L’érosion des berges du parc René-Lévesque et du nouveau parc riverain de Lachine est un enjeu depuis plusieurs années. Un projet de stabilisation visant à y remédier se trouve au stade des évaluations environnementales.
Le projet a été initié en mai 2021 et un avis de projet décrivant la problématique a été publié en juillet de la même année. Dans ce document, la Ville de Montréal soulignait que l’érosion était à un stade « préoccupant » ou « critique » sur la majorité du périmètre des deux parcs.
Une période de consultation publique avait suivi en août et septembre 2021. Cependant, aucun commentaire de la part du public n’avait alors été reçu, selon un document du ministère de l’Environnement.
Qu’est-ce qui cause l’érosion des berges à Lachine ?
L’érosion des berges au parc René-Lévesque et au nouveau parc riverain de Lachine a de multiples causes. Selon l’avis de projet déposé en mai 2021, « l’effet des crues, [l]es vagues, [le] courant, [le] batillage et [les] glaces » sont tous des facteurs.
L’avis de projet soutient aussi que « la dégradation des berges a été accélérée et portée à un point critique suite aux crues exceptionnelles des printemps 2017 et 2019 ». Aussi, la « nature anthropique des deux jetées », c’est-à-dire le fait qu’elles aient été créées par l’humain, fait qu’elles sont « particulièrement susceptibles à l’érosion ».
Un projet décalé
L’avis de projet originel suggérait un calendrier de réalisation. La Ville estimait que l’étude d’impact serait déposée à la fin de l’année 2022 et que les travaux débuteraient au printemps 2025 au nouveau parc riverain et l’année suivante au parc René-Lévesque. Au final, l’étude d’impact a été déposée en février 2025. Quant aux travaux, la mairesse de Lachine Maja Vodanovic estime maintenant qu’ils commenceront en 2028.

Pour le moment, des clôtures sont installées sur les berges du parc René-Lévesque, pour la sécurité du public. Mme Vodanovic soutient toutefois que l’érosion s’aggrave et qu’il faudra peut-être déplacer ces clôtures vers l’intérieur du parc.
« Le parc rétrécit d’année en année », affirme-t-elle.
La sécurité du public n’est pas le seul enjeu en lien avec l’érosion, selon l’étude d’impact, qui indique que la santé du milieu hydrique est menacée. L’érosion pourrait mener au « lessivage des sédiments qui sont contaminés dans le secteur en raison de son passé industriel ».
En attendant l’approbation du gouvernement du Québec pour commencer la stabilisation des berges, la Ville a tout de même commencé d’autres travaux sur les deux sites.
« On a commencé à faire les égouts et les aqueducs et à démolir les bâtiments, explique Mme Vodanovic. On a aussi commencé à travailler sur la plantation [d’arbres] à l’intérieur [du parc]. On va devoir planter 540 arbres dans le parc René-Lévesque, au centre. »

Comment la Ville de Montréal reconstruira-t-elle les berges à Lachine ?
La Ville de Montréal a réussi à obtenir 40 millions $ du gouvernement fédéral pour le projet, selon la mairesse de Lachine. La stabilisation devra se faire sur près de 5,8 km, selon l’étude d’impact, et fera usage d’une variété de matériaux.
La stabilisation se fera majoritairement grâce à des enrochements, qui incluront une membrane géotextile et des pierres. Mais le projet mise aussi sur la phytotechnologie, c’est-à-dire des techniques faisant usage de plantes. Les berges seront revégétalisées avec des « espèces indigènes et adaptées au milieu », selon l’étude d’impact. Ces plantes ne sont pas les mêmes que les 540 arbres qui se retrouveront au centre du parc René-Lévesque.
Selon Mme Vodanovic, l’usage de la phytotechnologie sera efficace parce que les plantes choisies auront des racines qui « retiennent la terre ».
À d’autres endroits, d’autres sortes d’interventions seront nécessaires. Par exemple, l’étude d’impact recommande la « reconstruction des murs de l’éperon avec [des] murs en béton », en raison d’une « érosion importante » et d’une « rive instable ». L’éperon est la section très étroite à l’extrémité ouest du parc René-Lévesque.



L’éperon au bout du parc René-Lévesque à Lachine, avec une clôture empêchant le public de s’y aventurer en raison de l’érosion de ses murs (6 août 2025). Crédit photo : Jasper Bleho-Levacher
L’érosion : un enjeu pour le reste de Lachine aussi
Les 5,8 km qui seront stabilisés à compter de 2028 constituent la majeure partie des 6 km de berges du parc René-Lévesque et du nouveau parc riverain de Lachine. Ces six kilomètres sont gérés par le service des grands parcs de la Ville de Montréal.
À l’ouest de cet endroit, un autre six kilomètres appartient toutefois à Lachine. L’érosion y est aussi un enjeu important, selon Mme Vodanovic. L’Arrondissement a d’ailleurs débuté le processus pour un projet de stabilisation de 160 mètres de berges entre les parcs Stoney Point et Summerlea.
Mme Vodanovic indique que l’Arrondissement est actuellement en appel d’offres pour ce projet.
La photo en haut de cet article d’une berge érodée et affaissée au parc René-Lévesque a été prise le 6 août 2025 par Jasper Bleho-Levacher.
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