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« Ton voisin qui vit dehors, c’est quand même ton voisin » : consultation sur l’itinérance et la cohabitation à Montréal menée par l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM)

L’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) vient de rendre public son rapport sur la consultation sur l’itinérance et la cohabitation à Montréal près d’un an jour pour jour après que la Ville de Montréal lui a confié ce mandat ambitieux.

L’objectif de cette consultation était d’identifier « les conditions de succès afin d’assurer la cohabitation sociale et une intégration harmonieuse des ressources pour les personnes en situation d’itinérance », indique le rapport.

Alors que le dernier dénombrement en 2022 des personnes en situation d’itinérance indiquait déjà une hausse marquée de 33% par rapport à 2018, la tendance ne s’est pas inversée. 

« La croissance de l’itinérance est évidente, soutient le président de l’OCPM, Philippe Bourke, en entrevue avec Nouvelles d’Ici. Ce n’est pas juste une impression : ceux qui travaillent tous les jours avec ces personnes nous disent qu’il y en a de plus en plus. » M. Bourke précise que cette hausse est aussi visible à travers la multiplication des campements

« Il y a aussi une évolution des formes d’itinérance, dont l’itinérance cachée qui est particulièrement fréquente chez les femmes », a-t-il informé. 

Itinérance visible ou cachée ?

La Politique nationale de lutte contre l’itinérance du Québec distingue l’itinérance visible de celle cachée.

« L’itinérance visible correspond à des situations où la personne est hébergée dans une ressource, hospitalisée ou en détention sans domicile à sa sortie, ou encore lorsqu’elle dort dans la rue, dans une tente ou dans son véhicule. »

« L’itinérance cachée peut prendre la forme d’un hébergement temporaire chez des proches, d’un séjour dans un hôtel ou un motel, ou d’un logement surpeuplé, insalubre ou non sécuritaire. »

Le rapport de 298 pages réalisé par l’OCPM fait état des préoccupations, des attentes et des opinions des 3 900 personnes ayant pris part à cette consultation publique d’envergure. Cet effort de consulter toutes les parties prenantes a permis de donner la parole aux personnes en situation d’itinérance, aux organismes communautaires, aux services publics (police, hôpitaux, société du transport à Montréal, etc.) et aux citoyens et citoyennes.

Citoyen, citoyenne : changer son propre regard

À la question de Nouvelles d’ici : « Que pouvons-nous faire à notre échelle ? », le président de l’OCPM a répondu : « S’informer et être ouvert. Faire l’effort de comprendre la réalité de ces personnes-là et éviter les stéréotypes. Il faut changer notre propre regard, il existe des ressources pour le faire. » 

M. Bourke ajoute qu’il ne faut pas se satisfaire de cette situation. « Il faut continuer à trouver ça inadmissible que nos concitoyens aient à vivre dans des situations comme ça ! », a-t-il déclaré.

Selon lui, chaque personne a un rôle citoyen à jouer, déjà auprès de soi-même, puis autour de soi. Il croit que chaque individu a le devoir de partager sa compréhension sur le sujet et de s’assurer que les pouvoirs publics prennent en main de manière constante cet enjeu d’itinérance.

La première recommandation de l’OCPM est que la Ville reconnaisse « formellement, par une résolution du conseil municipal » chaque Montréalais et Montréalaise en situation d’itinérance comme des citoyens et citoyennes. 

En effet, lorsque des personnes en situation d’itinérance souhaitent exercer leurs droits civiques comme leur droit de vote, elles sont heurtées à différents obstacles comme l’impossibilité de s’inscrire sur une liste électorale.

« Habiter Montréal, c’est plus que détenir un titre de propriété ou un bail, soutient l’OCPM. C’est se sentir partie intégrante d’une communauté, y créer ses repères et utiliser ses services et espaces publics. » 

Plus de leadership et de ressources

L’OCPM a constaté un déficit majeur sur le plan de la gouvernance en matière de lutte contre l’itinérance. Selon M. Bourke, cette gouvernance défaillante limite la capacité d’intervention, entraîne une gestion inefficace des ressources et provoque un désengagement et un épuisement professionnel chez le personnel œuvrant en itinérance. 

Bien que l’effort politique de la Ville de s’être mise à risque en lançant cette consultation publique soit salué par l’OCPM, cette dernière recommande à la Ville « d’assurer un leadership affirmé en matière de cohabitation sociale pour ce qui touche aux enjeux d’itinérance »

L’OCPM recommande que la Ville utilise tous les outils dont elle dispose pour faciliter et accompagner l’implantation de ressources supplémentaires et qu’elle mette en place, pour toute nouvelle implantation, une démarche suivant un processus rigoureux.


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Anaïs Amoros, Initiative de journalisme local
Anaïs a couvert les affaires municipales et civiques pour Nouvelles d’Ici dans le cadre de l’Initiative de journalisme local pendant 7 semaines à l'été 2025. Elle a auparavant collaboré à La Converse, Quartier Libre et Métro Média, où elle s’est intéressée à des sujets liés à la vie démocratique, à l’environnement et à la justice sociale. Diplômée de l’Université de Montréal, où elle a complété un certificat et un DESS en journalisme, Anaïs est animée par le désir de rendre l’information intelligible, de stimuler l’esprit critique et de rendre les savoirs plus accessibles à toutes et tous. Elle voit dans le journalisme un outil pour amplifier les voix citoyennes et encourager une participation plus active à la vie démocratique locale.