Dr. Sébastien Tremblay à l'émission Les Aventures du Pharmachien du 8 janvier 2021 avec Olivier Bernard
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Conseils pour neurones stressés d’un chercheur d’ici, invité du Pharmachien

Sébastien Tremblay, docteur en neuroscience à l’Université McGill, a grandi à Lachine, commençant ses études à l’école primaire Victor-Therrien et au Collège Saint-Louis, où nous avons partagé les bancs d’école. 

Tremblay, un chercheur d’ici au Pharmachien !

Olivier Bernard l’a invité à son émission Les aventures du Pharmachien du 8 janvier, disponible sur Tou.tv et Ici Explora. L’expert originaire de Lachine a abordé plusieurs sujets (l’entraînement cérébral, la nootropique et la stimulation cérébrale) pour cet épisode intitulé « Booster la capacité intellectuelle ». 

L’occasion de discuter avec ce chercheur d’ici de la relation du stress avec notre cerveau. 

3 pistes d’un pro des neurones pour gérer le stress

En mars 2020, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait déjà recommandé de faire de l’activité physique pendant la pandémie pour améliorer notre santé mentale.

Est-ce aussi possible d’entraîner notre cerveau bien que ce ne soit pas un muscle ? La réponse est oui, mais d’une différente façon. Dans les faits, on peut entraîner nos neurones à faire de nouvelles connexions pour nous aider à mieux réfléchir, nous sentir plus en contrôle et réduire notre stress.

Voici donc trois exercices inspirés des recommandations de notre chercheur d’ici en neuroscience pour entraîner vos neurones en 2021!

Focaliser son attention

Vous est-il déjà arrivé de vous sentir submergé d’informations, débordé de choses à faire et par conséquent stressé ? Qu’avez-vous mis en place pour réduire votre stress ? 

La difficulté à se concentrer peut faire augmenter votre stress, soit parce que vous êtes incapable de traiter l’information ou à cause d’une baisse de productivité. Ainsi, il existe une technique simple pour augmenter notre niveau d’attention. C’est d’effectuer une tâche à la fois. Pour réussir, il faut être bien organisé. Vous pouvez faire une liste de choses à faire et ensuite, déterminer l’ordre de priorité. L’exercice de préparation de cette liste vous permet de mettre de l’ordre dans vos idées. Ainsi, vous libérez votre esprit pour vous consacrer à une seule tâche sans perdre de vue les autres que vous devez accomplir par la suite.

Avoir une vision juste de ses compétences 

Maintenant que votre liste de priorités est faite, comment vous sentez-vous face aux tâches à accomplir ? 

La perception de vous-même et de vos capacités est importante. Se sentir compétent et en confiance pour accomplir vos tâches réduit le stress. Normalement, les tâches faciles sont moins stressantes que les tâches complexes. Lorsque vous avez la perception de ne pas être à la hauteur de certaines tâches, vous pouvez  vous sentir nerveux à l’idée de les faire, entre autres par peur de ne pas les réussir. Il peut toutefois exister un décalage entre votre perception et la réalité. 

Sébastien Tremblay, docteur en neuroscience
Sébastien Tremblay, docteur en neuroscience
Crédit photo : ST

Sébastien Tremblay explique que des biais cognitifs peuvent modifier la perception de nos compétences. Deux d’entre eux agissent de manière complètement opposée. Avez-vous déjà entendu parlé du syndrome de l’imposteur ? Les personnes qui en souffrent ont l’impression de ne pas être compétentes, de toujours douter d’elles-mêmes et d’attribuer leur succès aux autres ou à la chance. Le test de l’échelle de Clance permet de déterminer si vous en souffrez et si oui, à quel degré.

À l’inverse, il y a l’effet Dunning-Kruger, aussi appelé l’effet de surconfiance. Dans ce cas, des personnes non-qualifiées dans un domaine ont de la difficulté à le reconnaître et à évaluer leurs propres capacités. Il arrive souvent que ceux qui ont le moins de connaissances pensent tout savoir, souligne l’expert. Malheureusement sur les réseaux sociaux, la voix d’un non-expert peut s’avérer tout aussi puissante que celle d’un expert.

