses deux jeunes enfants. Elle était inquiète qu’une implication en politique soit synonyme de 70 heures de travail par semaine. Elle se souvient encore de la réponse de Michel Leduc face à ses hésitations : « Inquiète-toi pas, tu vas voir, c’est juste deux lundis par mois ».

C’est probablement en défendant un dossier pour son quartier auprès du conseil municipal en 1994 qu’elle s’est fait remarquer par l’équipe du maire Leduc qui cherchait une candidate pour combler un poste de conseiller dans son quartier. “Il n’y avait que deux femmes sur 13 postes à l’époque. On est loin de la réalité d’aujourd’hui…”

Famille, politique et citoyens

Mme Barbe est très reconnaissante envers son mari et ses enfants. Elle admet : « Mon mari m’a accompagnée partout. […] À chaque activité sociale, Claude était là ». Pour les enfants, c’était plus difficile. Il y a des soirs, ils ont dû rester à la maison avec leur père, mais ils avaient aussi des privilèges. 

Questionnée sur son projet le plus marquant, Manon Barbe répond qu’il n’y a pas un projet en particulier qui a plus marqué sa carrière politique chevauchant les 20e et 21e siècles. Pourtant, elle reconnaît que la fusion de LaSalle avec Montréal a eu un impact important. Imposée par décret, la fusion en 2002 a causé des difficultés budgétaires pour LaSalle car la dotation attribuée par la Ville de Montréal ne permettait pas de maintenir le niveau de services comme promis avant la fusion. En 2006, Manon Barbe a donc été forcée d’imposer une taxe d’arrondissement pour équilibrer le budget. Mme Barbe fait remarquer que suite à une analyse plus poussée, la Ville de Montréal a finalement revu à la hausse la dotation pour LaSalle en attribuant 10 millions de dollars supplémentaires chaque année. “Il y a beaucoup d’infrastructures qui ont été ajoutées à LaSalle grâce à du financement de Montréal.”

Manon Barbe à la fête des voisins du Bronx en septembre 2021
Manon Barbe à la fête des voisins du Bronx en septembre 2021 – Crédit photo : Karine Joly

Au cours de ses 26 ans en tant qu’élue, elle a été une témoin importante du changement de la façon de faire de la politique. Avant l’arrivée de la technologie, si un citoyen était mécontent d’une décision, il prenait le temps de s’asseoir pour écrire une lettre. Il la mettait dans une enveloppe pour la déposer dans la boîte à lettres. Seuls les citoyens vraiment furieux faisaient toutes ces étapes pour exprimer leur mécontentement.

Avec les réseaux sociaux, tout ce processus s’est accéléré. Les personnes écrivent sur le coup des émotions. Message envoyé, elles passent à d’autres choses. « Avant on pouvait recevoir une lettre par semaine, maintenant, on reçoit dix courriels par jour. » constate-t-elle. Commentant les décisions de plusieurs élus de ne pas se représenter à cause des réseaux sociaux, elle explique que cela ne l’atteint pas : “Je sais que ce n’est pas Manon Barbe qu’ils critiquent mais la position.”

Après la politique, s’impliquer pour les soins palliatifs dans le sud-ouest de Montréal


L’idée de quitter la politique a commencé à faire son chemin après sa réélection en 2017.

Après avoir vu en 2019 que son projet de maison de soins palliatifs avançait, elle a commencé à envisager sérieusement de céder sa place à la tête de l’arrondissement de LaSalle. La situation économique de l’arrondissement était bonne. Elle avait une relève en la personne de Nancy Blanchet (élue le 7 novembre au poste de mairesse de LaSalle) permettant d’assurer la continuité.

À 64 ans, Manon Barbe va maintenant consacrer son temps à la Maison de soins palliatifs du Sault-Saint-Louis. Un projet pour lequel elle s’investit depuis 2013 et qui verra prochainement le jour à LaSalle.

Zunayet Anis

Zunayet Anis
Journaliste-stagiaire à Nouvelles d’Ici
Résident de LaSalle et ancien de l’école secondaire Cavelier-De LaSalle, Zunayet est étudiant au cégep André-Laurendeau dans le programme Journalisme multimédia. Il effectue son stage à Nouvelles d’Ici.

Karine Joly a collaboré à la rédaction de cet article.
La photo en haut de cet article est une composition d’une photo prise par Zunayet Anis lors de la remise de la médaille de l’Assemblée nationale du Québec à Mme Manon Barbe et d’une photo de la mairie de LaSalle prise par Marilou Duchesne.

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