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Intégrer les personnes en situation de handicap à Verdun

Même si des efforts ont été faits pour améliorer l’accessibilité universelle à Verdun, plusieurs obstacles à l’intégration des personnes en situation de handicap demeurent. Depuis 35 ans, un organisme du quartier, Amalgame, aide justement ces gens à s’intégrer au marché du travail.

« L’accessibilité universelle, c’est très difficile de répondre à tous les besoins. La première chose, c’est de regarder qu’est-ce que mes clients, mes participants, expriment. L’accessibilité universelle, ce n’est pas vrai que c’est juste pour 1% de la population », expose Renée Caron, directrice générale de l’organisme à but non lucratif.

Par exemple, pour aider une personne malvoyante de leur équipe, ils ont installé des poteaux à neige dans la cour pour qu’elle puisse se guider plus facilement ou encore des boutons-repères sur le micro-ondes. Mme Caron précise qu’il s’agit de solutions peu coûteuses qui peuvent être facilement implantées.

Un autre élément à prendre en compte lors de rénovations ou de constructions est qu’il est possible de penser à faire des toilettes avec une entrée à gauche et une autre à droite, puisque tous ne sont pas forts du même côté. « Ça ne coûte pas plus cher. Il faut juste réfléchir et écouter », ajoute Mme Caron en précisant qu’il faut de la variété. « Ce n’est pas vrai que l’accessibilité est universelle pour tout le monde », insiste-t-elle.

« On va tous vieillir un jour. On va tous possiblement avoir des problèmes de mobilité, avoir besoin d’une canne à un moment ou à un autre. Personne n’est à l’abri de se casser une jambe. Certains vont avoir des enfants et vont vouloir les déplacer dans une poussette », souligne également Annie Robichaud, adjointe à la direction.

C’est quoi Amalgame?

À la base, l’organisme offre des ateliers de jours à des personnes en situation de handicap dans le but d’intégrer ou de réintégrer le marché du travail. Contrairement à une entreprise régulière, les participants et participantes peuvent manquer des journées de travail, s’ils ne sentent pas bien et ce, sans avoir à se justifier.

« On adapte les tâches et les horaires aux capacités et aux forces de chacun. Ça permet aux gens d’avoir les aptitudes nécessaires pour intégrer le marché du travail, à leur rythme, sans objectif de compétitivité », détaille Mme Robichaud, tout en précisant que l’organisme a de véritables clients avec des contrats. Toutefois, elle affirme que les entreprises sont conscientes des enjeux de ces personnes.

Pour améliorer l’efficacité, certains travaillent en équipe de deux. Un exemple probant est celui d’un participant avec un handicap visuel et un autre qui n’a seulement qu’une main, mais voit normalement. Il peut donc vérifier le travail de celui qui a ses deux mains.

« On se considère comme du socio-professionnel. En plus de développer des habiletés de travail, on essaie de développer des liens entre eux. On va encourager les sorties », nomme la directrice-générale.

Les personnes participantes ne sont pas rémunérés proprement dit, mais reçoivent des allocations. Elles sont d’ailleurs majoritaires au conseil d’administration de l’organisme, qui est situé dans un secteur résidentiel de Verdun.

Plusieurs clients font régulièrement appel aux services d’Amalgame, principalement pour de l’emballage et de l’assemblage. L’organisme peut également faire du montage, à des prix compétitifs. 

Même si les clients sont compréhensifs, le travail doit être bien fait et les ententes doivent être respectées, explique Renée Caron. « Ce n’est pas une salle de jeu. On respecte les délais. On répond aux besoins des clients », ajoute-t-elle.

« Quand on est plus jeune, on se valorise beaucoup dans notre travail. Ce n’est pas parce qu’on est à mobilité réduite que c’est différent. Les jeunes ici sont pareils que monsieur et madame Tout le monde. Ils sont même prêts à faire 4 ou 5 jours, par semaine, malgré leurs limitations », remarque la directrice.

Pratiquement toutes les limitations physiques et neurologiques sont acceptées, dans la mesure où la personne est autonome.

Un participant témoigne

Sandro François se considère maintenant comme « les bras forts » d’Amalgame, mais il en a fait du chemin depuis son arrivée, il y a sept ans. Il se déplaçait alors en fauteuil motorisé et parlait peu.

Maintenant, il prend les paquets et les met dans des plus grandes boîtes pour le transport.

« Je me sens utile ici. En venant ici, j’ai vraiment évolué sur le plan humain et mes capacités comme la socialisation ont progressé. Il y a aussi le côté responsabilité. C’est comme une petite famille. Tout le monde a ses forces et faiblesses, mais on s’entraide », explique celui qui a subi deux épisodes d’accident vasculaire cérébral (AVC).

L’intégration et l’accessibilité universelle à Verdun?

Plusieurs commerces ont pignon sur rue au rez-de-chaussée sur la rue Wellington, mais il y aussi beaucoup de vieux édifices qui ne sont pas adaptés et difficilement adaptables, sans des travaux majeurs, pour installer, par exemple, une rampe d’accès intérieure.

« À Verdun, il y a une volonté plus grande pour l’accessibilité, même si elle n’est pas parfaite. Je regarde ce qui a été fait et ça me donne beaucoup d’espoir pour l’avenir. À Verdun, ils en ont fait beaucoup plus qu’ailleurs », analyse Mme Caron.

Une rencontre sur ce thème a justement été menée plus tôt ce mois-ci dans les locaux de l’organisme, à l’invitation de la Concertation en développement social de Verdun (CDSV).

« On a senti un peu d’écœurantite. Il y a du monde qui sont tannés d’être obligés de défoncer des portes et d’être en maudit pour se faire entendre », rapporte Annie Robichaud. Autant elle que sa collègue rapporte qu’il y a encore beaucoup de discrimination envers les personnes qui ont des limitations fonctionnelles et qu’il y a du chemin à faire pour améliorer leur intégration.

L’adjointe à la direction ajoute que les organismes communautaires ont réellement le désir d’être plus inclusifs et accessibles. Certains ont d’ailleurs des projets en ce sens. D’autres en ont déjà réalisés.

Parallèlement, des organismes comme le Regroupement des organismes pour aînés et aînées du sud-ouest de Montréal (ROPASOM) ont soumis une pétition à l’Assemblée nationale qui demande une modification du code de construction du Québec afin de rendre obligatoire les principes du design universel.

La photo en haut de cet article a été prise par Carl Sincennes en novembre 2023.


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Carl Sincennes, Initiative de journalisme local
En tant que journaliste, Carl couvre les affaires municipales et civiques pour Nouvelles d’Ici dans le cadre de l’Initiative de journalisme local. Il couvre l'actualité du sud-ouest de Montréal depuis 2019. Après avoir fait ses classes dans plusieurs stations régionales de Radio-Canada au pays, il a été journaliste pour le Messager LaSalle (devenu Métro LaSalle, durant son passage) et la radio CKVL, avant de rejoindre Nouvelles d’Ici. Carl a un baccalauréat en journalisme de l’Université du Québec à Montréal (UQÀM). Intégrer l’équipe de Nouvelles d’Ici était donc pour lui la suite naturelle des choses.