Le chercheur en neuroscience conseille alors de regarder des signes objectifs pour évaluer nos compétences et la valeur du fruit de notre travail afin d’avoir une perception plus réaliste. Par exemple, vous pouvez demander des commentaires sur votre travail à des collègues de confiance et impartiaux, faire des évaluations par les pairs et regarder vos résultats académiques. Vous pouvez aussi vous poser des questions objectives pour faire le point sur vos compétences comme: Quels sont mes principaux talents? Quelles ont été mes dernières réussites? 

Faire ces exercices de prise de conscience permet d’avoir l’heure juste sur la valeur de vos compétences

Suite à une évaluation objective, s’il existe réellement une variance entre vos habiletés et celles nécessaires pour accomplir les tâches, vous pouvez les développer soit en acquérant des connaissances, en pratiquant ou en obtenant de la rétroaction d’une personne qui est compétente en la matière. 

Sébastien Tremblay rappelle également que lorsqu’on travaille en équipe, il est important de se supporter et de s’encourager les uns et les autres.

Faire la paix avec ce qu’on ne peut pas contrôler

Avez-vous tendance à en prendre beaucoup sur vos épaules ? Vous sentez-vous constamment responsable des événements heureux et malheureux de votre vie ? 

La cause de ce qui vous arrive n’est pas forcément de votre faute. La cause d’un événement est parfois même bien plus complexe à définir qu’on peut l’imaginer.

Dans une situation donnée, on doit analyser son comportement en observant aussi bien les causes internes (traits de personnalité, intentions, efforts) que celles externes (événements extérieurs, situations). Dans certains cas, l’attribution causale à un événement peut être erronée ou disproportionnée par rapport à la réalité. 

Lorsqu’on attribue une cause à un événement, il y a six biais et erreurs fréquents :

  1. Erreur fondamentale : La tendance à surestimer les causes internes (personnalité, intentions, efforts) et attribuer à l’individu la responsabilité de sa conduite;
  2. Biais d’auto-complaisance : La tendance à attribuer plus de poids aux explications internes pour ses propres succès et externes pour ses échecs;
  3. Biais acteur/observateur : La tendance à attribuer plus de valeur aux causes externes pour les succès des autres et internes pour leurs échecs;
  4. Biais d’intentionnalité : La tendance à voir le comportement des autres comme intentionnel ou surestimer le rôle de la cause intentionnelle;
  5. Erreur d’attribution de responsabilité injustifiée : La tendance à blâmer les victimes
  6. Erreur ultime d’attribution : Lors de l’attribution causale, la tendance à favoriser son propre groupe par rapport à un autre.

Pour éviter de tomber dans l’un de ces pièges, Sébastien Tremblay précise qu’il faut faire une analyse objective d’un événement afin d’en déterminer les causes possibles.

Vraiment besoin d’aide ?

Si vous vivez une période plus difficile ou stressante et que vos ressources ne sont pas suffisantes, vous pouvez consulter la trousse d’aide à la détresse psychologique Comment ça va ? sur le site du CIUSSS de l’Ouest de l’Île de Montréal.

Vous pouvez aussi faire appel à un professionnel grâce au programme d’aide aux employés (PAE) gratuit et confidentiel dans votre entreprise ou en faisant une recherche pour trouver un professionnel d’ici, sur le site de l’Ordre des psychologues du Québec.

Mariève Deschamps
Résidente du Bronx, elle a grandi dans le quartier. Passionnée par les arts et la culture, elle a géré pendant 12 ans la troupe Expression du Collège Saint-Louis. Elle compte à son actif des mandats pour des compagnies québécoises renommées tels que Bob Agence (Fabuleux Cirque Jean Coutu), le Cirque Éloize et le Cirque du Soleil. Faisant partie du comité Catalyseur du Bronx et du conseil d’administration de l’École de cirque de Verdun, elle est impliquée au développement de son quartier et des environs.