Joan et Oz Obukoro de Renature Montréal
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Renature Montréal : une initiative citoyenne pour faire de la ville la plus verte d’Amérique du Nord 

Derrière les serres municipales de Verdun, de nouvelles plates-bandes ont fait leur apparition au printemps 2024. De petites affiches de Renature Montréal sont attachées aux câbles qui les délimitent. Plus récemment, d’autres se sont ajoutées à côté de la piste longeant le fleuve, toujours à la hauteur des serres.

Ce sont Joan et Oz Obukuro, deux ornithologues amateurs, qui sont les instigateurs de ces installations et du projet Renature Montréal.

« L’objectif de Renature Montréal est d’aider la nature à retrouver un niveau de santé raisonnable, tant végétal qu’animal », a expliqué, par écrit, le couple avant la rencontre avec Nouvelles d’Ici. 

Une autre approche de la biodiversité pour conserver la faune

Cette initiative souhaite « une nouvelle vision, un nouvel espoir, un Montréal renaturé en cathédrale verte. » 

Joan et Oz Obukoro croient que « l’augmentation de la biodiversité réduit les îlots de chaleur, mais les variétés plantées sont extrêmement envahissantes, ce qui signifie qu’elles supplantent et tuent les espèces indigènes. » 

Les deux ornithologues croient que les « espèces indigènes sont essentielles pour nourrir notre faune. »  Comme ils l’expliquent, les chenilles ne peuvent généralement se nourrir que d’une gamme très restreinte de plantes sauvages indigènes. Elles meurent donc généralement de faim en l’absence de plantes indigènes. « Pas de chenilles ou trop peu et les jeunes oiseaux meurent de faim », soulignent-ils.

« Nous sommes passés de 10 milliards d’oiseaux en Amérique du Nord au cours des 50 dernières années à seulement 7 milliards aujourd’hui, indique M. Obukuro avant d’ajouter que « le déclin de la population est la première étape vers l’extinction. Le changement climatique rend la menace encore plus inquiétante. » 

Mme Obukuro insiste : « ce n’est pas parce qu’une plante a une fleur qui attire beaucoup d’abeilles et d’insectes, que c’est une plante avantageuse. » C’est une différence importante pour la survie de l’écosystème.

Éco-restaurer et ré-ensauvager

Selon la documentation fournies par les deux ornithologues, il pourrait suffire de se débarrasser des mauvaises herbes non indigènes et planter des fleurs sauvages, des arbustes et des arbres indigènes pour changer la donne.

C’est pourquoi le couple a loué l’espace derrière les serres municipales et obtenu de l’arrondissement de Verdun la permission de « revitaliser » une section le long de la piste cyclable à proximité. Ils peuvent ainsi appliquer ce qu’ils ont observé et produire des graines de plantes indigènes en quantité suffisante pour passer aux prochaines étapes de leur plan.  

Contribuer à l’atteinte de l’objectif de renaturer notre environnement

Dans cinq ans, les deux ornithologues souhaitent faire de Montréal « la ville la plus verte d’Amérique du Nord. »  

Pour y arriver, ils souhaitent démarrer plusieurs projets, en prenant le temps de bien les développer. Site web et accueil de bénévoles sont dans leurs plans.

Les Obukoro sont sur le site, derrière les serres municipales, presque sept jours par semaine. Ils sont prêts à discuter avec les gens intéressés par l’initiative. « Durant la semaine, si la clôture derrière les serres est ouverte, c’est que nous sommes à l’intérieur », indiquent-ils.

Les deux ornithologues seront également présents à la Fête des récoltes du Grand Potager le 14 septembre aux serres municipales de Verdun. À cette occasion ils pourront remettre, aux visiteurs prêts à planter des fleurs sauvages dans leur jardin cet automne, une enveloppe de graines pour « un petit carré de fleurs sauvages, de la taille d’une table de cuisine. »  Des sacs de terre seront aussi en vente sur place. 

 « Si vous êtes satisfaits des résultats, faites pousser l’année suivante une plus grande parcelle de fleurs sauvages », lancent-ils avant d’ajouter : « si vous êtes déçus, arrachez simplement toutes les fleurs et ratissez la terre sur votre pelouse ou le reste de votre jardin, ce sera un bon engrais et un bon paillis ! » 

Confiants, Joan et Oz Obukoro concluent : « Mais nous sommes presque sûrs à 100 % que vous allez adorer les résultats ! » 

La photo en haut de cet article a été prise par Pierre Girard.


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Pierre Girard
Résident de Verdun, Pierre est l'un des membres de la première cohorte des ateliers d’initiation au journalisme citoyen de Nouvelles d’Ici. À la retraite depuis un peu plus de 10 ans, il est diplômé en droit et en administration publique. Pierre a commencé sa carrière professionnelle dans un ministère du gouvernement du Canada avant d'œuvrer dans une société d'État provinciale puis une grande institution financière québécoise. Curieux, éclectique et sociable, il continue de s’intéresser à plusieurs activités et loisirs.  Le vélo, le taichi et le pickleball sont en haut de sa liste.  Le journalisme citoyen s’y est ajouté récemment.