Discussion entre Matiu et les jeunes du cégep André-Laurendeau
Actualités Art Culture Gens d'ici Lachine LaSalle Le Bronx Le Sud-Ouest Verdun

Rencontre avec le chanteur innu Matiu au Cégep André-Laurendeau pour clore la Semaine des cultures autochtones

C’est avec un échange entre le chanteur innu Matiu et des étudiants et étudiantes de 1ère année que s’est terminée la première édition de la Semaine des cultures autochtones (SCA) du Cégep André-Laurendeau, quelques heures avant le concert de l’artiste au Théâtre Desjardins le 6 octobre à LaSalle.

Organisée à l’heure du dîner dans la Salle des pas perdus, transformée pour l’occasion en mini-cabaret grâce à la magie des lumières, la discussion entre l’artiste et les jeunes a permis à ces derniers d’en apprendre un peu plus sur la communauté de Mani-Utenam, située près de Sept-Îles dans le Nord du Québec, mais aussi sur son rapport à la culture et à la langue. 

Des questions pour Matiu : culture, langue et racisme systémique

Avec beaucoup de patience, d’humour et une grande ouverture, Matiu a répondu aux questions préparées à l’avance par les 4 groupes de la professeure d’anthropologie, Valérie Berthiaume. Langues, croyances, histoires, valeurs, culture innue mais aussi réconciliation et racisme systémique, les questions des jeunes ont couvert de nombreux sujets. Comme l’a expliqué Mme Berthiaume, l’objectif de cette discussion ainsi que des différents projets pédagogiques conduits dans le cadre la SCA était de faciliter le contact avec les cultures autochtones par la découverte et l’échange.

Interrogé par une étudiante sur sa définition du racisme systémique, l’artiste a simplement répondu : “Le racisme systémique, c’est quand je rentre au Walmart de Sept-Îles et qu’il y a quelqu’un qui me suit partout dans le magasin. Je rentre et je suis déjà un suspect”. Une réponse qui a provoqué des hochements de tête de plusieurs membres dans l’audience, représentative de la richesse de la diversité de la population étudiante du cégep André-Laurendeau et des gens d’ici. 

Entre deux langues

Questionné sur son rapport à sa langue maternelle et au français, l’artiste innu a raconté son expérience de grandir entre les deux et le choix déchirant qu’ont dû faire ses parents de commencer à lui parler en français, à la maison, pour accélérer son intégration à l’école francophone. Un choix auquel sont également confrontés de nombreux nouveaux arrivants à Montréal, pris entre le désir de faciliter l’intégration de leurs enfants et la volonté de leur transmettre leur langue, une clé importante pour toute culture. 

“Je vois qu’il y a plein de cultures différentes représentées ici”, a souligné Matiu après avoir expliqué qu’il croyait qu’une réconciliation entre autochtones et allochtones était possible. 

Musique rassembleuse, au-delà des origines et des styles

L’intervention de Mohcine, un étudiant en gestion au Cégep, a montré à quel point la musique et l’art peuvent créer des ponts. Arrivé d’Algérie en 2010, le jeune rappeur d’ici a saisi l’occasion pour poser plusieurs questions à Matiu, sur sa musique et ses sources d’inspiration. Interrompant le flot des questions préparées à l’avance, l’échange qui a suivi entre les deux musiciens d’origines et de styles très différents a prouvé que la musique est bien un langage universel et peut amener à tout.

“C’est la première fois que je suis professeur d’anthropologie !” a lancé l’auteur-compositeur-interprète à la fin de la rencontre.

Après avoir interprété deux chansons à la guitare, le chanteur a exprimé son appréciation pour la discussion et remercié Jacinthe Beaudet, enseignante en communications au cégep qui a participé à la réalisation de la vidéo de sa première chanson. 

Envie d’en apprendre plus sur Matiu?

Vous pouvez consulter le site de Matiu et voici la vidéo de l’une des chansons qu’il a interprétée lors de la rencontre au cégep, Le mineur.

La photo en haut de cet article de la discussion entre Matiu, les étudiantes et les étudiants du cégep André-Laurendeau a été prise le 6 octobre 2022 par Karine Joly.

Les « nouvelles d’ici » vous passionnent ?

Impliquez-vous dans ce journal numérique 100% local, à but non lucratif et indépendant qui a rejoint 112 395 lecteurs en 2021 avec une équipe composée de nombreux bénévoles.
Rejoignez notre équipe pour couvrir l’actualité locale de LaSalle, Lachine, Verdun et du Sud-Ouest ou si vous avez une entreprise devenez un Partenaire d’Ici pour aider à assurer la viabilité de cet organisme à but non lucratif (OBNL) sur le long terme !

Karine Joly
Résidant dans le Bronx à LaSalle depuis 2004, Karine a fondé Nouvelles d'Ici avec un groupe de citoyennes et citoyens en octobre 2020. Elle en est aujourd'hui la rédactrice en chef. Journaliste locale en presse écrite et radio au début de sa carrière en France, elle a aussi été managing editor de la section Cities & Towns d'une grande dot com américaine à New York. Avant de retourner au journalisme, Karine a fondé sa famille et un centre de formation en ligne pour les professionnels de la communication digitale.