Surf au Nouveau parc riverain de Lachine
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Une vague éternelle pour le surf de rivière au Nouveau parc riverain à Lachine ?

La plupart des attentes du public présentées dans le rapport de la démarche de consultation sur le Nouveau parc riverain de Lachine, publié en plein cœur de l’hiver, étaient prévisibles. Mais, l’une de ces attentes en a surpris plus d’un.

Réalisée à l’été 2021, cette consultation conduite en collaboration avec la firme Morin Relations Publiques par le service des Grands Parc montréalais avait pour objectif d’identifier les besoins, idées et suggestions des citoyennes et citoyens pour ce futur parc. Localisé entre les berges du Vieux-Lachine et le parc René-Lévesque, son site accueillait jusqu’en 2020 la marina de Lachine.

Sans grande surprise, la vision qui émerge du rapport donne la part belle aux aménagements de zones pour les sports nautiques non motorisées (SUP, kayak, kite, dériveur, canot, etc.) et la baignade, mais aussi une marina, des jeux pour les enfants, des sentiers réservés à la marche et à la course à pied. 

Une suggestion inattendue pour le parc : du surf de rivière !

Cependant, la suggestion d’aménager une vague pour la pratique du surf de rivière est plus surprenante.

Passage pour surfeurs (24 juillet 2021)
Passage pour surfeurs à la Vague à Guy – LaSalle (24 juillet 2021) – Crédit photo : Karine Joly

Si seulement 12% des 789 participants au sondage se sont prononcés pour un tel aménagement, cette proportion est tout de même remarquable car elle représente le quart du total des suggestions originales proposées par les citoyennes et les citoyens. L’option du surf de rivière ne figurait pas dans le sondage initial. Avec la popularité croissante de la Vague à Guy, la vague éternelle à LaSalle, un autre aménagement dédié au surf de rivière ne manquerait pas d’adeptes.

“C’est sorti de nulle part” confirme en entrevue téléphonique, la mairesse de Lachine. Avant ce rapport, Maja Vodanovic n’avait jamais entendu parler de surf de rivière pour le futur parc lors de ses nombreuses conversations avec les Lachinoises et les Lachinois. Interrogée sur son intérêt pour la suggestion, l’élue lachinoise répond qu’il “faut que cela soit analysé pour savoir si c’est faisable”.

Rappelant qu’une large réflexion sur le Nouveau parc riverain de Lachine devra être conduite avec Parcs Canada et la Ville de Montréal, entre autres, pour développer un plan d’ensemble de toutes les activités nautiques, Mme Vodanovic serait “intéressée à en entendre davantage” sur le sujet.

Une vague éternelle, techniquement possible à Lachine ?

Mais, est-ce qu’aménager une vague éternelle serait techniquement possible au Nouveau parc riverain de Lachine ?

“Ça prend un débit d’eau minimum” explique Hugo Lavictoire, le patron de l’entreprise laSalloise KSF installée à proximité de la Vague à Guy. Une vague éternelle nécessite un étranglement ou une pente pour le courant ainsi qu’un creux ou une roche pour créer l’indispensable contre-courant. 

Si la Vague à Guy est naturelle, la vague d’Habitat 67 serait le résultat accidentel de travaux d’excavation selon M. Lavictoire. Avec la fédération Eau Vive Québec, ce dernier avait d’ailleurs travaillé sur un projet d’aménagement de vague éternelle dans le cadre des travaux autour du chantier du pont Champlain. Mais, le projet est tombé à l’eau à cause de la pandémie car les travaux du pont devaient suivre leur cours, comme l’explique le patron de KSF.

Surfeurs sur la Vague à Guy
Surfeurs sur la Vague à Guy – Crédit photo : Karine Joly

Sur le site du Nouveau parc riverain de Lachine, le courant pourrait bien être suffisant : “le long de la jetée au bout de la pointe, le courant pourrait bien être assez fort” précise M. Lavictoire.

Mais, ce n’est qu’une étude de faisabilité qui pourra le confirmer. Si le courant est suffisant, le surf de rivière ne pourra devenir une réalité à cet endroit qu’avec certains aménagements. 

Dénivelé et débit : les ingrédients pour créer une vague dans un cours d’eau

“Pour une bonne vague éternelle, il faut au moins un mètre de dénivelé à la surface de l’eau” explique Neil Egsgard, le président de Surf Anywhere, une entreprise canadienne qui a déjà aménagé plusieurs vagues au Canada et ailleurs dans le monde. Au-delà de ce dénivelé qui peut être créé sous la surface de l’eau à l’aide de blocs, un débit de 2 à 4 m3/s d’eau pour chaque mètre de largeur de la vague est aussi nécessaire. C’est ce qui permettra à la vague éternelle de se former grâce au courant. 

S’ils ne peuvent être réalisés sans une étude environnementale, comme pour tout projet dans les cours d’eau, les projets de création de vagues peuvent, selon M. Egsgard, contribuer à améliorer l’habitat du poisson tout en permettant aux gens, pratiquants et spectateurs, de reconnecter avec les rives à travers le surf.

Une fois que son site remplit ces conditions optimales, une telle vague éternelle ne requiert plus aucune machinerie ou énergie autre que la puissance du courant.

La photo en haut de cet article est une composition d’un cliché du site du Nouveau parc riverain de Lachine (juillet 2021) et d’un cliché d’un groupe de surfeurs et surfeuses à la Vague à Guy à LaSalle (juillet 2021), pris par Karine Joly.

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Karine Joly
Résidant dans le Bronx à LaSalle depuis 2004, Karine y a fondé sa famille et son centre de formation en ligne pour les professionnels du digital dans les universités. Journaliste locale en presse écrite et radio au début de sa carrière en France, elle a aussi été la rédactrice en chef de la section "Cities & Towns" d'une grande dot com américaine à New York. C'est la pandémie qui l'a amenée à lancer Nouvelles d'Ici avec une autre citoyenne de son quartier en octobre 2020.