Le 8 octobre dernier, l’historien Benoît Cléroux a présenté une conférence sur la construction de la station de métro Verdun au Quai 5160 dans le cadre du 150e anniversaire de Verdun.
M. Cléroux est passionné par le métro de Montréal depuis son enfance. Il travaille pour la Société de Transport de Montréal (STM) et a écrit deux livres à ce sujet. Le premier a été publié en 2001, suivi d’une édition jeunesse en 2016.
Une station des années 1970
Dans les années 1970, la STM prolonge le métro vers l’ouest et vers l’est. De nouvelles stations sont planifiées à Verdun. Au départ, la station était prévue sur Bannantyne, mais on choisit finalement la rue Verdun pour y installer l’édicule. Le quai de la station est sous la rue Willibrord.
La planification d’une station de métro est complexe. Dans ce cas, il fallait prévoir une station entre De l’Église et Jolicoeur en passant sous le canal de l’Aqueduc.
La STM demeure fidèle au principe que chaque station soit construite sous la gouverne d’un architecte et d’un ingénieur différent. Pour la station Verdun, les experts suivants sont désignés : un ingénieur de Maurice Leblanc et associés et l’architecte Jean-Maurice Dubé.
2 Verdunois importants
Jean-Maurice Dubé (1918-1982) est un architecte de Verdun qui a réalisé les plans d’une cinquantaine de salles de cinéma au Québec et du bâtiment de Télé-Métropole. Il a aussi des réalisations dans l’arrondissement : plusieurs écoles, cliniques et le Manoir de Verdun. Le métro de Verdun sera son chef d’œuvre.
D’autre part, Gérard Guay (1920-2005) est un autre personnage qui contribue, à sa façon, au souvenir de la construction de la station. Il a travaillé à la ville de Verdun pendant 44 ans et avait une vue imprenable sur les travaux, depuis la mairie. Il a photographié toutes les étapes de la construction de la station et a fait cadeau de ces photos à la STM en 2007. La STM possède sa propre collection de photos, mais l’ajout de celles de M. Guay l’enrichit considérablement.
M. Guay est aussi un Grand Verdunois qui s’est illustré, entre autres, comme président de la Caisse populaire de Verdun.

Une construction de plusieurs années
En 1975, avant les travaux, le parc du Souvenir devant la mairie a une apparence très différente d’aujourd’hui. La sculpture au soldat verdunois est au centre, il n’y a aucun arbre, et de l’autre côté de la rue, une station d’essence Texaco.

Les travaux commencent par le déplacement de la sculpture dans un coin et le creusage d’une immense excavation. La rue de Verdun sera fermée pour un court délai, la majeure partie des travaux se fera surtout sous la rue Willibrord, qui elle, sera fermée plusieurs années.
On creuse pour rejoindre le roc, jusqu’à plus de 20 mètres de profondeur. De nombreux ouvriers s’affairent avec leurs équipements à creuser le sol, rejoindre l’embouchure du tunnel fait par une autre équipe, couler le béton pour former le sol, les murs, les colonnes et finalement le toit de la station. Puis, on remplit avec de la terre et on compacte le sol, avant de refermer le tout.
Aucun incident majeur n’a eu lieu lors des travaux, même si certaines photos démontrent que les mesures de sécurité étaient moins sévères autrefois. À Verdun, beaucoup se rappellent surtout l’incident de l’effondrement de la rue Wellington. Mais dans les deux cas, pour les stations Verdun et De l’Église, il n’y eut aucun décès ni blessure importante.
Architecture
Lors de sa présentation, le conférencier a présenté une sélection des photos de M. Guay : les éléments de décor et les œuvres d’art encore visibles aujourd’hui.

Les murs de la station sont couverts de jeux de lignes horizontales, verticales et obliques. Elles ont été créées en insérant des planches que l’on retirait par la suite, au fur et à mesure des coulées de béton. L’œuvre s’intitule Bas-relief de Antoine Lamarche.
Une partie des lampes sont dites en coup de girafe, jaunes. Les colonnes sont en forme de V, possiblement en lien avec Verdun.
Les quais de chaque côté de la station sont plus étroits à une extrémité que l’autre, de 2,5 mètres à 3,75 mètres. Ce fait est rarement remarqué, mais mesurable.
Les bancs sont uniques, comme pour toutes les stations. À tel point que la STM en a fait un jeu amusant : Reconnaissez-vous ces bancs ?
Les édicules extérieurs sont de chaque côté de la rue de Verdun. Le plus grand est très fenestré. Le plus petit côtoie l’ancien Great War Memorial Hall, devenu aujourd’hui un centre islamique.
Le parc du Souvenir inclut maintenant, en plus de la sculpture au soldat verdunois, une fontaine centrale et une pyramide avec puits de lumière, qui éclaire naturellement l’intérieur de la station.
Récemment, on a ajouté un deuxième étage au petit édicule de l’autre côté de la rue de Verdun. Il contient les équipements qui permettent maintenant d’utiliser les cellulaires dans cette partie du métro.
Autre fait intéressant expliqué par le conférencier : les bornes fontaines bleues sur les rues sont des bornes sèches. Elles se retrouvent au-dessus du métro et ne contiennent pas d’eau. Elles seraient utiles en cas d’incendie dans le métro.
La photo de couverture a été prise par Marie Guertin le 8 octobre 2025.
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