Article mis à jour le 27 septembre 2025 pour corriger le poids des micros drones.
Les drones sont de plus en plus communs dans le ciel du grand sud-ouest comme ailleurs. Mais que sont-ils et comment sont-ils utilisés ?
La possession d’un drone dit « micro », c’est-à-dire avec une masse inférieure à 250 grammes, ne nécessite aucun permis ou enregistrement. La plupart des pilotes amateurs font voler ce type de drones qui peuvent être acquis à un coût variant de 100 à 1100 $.
Si le poids du drone excède 250 grammes, une série de réglementations entrent en vigueur et un certificat de pilote doit être obtenu du gouvernement fédéral.
« Quand je sors mon drone, je préfère être accompagné pour pouvoir me concentrer sur le vol », explique Marc-André Beauchamp, résident de Ville-Émard et pilote de micros drones depuis plusieurs années.
Un vol de drone, micro ou non, attire en effet les curieux et curieuses, qui veulent connaître son indépendance de vol, sa vitesse de pointe, son coût, etc.
Fait intéressant, l’indépendance de vol dépend non pas de la puissance de la batterie, mais de l’interférence des ondes. Les drones utilisent le Wifi pour se déplacer en ville et le pilote n’a guère plus de 800 mètres avant de perdre le signal. En revanche, à la campagne, le pilote peut envoyer son drone jusqu’à 4 ou 5 kilomètres de sa position, car aucun routeur n’interfère.
« En mode sport, le drone peut aller jusqu’à 80 kilomètres heure », ajoute M. Beauchamp, en spécifiant qu’une bonne pratique de pilotage est de toujours voir le drone.
Un outil qui fait sa place en inspection des bâtiments
Pour les inspecteurs et inspectrices en bâtiments, les drones épargnent bien des efforts, car ils permettent d’examiner les toits et les endroits peu faciles d’accès à partir du sol, notamment de détecter des problèmes tels que des bardeaux manquants, des éléments constitutifs des bâtiments (toiture, cheminée, façade…) et d’autres installations techniques.

Gabriel Bélair, inspecteur des bâtiments et titulaire d’un certificat de pilote de drone, a expliqué à Nouvelles d’ici que lorsque « le toit ou les pentes du toit sont trop hautes ou trop abruptes, l’inspecteur, pour sa sécurité, ne montera pas ».
Il affirme qu’avant l’arrivée du drone dans son domaine, les inspecteurs et inspectrices devaient recommander un maître couvreur à leur clients pour effectuer cette partie de l’inspection, un maître couvreur étant un professionnel qui répare et remplace les toits et toitures.
M. Bélair mentionne que certains drones plus performants font de la thermographie aérienne, c’est-à-dire qu’ils peuvent détecter des pertes de chaleur problématiques en hiver sur les bâtiments.
Bien que cet appareil facilite grandement leur travail et soit bien implanté dans le domaine, M. Bélair indique qu’il a aussi des limitations. En effet, la plupart des drones ne peuvent pas voler quand il pleut, et sont peu résistants au froid, leurs batteries au lithium se déchargeant rapidement.
Pêcher et surveiller ses enfants avec un drone ?
Le drone peut aussi être utile pour la pêche à la ligne à partir du bord du fleuve, car il est possible d’installer un accessoire qui laisse tomber la ligne et l’hameçon bien plus loin qu’il n’est possible de les lancer. On peut ainsi augmenter sa portée de quelques centaines de mètres et capturer des poissons plus gros. La pêche avec un drone équipé d’un largage est possible à Montréal, mais sa pratique est complexe, car elle est soumise à une réglementation stricte imposée par Transport Canada et aux règles de la Ville, notamment l’interdiction de voler au-dessus des parcs et de l’espace public en agglomération. Cette règlementation sera toutefois assouplie en novembre 2025 selon certains critères.
Il est par ailleurs interdit de faire voler des drones sur le site du parc des Rapides à Lasalle, qui est un sanctuaire pour oiseaux.
L’application UAV Forecast affiche les zones de permission et d’interdiction de vols au Canada, de même que l’outil fourni par Transport Canada.

Enfin, l’utilisation la plus loufoque du drone à Ville-Émard est sans doute celle qu’en fait M. Beauchamp quand il est trop fatigué pour aller vérifier que son fils est bel et bien au terrain de soccer. Il a en effet programmé son drone pour faire une boucle au-dessus du terrain et y trouver son enfant.
La photo de couverture a été prise par Marc-André Beauchamp.
Odile Joron a collaboré à cet article.
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