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Verdunland: invitation à rencontrer les auteurs du Verdun imaginaire

Dans le cadre du 150ème anniversaire de Verdun, les poètes Timothée-William Lapointe et Baron Marc-André Lévesque ont donné un atelier d’écriture à la bibliothèque Jacqueline-De Repentigny le 16 février et récidiveront le 22 février à la bibliothèque de L’Île-des-Sœurs.

En entrevue avec Nouvelles d’Ici, les deux auteurs se remémorent leur vie en colocation sur la 5e Avenue à Verdun, les dizaines de péripéties qu’ils ont traversées ensemble dans le quartier et, bien entendu, l’écriture de leur livre. C’est ainsi que Verdunland a vu le jour. 

« Il faut célébrer ce quartier qui est quand même hors de l’ordinaire », dit M. Lévesque. Ces deux amis de longue date ont développé un attachement si profond pour ce territoire qu’en 2018, ils décident de co-écrire un recueil de poèmes lui étant complètement dédié.

M. Lapointe affirme qu’« il y a quelque chose de déjà un peu fantastique » à Verdun. Ainsi, les poètes ont joué avec les limites de la réalité et de la fiction pour bâtir un monde imaginaire rempli de géants apeurés, d’ogresses mangeuses de hot-dogs et d’armoires volantes. Cette réalité fictive maintient toutefois l’authenticité de certaines rues, lieux, bâtiments et individus.

M. Lévesque s’efforce d’expliquer qu’ « il y a cette idée que Verdun est dans la ville, mais c’est une ville dans une ville, c’est un monde dans Montréal ». D’ailleurs, le trait de caractère propre à l’arrondissement se retrouve dans tous les poèmes. 

Les deux s’entendent pour dire que ce quartier est unique en soi par son ambiance chaleureuse, son voisinage amical et son énergie qui rappelle les années 1990. Avec assurance, ils affirment qu’ils n’auraient jamais pu écrire un livre semblable sur un autre quartier de Montréal.

Écrire à quatre mains

Avec onze années d’amitié, celle-ci continue de s’épanouir et leur complicité ne fait que se resserrer de jour en jour. Tout au long de l’entrevue, si M. Lapointe raconte une anecdote, M. Lévesque s’empresse de la terminer, et vice-versa. Ensemble, ils ont engendré des dizaines d’idées de poèmes durant près d’une heure. 

Les anciens colocataires affirment que c’est une attitude tout à fait normale de leur part. Dès qu’ils se retrouvent, leur créativité décuple et les idées fusent.

L’harmonie qui règne entre les deux s’est transversée dans chaque poème, ce qui rend la tâche difficile aux lectrices et lecteurs d’identifier qui a écrit quoi. « Je vais écrire un peu comme Baron », raconte M. Lapointe, alors que M. Lévesque tentait  « d’écrire comme Tim qui écrit comme Baron », ajoute-il.

Que ce soit dans leur restaurant déjeuner préféré ou écrasés sur leur divan, ils se sont focalisés dans l’écriture de centaines de poèmes, pour ensuite choisir les 25 meilleurs de 2018 à 2020.

Les amis expliquent avoir utilisé un document partagé pour écrire à quatre mains. Tandis que d’autres fois, l’un écrivait un poème au complet et l’autre se chargeait de l’édition.

En parallèle au monde fantastique qui règne dans Verdunland, des thématiques sombres telles que la tristesse, la mélancolie et la solitude sont abordées.  Les deux soutiennent l’importance d’utiliser leur plateforme pour « réfléchir à des enjeux qui ont leur lourdeur », confie M. Lévesque. Cela apporte du sérieux au projet, renchérit M. Lapointe.

Pourtant, les poètes ont tous deux un travail à temps plein, car ce n’est pas facile de vivre de la passion, disent-il. Aujourd’hui, M. Lévesque enseigne la littérature et le français langue seconde au Collège Dawson. M. Lapointe est chargé de la reconnaissance des acquis au Cégep de la Gaspésie et des Îles. 

Quitter pour mieux revenir

Quelques mois avant la sortie du livre, les deux amis quittent l’un après l’autre leur appartement de la 5e Avenue. M. Lapointe décide d’acquérir sa première propriété en dehors de Montréal et M. Lévesque se relocalise dans un autre quartier de Montréal pour fonder sa famille.

