Cet article a été modifié le 27 janvier 2026. Une version précédente affirmait que plusieurs citoyens et citoyennes avaient signalé des odeurs de pétrole dans le secteur du bassin William; leurs questions portaient plutôt sur des odeurs d’égout. Une citoyenne a cependant posé une question sur des odeurs de pétrole qu’elle avait constatées pendant les travaux en 2018 et 2019.
La Ville de Montréal a tenu une séance d’information virtuelle le 21 janvier sur son plan de réhabilitation des sols du bassin de rétention des eaux William, situé à Griffintown dans Le Sud-Ouest. Lors de cette rencontre, la Ville a annoncé que 167 m3 de sols contaminés demeureront sur le site, alors que 25 000 m3 ont été éliminés, mais aussi qu’une promenade-jardin serait bientôt aménagée dans le secteur.
Le bassin se trouve dans le quadrilatère borné par les rues Ottawa, Ann, William et Dalhousie. Les travaux de construction ont été réalisés en 2018 et 2019.
Le projet de réhabilitation des sols sert à réduire « de plus de 30 % le nombre de surverses [dans] le fleuve Saint-Laurent » lors de fortes pluies, a expliqué Jean-Sébastien Thorn, chargé de projets au Service de l’eau de la Ville de Montréal. Parallèlement, il permet d’éviter de surcharger le réseau d’égouts de Griffintown. Souterrain, ce bassin a une capacité de rétention d’eau de 12 000 m3, l’équivalent de plus de quatre piscines olympiques, selon la Ville.
Au-dessus du bassin de rétention se situe un terrain vague, où il est prévu d’aménager un parc : le parc Mary-Griffin.

Un terrain riche en histoire… et en sols contaminés
Éric Chartier, de la Division de l’expertise et du soutien technique (DEST) de la Ville de Montréal, a présenté les études de caractérisation et d’évaluation des risques toxicologiques réalisées par la Ville au début du projet.
La première phase était une « analyse documentaire et une inspection visuelle des lieux » visant à retracer « l’historique d’occupation du terrain ». Occupé dès 1870, ce dernier aurait accueilli une variété d’infrastructures : un atelier de fabrication de tuyaux et de drains, une école, un manufacturier de chapeaux et une compagnie de transport. De plus, les terrains avoisinants ont accueilli une usine « qui transformait le charbon en gaz combustible ».
Une seconde phase de l’évaluation environnementale a révélé que ces diverses activités ont contaminé les sols. Deux études, l’une en 2011 et l’autre en 2016, ont permis d’identifier des « remblais hétérogènes » et des produits pétroliers.
M. Chartier a également précisé qu’il y a eu des interventions archéologiques sur le site, en raison de la présence de vestiges de l’ancienne école.
Un sol qui devra rester partiellement contaminé

Bien que la Ville ait éliminé la vaste majorité des sols contaminés, il en demeure encore à deux endroits.
« En cours de travaux, on a rencontré certaines contraintes physiques qui nous ont obligés à laisser en place des sols en bordure des rues Ottawa et Ann », a expliqué M. Chartier. En raison d’un risque d’instabilité des sols, la Ville n’a pas pu excaver « deux bandelettes de sol » situées à environ 4 ou 5 mètres de profondeur et contaminées par des produits pétroliers. La zone a donc été recouverte d’une couche d’argile.
Le second endroit contaminé se situe « sous la canopée des arbres le long de la rue Ann ». Dans le système racinaire de ces arbres se trouve du sol contaminé au plomb, à environ 30 cm de profondeur. La Ville a choisi de « préserver ces arbres ». Les lieux ont été recouverts d’une couche de sol propre de 20 cm.
Dans les deux cas, M. Chartier affirme qu’il n’y a pas de « risques significatifs à la santé et l’environnement ».
Questions du public
Les membres du public ont posé une douzaine de questions par écrit.
Un citoyen et une citoyenne ont questionné la Ville à propos d’« odeurs d’égout » dans le secteur. Jean-Sébastien Thorn a affirmé qu’« on va faire une investigation » et que c’était « la première fois qu’on reçoit ce genre de commentaires ».
Une citoyenne a également souligné que pendant l’excavation, « une odeur épouvantable de cadavre pétrolier se dégageait ». Elle s’inquiètait que les résidents et résidentes du secteur aient pu être exposés à des « vapeurs toxiques ».
Matthieu François, professionnel sénior de la firme d’ingénierie AtkinsRéalis, qui a réalisé les évaluations environnementales, a soutenu qu’« on va percevoir les odeurs de produits pétroliers bien avant qu’il y ait des effets toxiques ». Pour illustrer son point, il a fourni l’exemple de l’odeur d’essence près des stations-services. Il a aussi affirmé qu’« avec la dilution dans l’air », les odeurs de pétrole à l’extérieur du chantier ne nuisaient pas à la santé.
Une citoyenne a demandé s’il n’y avait pas de risques que le plomb remonte à la surface sous l’effet de la pluie. M. Chartier a répondu que c’était « improbable » et que la contamination du sol était « marginale ». M. François a ajouté que le plomb est un « élément très peu mobile » et que des « mesures de suivi et d’entretien » étaient prévues.

Quelques autres questions étaient en lien avec le futur parc Mary-Griffin. Deux citoyennes ont demandé le calendrier de réalisation du projet. Amélie Bergeron, chargée de projets au Service de l’urbanisme et de la mobilité à la Ville de Montréal, a rappelé que l’aménagement de ce parc est « tributaire » du projet de construction de la station Griffintown–Bernard-Landry du réseau express métropolitain (REM). Ce projet est porté par la division des infrastructures de la Caisse des dépôts et placements du Québec, CDPQ Infra, qui n’a pas encore commencé les travaux.
Mme Bergeron a indiqué que la Ville ne sait donc pas quand le parc sera complété, mais qu’elle déploie « beaucoup d’efforts pour pouvoir aménager une première phase de parc à un endroit qui n’est pas tributaire de ce calendrier-là. » Il s’agira de la création d’une « promenade-jardin » le long de la rue Ann. Sans fournir de date de mise en chantier, elle a indiqué que la Ville souhaite aménager cette première phase « le plus rapidement possible », mais qu’elle attend des « autorisations […] de la part du ministère de l’Environnement et aussi de CDPQ Infra ».
La photo en haut de cet article du terrain au-dessus du bassin de rétention des eaux William a été prise le 25 janvier 2026 par Jasper Bleho-Levacher.
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