Catherine Lauzon, enseignante
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Catherine Lauzon, portrait d’une enseignante de l’Île-des-Soeurs à Verdun

LaSalloise, Catherine Lauzon enseigne en maternelle à l’école des Marguerite de l’Île-des-Soeurs depuis quelques années. L’enseignement est un don de soi ; l’art de transmettre le savoir et de s’effacer au profit de sa mission. Ce sont des qualités qui correspondent parfaitement au tempérament altruiste de cette jeune trentenaire pétillante, cadette d’une fratrie, qui cultive l’amour de son travail. 

L’enseignement ? Une vocation pour cette LaSalloise qui enseigne à l’école des Marguerite

Catherine Lauzon, enseignante
Catherine Lauzon, enseignante – Crédit photo : Davide Buscemi

Avant de choisir la voie de l’enseignement, elle s’intéressait à la psychologie, à la sociologie, à l’anthropologie. « L’enseignement peut très bien rejoindre ces trois champs-là », résume Mme Lauzon. C’est ainsi qu’elle s’est engagée dans un baccalauréat en éducation pour lequel elle a effectué un stage dans les Antilles françaises à Saint-Martin. C’est à cette occasion qu’elle comprend qu’une vocation est née.”Dès la première année du bac, on a un stage à faire, j’ai tout de suite su que j’allais être enseignante longtemps. J’ai vraiment aimé ça”, se rappelle-t-elle.

À quoi ressemble l’une de ses journées en classe ? 

La limite pour une salle de classe est fixée à 19 élèves afin de pouvoir consacrer du temps à chaque enfant. Les élèves de l’enseignante de l’Île-des-Soeurs ont 5 à 6 ans. C’est son « public » préféré pour son enthousiasme à toute épreuve. L’apprentissage est majoritairement ludique mais il y a de l’éveil aux mathématiques, aux sciences, à l’écriture et à la lecture. Elle explique aux petits la phonétique, la formation des syllabes, première étape de la lecture.

Les cours sont bien organisés en activités ludiques assez courtes adaptées à ces enfants en bas âge. « L’attention, on dit que ça dure environ 15 minutes », souligne-t-elle. Ces activités se composent de comptines, de bricolage, de lecture d’une histoire. 

Après avoir obtenu son diplôme, Catherine Lauzon a eu des difficultés pour obtenir un poste permanent. Elle aura patienté trois longues années. Aujourd’hui, c’est le contraire : sa profession pâtit d’une recrudescence d’enseignants décrocheurs. 

Une enseignante d’ici passionnée et engagée

La sincérité et la générosité, dont elle fait preuve dans son métier, se retrouvent dans la cause autochtone pour laquelle Catherine Lauzon milite sans caractère ostentatoire. Cette prise de conscience remonte à une enfance passée à fréquenter ses 3 cousins, innus de mère et québécois de père. 

D’aucuns se servent d’une noble cause pour se valoriser tels des Tartuffe. L’enseignante de l’Île-des-Soeurs est l’exacte opposée. Elle s’efface derrière la cause qu’elle sert.

Son militantisme et son travail se rejoignent dans une conférence où elle présentera sa thèse de la maîtrise en enseignement préscolaire et primaire qu’elle complétera bientôt à l’Université de Sherbrooke : Élaboration d’un guide pédagogique pour aborder la vérité et le rapprochement envers les peuples autochtones avec les élèves du préscolaire. Cette présentation aura lieu en novembre au Colloque sur la persévérance et la réussite scolaires chez les Premiers Peuples. L’histoire de ces peuples, l’enseignante l’intègre aussi à son travail, par petites touches et de manière pédagogique.

Son conjoint, Jerry Nadon, travaille dans le domaine social. Il est également engagé socialement. Il est intervenant au « Pas de la rue », un organisme qui vient en aide aux personnes en situation de précarité ou d’itinérance. « Il m’accompagne également beaucoup dans mes démarches en lien avec le mouvement de solidarité envers les peuples autochtones et se considère comme un allié, lui aussi », détaille-t-elle.

Le 30 septembre, journée nationale de la vérité et de la réconciliation, Catherine Lauzon organisera un événement culturel consacré aux cultures autochtones pour les élèves de l’école des Marguerite avec l’aide de Josée Lapierre, Anne Petit et Jade Rousseau.

30 septembre à l’école des Marguerite à Verdun-IDS : Une après-midi de découverte des cultures autochtones pour les enfants

Cet événement sera présenté aux élèves de tous les niveaux, de la maternelle à la sixième année de l’école des Marguerite à Verdun-IDS qui comme le reste de Montréal est un territoire non-cédé de la nation Kanien’kehà :ka.

À l’invitation de Catherine Lauzon, les artistes Sam Ojeda Yoreme du Clan des Tahue (Nation située au Nord-Ouest du Mexique) et Véronique Héroux, Barbara Diabo Kanien’kehá:ka (anciennement dit Mohawk) de la communauté de Kahnawà:ke qui se spécialise dans la danse du cerceau, ainsi que Owen Mayo Kanien’kehá:ka issu de la communauté de Kahnawà:ke et sa partenaire Kwena Bellemare- Boivin Atikamekw de la communauté de Wemotaci et leurs enfants, vont faire découvrir les danses traditionnelles autochtones et entendre leur message d’espoir lors de cette journée de commémoration.

Karine Joly a collaboré à la rédaction de cet article.
La photo, en haut de cet article, de Catherine Lauzon a été prise par Davide Buscemi le 1er septembre 2022.

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Davide Buscemi, Initiative de journalisme local
Davide a couvert les affaires municipales et civiques pour Nouvelles d’Ici dans le cadre de l'Initiative de journalisme local de juillet à septembre 2022, à son départ. Il est venu à Montréal il y a quelques années pour étudier le journalisme et a choisi d'y immigrer. Diplômé de l'Université de Montréal, Davide a signé des articles pour le journal local Info Petite Nation du groupe Inmedia, l'AFP, Quartier Libre, Night Life et Électricité Plus. Passionné des mots et curieux du monde qui l’entoure, il n'a pas fait le choix du journalisme par hasard.