C’est à 18h pile mercredi 28 août que l’autobus jaune quitte le Square Saint-Louis en direction du Grand Sud-Ouest de la ville. Nombreux sont les représentants et représentantes d’organismes communautaires qui s’entassent sur les bancs de l’autobus rappelant à certains les sorties scolaires de leur jeunesse. Toutefois, ce n’est pas vers le centre des sciences de Montréal que le chauffeur se dirige, mais bien à destination des quartiers où résident certains groupes les plus marginalisés.
En l’honneur de leur 50e anniversaire d’existence, le Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM) organise des tours d’autobus à Montréal afin de sensibiliser le public au sujet de la marginalisation urbaine.
Le chauffeur conduit son autobus plein à travers Milton-Parc, le quartier des spectacles, le quartier chinois, la corporation d’habitations Jeanne-Mance et s’arrête finalement à Ville-Émard dans le sud-ouest de Montréal.
Pour pouvoir offrir cette activité le RAPSIM collabore avec l’organisme Autre Montréal. Ce circuit préétabli a porté une plus grande attention sur les réalités sociales dans l’arrondissement de Ville-Marie que dans le Sud-Ouest malgré ce qui était initialement annoncé.
Accompagné d’un animateur pendant deux heures, le groupe en apprend davantage sur l’histoire de la ville, la création et la migration des groupes exclus par la société et les nombreux organismes communautaires au service de ces personnes.
Tout au long du trajet, plusieurs n’hésitent pas à renchérir la présentation de l’animateur. Manon Massé, députée de Sainte-Marie-Saint-Jacques, partage ainsi avec tout le monde ses connaissances sur la marginalisation urbaine.
Venant de divers milieux sociaux et communautaires, les participants et participantes au tour travaillent pour aider les nombreux groupes sociaux marginalisés. Que ce soit les personnes souffrant de dépendance, en situation d’itinérance, ceux à faible revenu, les réfugiés, les migrants à statut précaire, les minorités visibles, la communauté 2ELGBTQI+, etc.
L’itinérance dans le Sud-Ouest, à Montréal et au Québec
Les membres de l’Auberge communautaire du sud-ouest (ACSO) sont du voyage. Situé sur le boulevard Monk, cet organisme communautaire outille les jeunes adultes de 18 à 30 ans dans une situation de précarité financière ou sociale à se remettre sur pied en leur offrant des hébergements sociaux et de l’encadrement.
En entrevue avec Nouvelles d’Ici, l’intervenante de soutien en suivi aux auberges de l’ACSO depuis un mois et demi, Maude Villemure, explique que ces jeunes ont tout pour réussir et éviter de se retrouver à la rue s’ils reçoivent un bon accompagnement.
De son côté, Tsanta Sen Chen, organisatrice communautaire au RAPSIM, explique que le dénombrement des personnes en situation d’itinérance visible au Québec ne reflète pas la réalité. « C’est un portrait plus qualitatif que quantitatif », critique t-elle.
D’après le rapport de l’exercice du dénombrement en 2022, il y aurait une estimation totale de 10 000 personnes en situation d’itinérance visible, dont environ 47 % sont à Montréal.
Mme Sen Chen mentionne que c’est l’une des critiques du RAPSIM au gouvernement provincial : « On ne compte que l’itinérance physique dans le dénombrement alors que dans certains quartiers, c’est plus de l’itinérance cachée, comme c’est le cas ici dans le sud-ouest. »
En accord, Mme Villemure trouve que ces informations de provenance gouvernementale ne représente pas ce qui se passe sur le terrain. « Je pense qu’il y a un manque d’information et de conscientisation vis-a-vis toutes les organismes communautaires qui travaillent auprès de ces usagers-là » ajoute-t-elle.
Le député de Saint-Henri-Sainte-Anne, Guillaume Cliche-Rivard, souligne que malgré le dénombrement, il est difficile de savoir exactement combien de personnes sont en situation d’itinérance dans sa circonscription. Mais, il est conscient que ce nombre augmente.
« Nous, on est le porte-voix des experts. Les organismes sont les experts, ils connaissent les solutions, et ils connaissent les propositions. Nous, notre travail c’est de les véhiculer, puis de les faire vivre, puis de les faire se concrétiser, » explique M. Cliche-Rivard. Il souhaite continuer à collaborer avec les organismes communautaires pour pouvoir gérer la situation le mieux possible.
Sans rien révéler, il mentionne qu’un plan d’action est en cours de préparation avec des propositions qui seront annoncées cet automne.

Après le circuit en autobus dans le Grand Sud-Ouest, le groupe se retrouve aux abords du théâtre Paradoxe à Ville-Émard pour une projection en plein air du documentaire Éviction de Mathilde Capone sorti en 2024.
Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM) : une médaille de l’ANQ pour souligner 50 ans d’implication
Avant le début du film, Manon Massé et Guillaume Cliche-Rivard offrent une médaille de l’Assemblée Nationale du Québec à RAPSIM en l’honneur de leur travail depuis 50 ans.

« Cela a été créé dans le temps pour aider les clochards aux bas de la ville, » dit Catherine Marcoux, organisatrice communautaire, en expliquant la mission du RAPSIM au moment de sa création en 1974.
Aujourd’hui, ce réseau regroupe 104 organismes communautaires « en itinérance, en prévention de l’itinérance, puis en réponse à l’itinérance, des organismes jeunesses, des logements sociaux, des refuges, des banques alimentaires, et toutes sortes, » explique Mme Marcoux.
Le but est de réunir toutes leurs voix en une seule afin de l’amplifier et d’améliorer la communication avec les trois paliers de gouvernement.
En faisant référence à la médaille que le RAPSIM a reçue, Mme Marcoux ajoute que « c’est une lutte qui dure depuis 50 ans et on sait que l’itinérance continue. Ça devient de plus en plus complexe. »
Grâce aux financements que l’organisme à but non lucratif reçoit de la part du gouvernement provincial, de la Ville de Montréal, de Centraide et d’autres, le regroupement montréalais arrive à sensibiliser les gens sur les droits des groupes marginalisés de la société québécoise.
Pour clôre l’année de célébration de son cinquantenaire, le RAPSIM va publier une revue sur les luttes en itinérance, mais aussi organiser une grande fête avec l’ensemble de ses membres au printemps 2025.
La photo en haut de cet article a été prise par Myrialine Catule le 28 août 2024.
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