Secteur Hickson-Dupuis avec l'usine Atwater en caméo
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Quel visage pour le secteur Hickson-Dupuis demain à Verdun ?

Le conseil d’arrondissement de Verdun vient d’adopter la vision urbanistique du développement du secteur Hickson-Dupuis lors de sa séance du 1er juin. Un premier pas concret vers la transformation de ce secteur qui devrait renaître sous un nouveau visage d’ici 2030.

Présentée en mars 2021, cette vision a fait l’objet d’une consultation publique. Le but était de récolter plusieurs commentaires des citoyens et des citoyennes pour bonifier le document initial. 

Une vision en trois axes pour ce « nouveau » quartier verdunois

Situé au nord-est de l’arrondissement de Verdun, l’îlot Hickson-Dupuis couvre une surface d’environ 5 hectares entre les rues Hickson et Dupuis. C’est l’un des derniers espaces à pouvoir être développés dans le secteur Wellington-de l’Église à Verdun, comme les secteurs du nord de l’Île-des-Soeurs et de Lachine-Est dans l’arrondissement de Lachine.

À l’automne 2018 sa planification en trois phases a été amorcée par l’Arrondissement, en accord avec le plan d’urbanisme de la ville de Montréal et le plan de développement stratégique 2015-2025 de Verdun. Vu le potentiel de cet espace, aujourd’hui occupé principalement par des bâtiments commerciaux et industriels, il s’agissait d’établir une vision cohérente et concertée de l’avenir de ce secteur.

Crédit photo : arrondissement de Verdun

Débutée en 2018, la première phase d’analyse s’est achevée en 2019. Elle a permis aux élus de Verdun, en collaboration avec des professionnels, des universitaires et des citoyens, de concevoir et d’imaginer le projet. À l’aide notamment d’une la charrette de design urbain, c’est de cette large consultation qu’est issue la vision urbanistique. 

Deuxième étape du processus, ce document a été présenté à la population en mars 2021. Bonifiée, la vision résultante s’articule sur trois axes : 

  1. mobilité
  2. paysage
  3. vocation 

Mobilité active : une passerelle au-dessus de l’Aqueduc pour unir les secteurs

Pour la mobilité, l’idée est de favoriser des déplacements actifs (piétons et cyclistes), notamment grâce à la construction d’ une passerelle au-dessus du canal de l’Aqueduc, au niveau de la rue Hickson. Cette passerelle pourrait être un véritable lien vers la piste cyclable située sur le boulevard de la Vérendrye. Elle permettrait ainsi de rejoindre le secteur Cabot situé le long du canal.

Il est également question de repenser et réduire la circulation automobile dans le secteur, en supprimant des intersections et des courbes dangereuses et en limitant l’accès aux véhicules. L’ajout de pistes cyclables, sur la rue Hickson, entre autres, et l’amélioration de la sécurité des cyclistes ont été souvent réclamées par les participants à la consultation publique. Plusieurs ont aussi suggéré des pistes sur chaussée désignée, aussi appelées vélorues, ou même l’inclusion dans le réseau REV, le Réseau Express Vélo, de la ville de Montréal. Des citoyens ont même demandé l’installation de bornes de réparation de bicyclettes de type bicibornes, ce que l’arrondissement de Verdun a ajouté dans le document de vision urbanistique.

Paysage et environnement : une canopée plus importante et un projet de corridor vert

Pour la partie paysage, l’aménagement d’un corridor vert, qui irait beaucoup plus loin que le secteur (jusqu’à l’Île-des-Sœurs, en passant par la rue Joseph, puis le parc Grenier), est l’idée phare. Dans la lignée de projets tels que celui de la promenade fleuve-montagne du centre-ville, le verdissement de la zone Hickson-Dupuis aurait l’eau comme thématique et élément identitaire. Une bonne manière de souligner l’importance de cet élément dans le quartier à proximité du canal de l’Aqueduc, de l’usine de filtration des eaux Atwater et du fleuve St-Laurent. 

Par ailleurs, la hauteur des futurs immeubles serait limitée afin de préserver les perspectives, les vues d’intérêt dans le secteur, et d’assurer un cadre de vie à échelle humaine. Plusieurs citoyens ont exprimé le besoin de plus d’arbres. Une idée défendue également par l’arrondissement de Verdun. Des arbres, incluant même quelques arbres fruitiers, devront être plantés au fur et à mesure du développement des projets immobiliers. 

Fait à souligner : des participants ont même suggéré de planter des fleurs mellifères, bénéfiques aux insectes butineurs. Une suggestion intégrée dans la version bonifiée de la vision.

Vocation du secteur Hickson-Dupuis: offrir une vie de qualité aux habitants et aux travailleurs

La vision urbanistique retenue pour le futur développement de ce secteur s’appuie en premier lieu sur le fait d’y habiter et d’y travailler. Si la densification de la population dans ce secteur est un impératif, elle ne devrait pas se faire à n’importe quel prix. Limiter les hauteurs bâties et favoriser une mixité sociale par l’intermédiaire d’une offre de logements sociaux ou abordables sont des principes chers aux Verdunoises et Verdunois consultés. De nombreux citoyens et citoyennes ont ainsi interpellé l’arrondissement de Verdun pour s’assurer que cette offre soit confirmée. Une confirmation qu’ils ont obtenue. 

En matière d’emploi, l’importance de préserver la population active déjà présente (parmi lesquels environ 300 employés municipaux et 250 dans le secteur privé) est ressortie de la consultation. Tout comme la promotion d’une économie circulaire et locale par le biais du développement de l’offre de commerces de qualité et alimentaires. 

Finalement, l’aménagement de zones récréo-sportives sur le terrain du réservoir #7 de l’usine Atwater située dans l’arrondissement du Sud-Ouest s’inscrit aussi dans la vocation planifiée pour ce secteur. Un terrain de soccer pourrait être aménagé  à cet endroit. Cette idée rejoint parfaitement le besoin d’établir un cadre de vie agréable permettant des activités saines.

Hickson-Dupuis : un secteur au fort potentiel de développement… durable

La vision urbanistique présentée respecte des objectifs de développement durable, de mobilité active et inclusive, de mixité sociale et d’aménagement d’espaces favorables à la santé. 

C’est un projet qui s’insère aussi dans l’ambition de Montréal de devenir carboneutre d’ici 2050.

Maintenant adoptée, elle va permettre d’aller de l’avant vers la troisième partie de la planification du projet, la stratégie – c’est-à-dire le développement des outils et des moyens de mise en œuvre qui permettront de traduire la vision dans les projets immobiliers à venir. 

Pas encore de travaux annoncés : c’est encore trop tôt. Cependant, cette étape se rapproche, car il est envisagé que le secteur soit redéveloppé à l’horizon 2030.

La photo en haut de cet article a été prise par Jean-Philippe Sauret.

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Jean-Philippe Sauret
Résidant dans le Bronx avec sa famille depuis 2016, Jean-Philippe travaille en éducation pour un Cégep de la Montérégie. Originaire du sud de la France, il a enseigné le français au Japon durant quelques années avant de venir s'installer au Québec en 2008. Passionné d'information, et impliqué dans la vie communautaire de son quartier, c'est en 2021 qu'il commence à prêter main-forte à l'équipe de Nouvelles d'Ici.