Dans le cadre de la Semaine de la langue française et de la francophonie, l’école secondaire Monseigneur-Richard (ESMR) à Verdun a organisé le 1er avril dernier une table-ronde sur l’avenir du français à l’auditorium de l’école devant 325 élèves.
Animée par l’enseignant d’histoire Jean-François Gagnon, la discussion a réuni cinq élèves membres du club de débat de l’école, un élève volontaire, un enseignant de français et une enseignante de classe d’accueil.
« Ils ont l’habitude de réfléchir sur des enjeux, explique l’enseignante de Culture et citoyenneté québécoise (CCQ) Elena Chelariu, en parlant des élèves du club de débat. On a pensé leur donner la parole ».
Le club de débat de l’ESMR
Jean-François Gagnon et Elena Chelariu s’occupent du club de débat à l’ESMR. Une quinzaine d’élèves se retrouve une fois par cycle de neuf jours pour débattre de sujets choisis à l’avance.
En mars dernier, le club a remporté la 3e position à la Coupe Éthique, une compétition regroupant des écoles secondaires francophones de la région de Montréal.
À tour de rôle, les personnes participantes ont exprimé leur opinion sur les questions suivantes :
- Que représente le français pour vous ?
- Est-ce que le français est menacé au Québec ?
- Doit-on interdire l’anglais à l’école ?
Le lien entre langue française et culture québécoise a également été abordé.
L’événement visait à mettre en lumière l’enjeu du déclin du français à l’ESMR, et plus largement à trouver des solutions pour le préserver dans le milieu scolaire et ailleurs au Québec.
Se rebeller en parlant anglais
Mathieu Laurin est enseignant de projet intégrateur. Il observe que le français est de moins en moins parlé à l’ESMR.

« Les élèves sont d’accord pour dire qu’il est important de parler français en classe, mais pas à l’extérieur. Dans les corridors, à la cafétéria, leur langue commune, c’est l’anglais. »
Lors de la table-ronde, un élève a expliqué que le français est perçu comme une obligation pour les jeunes.
« Le français, on le considère comme une tâche, une obligation. L’anglais est devenu une opportunité de se rebeller », a-t-il déclaré.
En demandant à main levée si interdire l’anglais à l’extérieur des classes était la solution, la majorité a dit non.
« Si on l’interdit, on va vouloir encore plus se rebeller », a affirmé une élève.
Tous les panélistes étaient d’accord pour dire que l’interdiction n’était pas la solution.
Valoriser le français
Une solution proposée était de rendre le français plus attrayant auprès des jeunes.
« Les choses associées à l’anglais sont plus positives que celles associées au français. Quand j’étais jeune, l’anglais c’était la liberté, c’était le divertissement, c’était l’international, la possibilité. Tandis que le français était plus contraignant. Il faut inverser ça. »
Les panélistes ont également affirmé qu’il est nécessaire de trouver une façon d’ « actualiser le français » et de « porter les valeurs québécoises par le français ».
Assumer notre différence
« Le français est en danger à cause du manque de fierté. On a peur de s’assumer en tant que francophone et en tant que Québécois », estime une enseignante en classe d’accueil.
D’accord, une élève a déclaré que le français distingue les Québécois en Amérique du Nord. « On va devenir moins intéressant, si on perd le français », croit-elle.
Un autre élève a suggéré que la préservation du français était essentielle à la cohésion sociale. « Le français, c’est une langue d’accueil, c’est ce qui nous unit en tant que Québécois dans la société. C’est important de préserver la langue pour garder cette unité. »
Questionnés sur le sujet, 50% des élèves présents dans l’auditorium ont confirmé que le français n’était PAS leur première langue, mais plutôt la deuxième ou la troisième.
La photo de couverture a été prise le 1er avril 2026 par Odile Joron.
Dernières nouvelles d’ici
- L’organisme Action-Gardien veut une rue Wellington plus sécuritaire dans Pointe-Saint-Charles
- Conseil du Sud-Ouest (13 juillet): Nouveau plan de cohabitation sociale, intersections sécurisées et rénovation du centre sportif de la Petite-Bourgogne
- Le Miku Sushi Bar fait des vagues sur la rue Wellington à Verdun
L’information locale, c’est important pour vous ?
Saviez-vous que vous pouvez vous impliquer dans ce journal numérique 100% local, à but non lucratif et indépendant qui a rejoint 220 801 lectrices et lecteurs en 2025.
Rejoignez notre équipe pour couvrir l’actualité locale de LaSalle, Lachine, Verdun et du Sud-Ouest ou si vous avez une entreprise, un commerce ou un organisme, devenez un Partenaire d’Ici pour vous faire connaître des milliers de personnes qui nous lisent chaque semaine tout en aidant à assurer la viabilité de notre journal à but non lucratif.



