Jusqu’en juin 2025, à Verdun, la bibliothèque Jacqueline-De Repentigny offre les services d’un écrivain public. Nouvelles d’Ici a rencontré les deux initiateurs de cette nouvelle activité, le bibliothécaire à l’origine de ce projet et l’écrivain public qui propose bénévolement ses services. Comment va le projet pilote après quelques mois d’existence ?
D’où vient l’idée de ce projet d’écrivain public ?
La bibliothèque verdunoise était ouverte à l’idée d’offrir ce service d’écrivain public depuis un bon moment, témoigne le bibliothécaire dédié aux activités et services offerts au public adulte, Philippe Gravel.
Mais l’arrivée de la pandémie n’a pas permis de donner suite à la proposition faite par une citoyenne. Le projet a été abandonné.
Plus récemment, Louis-Philippe Vézina a proposé ses services d’écrivain public, lui qui souhaitait s’impliquer dans un nouveau type de bénévolat. M. Vézina est rédacteur agréé, membre de la société québécoise de la rédaction professionnelle (SQRP) depuis 2014.
La réflexion déjà entamée à la bibliothèque et le profil de M. Vézina ont permis de relancer l’initiative sous forme de projet pilote depuis septembre 2024 et jusqu’à juin 2025.
C’est quoi un écrivain public et comment cela fonctionne?
« Vous avez besoin d’aide pour compléter un formulaire, écrire une lettre de présentation ou écrire à vos proches ? ». La présentation sur le site de la bibliothèque résume bien la mission, affirme M. Gravel.
M. Vézina ajoute que le but est de « donner des moyens aux gens de communiquer. Au fond, ce que nous souhaitons, c’est rendre l’accès à la communication écrite plus équitable », et il précise que c’est « un service pour aider les gens à transformer des idées en mots ».
Le service est gratuit. Il faut toutefois s’inscrire en prenant rendez-vous par téléphone. L’écrivain public est disponible de 16h à 18h, un mardi sur deux, souligne le bibliothécaire qui est le premier contact de la personne intéressée.
M. Gravel indique que durant l’appel pour la prise de rendez-vous, il évalue « si en 45 minutes de rencontre, on peut répondre au besoin ou si, au contraire la personne aurait plutôt besoin d’un suivi professionnel de longue durée », ce qui n’est pas offert par l’écrivain public.
Le bibliothécaire précise que la personne qui rencontrera l’écrivain « doit comprendre que c’est elle qui aura à rédiger », et il souligne que « le rôle de M. Vézina, c’est de l’encadrer, de structurer les idées et, bien évidemment, de faire attention à l’orthographe ». L’écrivain public offre « un accompagnement plus qu’un service tout en main », résume-t-il.
M. Vézina, l’écrivain public, abonde dans le même sens et ajoute « qu’il y a une part d’écoute assez importante et aussi de compréhension des besoins ».
Bilan à ce jour
M. Gravel souligne que ce projet, étant une initiative citoyenne, a été lancé « ici à la bibliothèque ». Des initiatives semblables existent ou ont existé à d’autres endroits, mais à la bibliothèque Jacqueline-De Repentigny, « on s’est lancé, on s’est dit qu’on allait offrir le service et voir ce qui allait se passer, voir qui viendrait nous rencontrer. Tout était ouvert », confie M. Gravel.
Les demandes d’aide reçues jusqu’ici ont un peu surpris les initiateurs du projet. Les publications pour promouvoir le service citaient en exemple de l’aide pour compléter un formulaire, préparer une lettre de présentation ou écrire à des proches.
Ces types de demandes ont été moins nombreux que prévu. Impossible de citer des dossiers, étant donnée la confidentialité des entrevues, mais M. Vézina mentionne un cas lié à des formulaires de grands organismes publics ou parapublics. Ainsi, il a aidé à « faire correspondre les informations que la personne veut mettre dans un formulaire qui n’est pas fait pour recevoir cette information », décrit-il.
Une autre constatation de l’écrivain public est que « le gros du travail est davantage dans l’expression des idées que dans l’orthographe. L’orthographe, cela vient à la fin ».
L’écrivain public a aussi mentionné que la complexité de plusieurs demandes d’aide a nécessité un second rendez-vous. Jusqu’ici la moyenne des interventions a été de deux rencontres, selon son estimation.
La suite du projet
La continuité du projet « dépendra beaucoup de la suite des choses ce printemps », confie M. Gravel. « Nous avons senti une baisse, rendus à l’hiver, et on ne sait pas quelle en est la raison », explique-t-il.
Il ajoute qu’avant Noël, « nous remplissions nos cases horaires, mais qu’après les fêtes, le nombre de demandes a chuté ».
M. Vézina souligne qu’il demeure convaincu « qu’il y a là un beau créneau, mais que son développement ne va pas de soi ». Il ajoute que c’est « quelque chose à bâtir avec le temps » et conclut « qu’on verra au fil des prochains mois ce que cela donnera ».
Il croit néanmoins que l’écrit a encore sa place pour longtemps et que plusieurs personnes auront besoin de se faire accompagner pour mieux écrire.
M Gravel conclut en espérant que davantage de gens prennent connaissance de ce service et qu’ils en parlent autour d’eux « pour qu’on puisse vraiment avoir le plus de monde possible pour les soutenir et qui vont aider à faire perdurer le service. »
La photo de l’écrivain public Jean-Philippe Vézina, en guise d’image de couverture de l’article, provient de la bibliothèque Jacqueline-De Repentigny.
Pour plus de détails sur la prochaine venue d’Un écrivain public à la bibliothèque et comment s’y inscrire, c’est sur le site de la Ville de Montréal.
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