Comme la strophe du dernier poème du recueil l’évoque, « Tu reviendras à Verdunland  / (ou peu importe) / Comme une majesté revenant d’exil… ».

M. Lapointe est bel et bien retourné à Verdun avec son chien. M. Lévesque préfère rester à Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, malgré son amour inconditionnel pour Verdun. « J’ai un sentiment d’appartenance à Verdun, mais on est vraiment enraciné dans Hochelaga, moi, ma blonde et mon enfant », avoue t-il.

Les co-auteurs ne comptent pas écrire une suite à Verdunland malgré les nombreuses blagues qu’ils font sur le sujet. Néanmoins, l’idée n’est pas complètement mise de côté, confirment-ils. Pour l’instant, les poètes se concentrent sur l’écriture d’un roman de science-fiction, chacun de son côté. 

À ce jour, le recueil publié par Les éditions de ta mère est disponible dans plusieurs librairies, dont celle de Verdun.  Le propriétaire, Philippe Sarrasin, se souvient que le livre s’était plutôt bien vendu à l’époque. Pour célébrer les 150 ans de l’arrondissement, il compte commander davantage de copies afin de les proposer en magasin.

Un atelier qui vaut le détour, même un dimanche de tempête

Dimanche le 16 février, un citoyen anonyme a assisté à l’atelier d’écriture avec les auteurs de Verdunland offert à la Bibliothèque Jacqueline-de-Repentigny. Ce citoyen ignorait alors que Nouvelles d’Ici avait déjà planifié une entrevue avec les deux auteurs.

À 14h, Baron Marc-André Lapointe et Timothée-William Lévesque se sont présentés aux quelques personnes présentes. Seize personnes étaient inscrites, selon Philippe Gravel, bibliothécaire responsable des services et de l’animation pour le public adulte. Toutefois, six personnes seulement ont pu traverser les rues de Verdunland envahies par la première des deux récentes tempêtes.

Le public a eu droit à la lecture de quelques paragraphes de poèmes tirés du recueil. Ce bref exercice a permis de mettre l’auditoire dans l’ambiance de création qui anime les auteurs. Ce fût aussi une opportunité de les entendre donner vie à des paragraphes de poèmes écrits sur des thèmes de l’entourage immédiat : Verdun, dessiné et imaginé par deux poètes modernes, libres de toute contrainte.

L’atelier comprend deux exercices d’écriture minutés à l’aide de la « montre phosphorescente de Timothée-William », dit Baron Marc-André Lapointe avec un large sourire. Ces deux exercices peuvent être répétés par la suite. À la fin, les personnes présentes sont aussi reparties avec un exercice d’écriture plutôt original à faire à la maison. Un exercice tout à fait dans l’esprit du contenu surréaliste de Verdunland.

La symbiose entre les deux auteurs est remarquable tout au long de leur présentation. Deux créativités se sont rencontrées. Deux amis qui partagent avec bonne humeur leur plaisir d’écrire. Des exemples de cette créativité sont expliqués au cours de l’atelier, notamment le partage des idées notées, l’écriture à quatre mains ou le dessin de la carte de Verdun, un bébé dans les bras.

« L’important c’est d’avoir du plaisir », résument les deux poètes à la fin de l’atelier quant à leur objectif d’écrire. C’est aussi ce qui résume les deux heures rapidement écoulées avec eux.

Écrit par Pierre Girard

La photo de couverture a été prise par Myrialine Catule le 18 février 2025.


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Myrialine Catule
Résidente de Montréal-Nord, Myrialine a couvert l’actualité du sud-ouest de Montréal grâce à la Bourse média de la Fondation canadienne des relations raciales de mai 2024 à mai 2025. Diplômée d'un baccalauréat en journalisme avec une mineure en diversité dans le monde contemporain à l'Université Concordia, elle avait publié des articles dans les journaux étudiants The Link et The City ainsi que Heritage, un magazine offrant une approche du journalisme de solutions sur le chômage des jeunes en Ouganda. Pour elle, le journalisme est vraiment nécessaire pour aller à la rencontre des gens. C'est pourquoi elle est fière de pouvoir travailler à Nouvelles d’ici.