Exposition de Denis Juneau à la Galerie Simon Blais.
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Une exposition pour souligner le centenaire de l’artiste verdunois Denis Juneau

En 1925, l’artiste peintre et sculpteur Denis Juneau, à qui l’on doit notamment le logo de l’Université de Montréal, naissait à Verdun. Un siècle plus tard, la Galerie Simon Blais, située sur Le Plateau-Mont-Royal, tente d’honorer sa mémoire en exposant jusqu’au 24 octobre une partie de son œuvre abstraite.

Le legs laissé par Denis Juneau lui a valu une salle d’exposition nommée en son nom au Quai 5160. Il a fait partie de la seconde génération des Plasticiens, aux côtés des artistes Guido Molinari, Claude Tousignant et Jean Goguen. « Les Plasticiens s’attachent avant tout, dans leur travail, aux faits plastiques : ton, texture, formes, lignes, unité finale qu’est le tableau et les rapports entre ces éléments », est-il écrit dans le Manifeste des Plasticiens, texte fondateur du mouvement artistique de 1955 co-signé par Louis Belisle qui a vécu à LaSalle et Ville-Émard.

L’œuvre de Denis Juneau issue de ce mouvement se caractérise par une rigueur mathématique quant à l’emplacement des formes géométriques sur la toile, selon Pierre Garneau, neveu de Denis Juneau. 

Atteint de la polio et de la méningite avant l’âge de 3 ans, Denis Juneau a vécu avec un handicap physique, à la jambe droite, et d’une surdité totale. D’après Isabelle Juneau, nièce de Denis Juneau, cette surdité lui a conféré une capacité de concentration considérable. 

Toutefois, M. Garneau avance que, pour se faire connaître, c’était plus difficile pour lui : « Son nom n’a jamais été aussi propagé que d’autres, [notamment] parce qu’il ne pouvait pas faire des interviews à la radio. »

Autoportrait de Denis Juneau, dans son atelier.
Autoportrait de Denis Juneau, dans son atelier. – Courtoisie : Pierre Garneau

Un style évolutif et varié

Un ouvrier travaille la statue de marbre La Vierge accueillante.
Un ouvrier travaille la statue de marbre La Vierge accueillante. – Courtoisie : Pierre Garneau

Denis Juneau a fait ses premiers pas dans un atelier aménagé par son père dans le sous-sol du domicile de ses parents, sur la rue Bannantyne à Verdun, bien que ces derniers n’étaient pas artistes.

Ses œuvres de jeunesse, issues de la période où il étudiait à l’École des beaux-arts de Montréal, prennent des airs impressionnistes, constate M. Garneau. Il demeure dans cette école jusqu’en 1950.

Au début de sa carrière, l’actuelle école secondaire Monseigneur-Richard, à Verdun, lui a commandé une statue en marbre, La Vierge accueillante.

En 1954, il part en Italie afin de superviser la réalisation de sa sculpture. Par la même occasion, il y étudie le design industriel avec Nino Di Salvatore. Ses toiles réalisées à son retour d’Italie se caractérisent par un style « rigide », observe M. Garneau, avec une nette séparation entre les couleurs et les formes géométriques. 

Toutefois, Denis Juneau va petit à petit s’émanciper du mouvement plasticien pour dériver vers un style plus « ludique », où les formes et les couleurs se superposent, plutôt que d’être séparées, estime M. Garneau. C’est « quasiment du graffiti », remarque-t-il.

Parmi quelques réalisations notables de Denis Juneau, seront exposées à la Galerie Simon Blais quelques-unes de ses Pendules, des œuvres d’art participatif composées de formes géométriques articulées entre elles. Ces formes ont été conçues pour que le public puisse les manipuler.

Peinte en 1975, sa toile Ronds Doubles, composée de petits cercles gris et rouge clair sur un fond rouge foncé, crée une illusion d’optique. En se déplaçant autour de la toile, il est possible d’y voir apparaître d’autres cercles.

« C’est un artiste qui s’est réinventé », pense Martin Blais, adjoint à la Galerie Simon Blais et commissaire de l’exposition. Il le décrit comme quelqu’un de « très curieux », qui se rendait aux expositions malgré son handicap et qui s’ouvrait aux pratiques de ses contemporains, témoigne M. Blais. « C’est un artiste qui vaut la peine d’être redécouvert. »

De gauche à droite : Pierre Garneau, Isabelle Juneau, Claude Joli-Cœur (conjoint de Mme Juneau) et Martin Blais. Au centre, une toile de Denis Juneau achevée en 2010.
De gauche à droite : Pierre Garneau, Isabelle Juneau, Claude Joli-Cœur (conjoint de Mme Juneau) et Martin Blais. Au centre, une toile sans titre de Denis Juneau achevée en 2010. – Crédit photo : Théo Bou Eid

Intitulée D’espace et de couleurs, cette exposition à la Galerie Simon Blais se tient jusqu’au 24 octobre au 5420, boulevard Saint-Laurent. L’entrée est gratuite, et la galerie est ouverte du mardi au vendredi de 10h à 18h et le samedi de 10h à 17h.

La photo de couverture a été prise par Théo Bou Eid le 9 septembre 2026.


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Théo Bou Eid
Résident de Verdun depuis 2021 et diplômé du baccalauréat en journalisme de l’UQAM, Théo Bou Eid couvre l'actualité locale pour Nouvelles d'Ici. Il a collaboré en tant que reporter avec le journal Montréal Campus et la station de radio CHOQ.ca. Il a aussi été correcteur d’articles pour le magazine L’Apostrophe. Le journalisme était le choix de carrière évident pour lui, curieux de nature et passionné d’écriture. Théo suit également des cours de piano classique à la Coopérative des professeurs de musique de Montréal, et rêve de se produire sur scène avec un orchestre.