Gros plan sur de l'herbe à poux
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Réduire les allergies au pollen en ville : un possibilité à portée de main

Le pollen peut causer des allergies saisonnières chez environ 20 % de la population adulte au Québec, selon l’Enquête québécoise sur la santé de la population. Produit par les organes reproducteurs mâles des plantes, il n’est pas une fatalité. Il serait possible de verdir nos villes tout en réduisant l’impact sur la santé, selon la doctorante en biologie à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) Sarah Tardif.

Lors d’une conférence sur le sujet organisée par les Amis du parc Angrignon à l’espace citoyen du parc de la Vérendrye, dans Le Sud-Ouest, Mme Tardif a expliqué que le pollen qui se répand par la vent est généralement plus allergène que celui qui se disperse par l’intermédiaire des insectes. Puisque les grains de pollen dispersés par le vent sont souvent de plus petite taille, ils entrent plus facilement dans les voies respiratoires, souligne la chercheuse.

Certaines espèces d’arbres dites dioïques sont composées d’individus qui ne possèdent que des organes reproducteurs d’un seul sexe à la fois. Pour leur part, les arbres monoïques peuvent avoir les deux organes reproducteurs mâle et femelle chez un même individu. 

Les arbres dioïques ne possédant que des organes reproducteurs femelles ne produisent pas de pollen, rappelle Mme Tardif. « C’est là-dessus qu’on pourrait jouer », affirme-t-elle.

La plupart des zones plantables sont résidentielles

Seule une station permanente de surveillance du pollen est présente à Montréal, dans l’arrondissement de LaSalle. Gérée par les Laboratoires de recherche en aérobiologie, cette station sert de source de données pour les prévisions de pollen de MétéoMédia. 

Une seule station ne suffit cependant pas pour répertorier les espèces d’arbres qui varient d’un arrondissement à l’autre. En voie de finaliser sa thèse, Mme Tardif travaille à « augmenter la résolution spatiale du réseau d’échantillonnage à Montréal ». 

Pour ce faire, son équipe de recherche a installé 25 stations d’échantillonnage de pollen provisoires à travers l’île. Entre 2021 et 2023, ces stations ont recueilli des données sur la proportion de différents genres d’arbres, leur type de répartition d’organes (monoïque ou dioïque), et leur mode de pollinisation (par le vent ou les insectes).

Trois modèles 3D de grains de pollen. À gauche, l'érable; en haut à droite, l'herbe à poux et en bas à droite, le bouleau.
Trois modèles 3D de grains de pollen. À gauche, l’érable; en haut à droite, l’herbe à poux et en bas à droite, le bouleau. – Crédit photo : Théo Bou Eid

« En moyenne, ça doit être à peu près 30 % des arbres qui sont pollinisés par le vent [à proximité des 25 stations], ce qui est quand même bien. Ça veut dire que la majorité sont pollinisées par les insectes », constate Mme Tardif.

Les stations 15 et 16, situées dans le Sud-Ouest, près du canal de Lachine, ont une proportion d’arbres pollinisés par le vent d’environ 25 %. À la station 17, située à Lachine, cette proportion atteint environ 20 %. 

Citant le travail de sa collègue Emma Bacon, Mme Tardif rapporte qu’à proximité des 25 stations, la plupart des zones plantables se trouvent dans des terrains résidentiels. « Ça veut dire que c’est en partie nous tous ici qui pouvons aller faire une différence sur quels arbres on va planter », estime-t-elle.

Les changements climatiques augmentent le risque d’allergie au pollen

Selon une étude de Sarah Tardif et de cinq autres chercheurs et chercheuses publiée cette année, réalisée dans six villes au Canada pendant 30 ans, il a été montré que la teneur en pollen dans l’air a augmenté de manière statistiquement significative dû au changement climatique.

Bien que l’étude porte seulement sur le Canada, « ça a été montré aux États-Unis et principalement en Europe », ajoute Mme Tardif.

Selon cette même étude, les plantes issues de la famille des cupressacées – comme les cèdres, les thuyas, les cyprès et les genévriers – ont vu la longueur de leur saison augmenter de près de 30 jours entre 1994 et 2023, exacerbant l’exposition au risque d’allergie. Cependant, ce changement de saison n’était statistiquement significatif que pour cette famille-là, mentionne Mme Tardif.

« Dans la majorité des études, la saison est allongée pour les cupressacées et les chênes, puis pour les graminées. »

Sur l'écran, Sarah Tardif montre au public des grains de pollen au microscope.
Sur l’écran, Sarah Tardif montre au public des grains de pollen au microscope. – Crédit photo : Théo Bou Eid

Cinq personnes ont assisté à l’allocution de Mme Tardif. François Arteau, président des Amis du parc Angrignon, apprécie la tenue de cette conférence. « Avec les changements climatiques, je pense qu’il y a deux choses importantes, de bien comprendre ce qui se passe et, une fois qu’on comprend bien, que c’est là qu’on va être capable de peut-être de trouver les meilleures solutions. Apporter des solutions quand on ne comprend pas le problème, ça peut être difficile », soutient-il.

La photo de couverture, prise par Carl Sincennes en juillet 2024 près des berges de Verdun, montre une herbe à poux.


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Théo Bou Eid
Résident de Verdun depuis 2021 et diplômé du baccalauréat en journalisme de l’UQAM, Théo Bou Eid couvre l'actualité locale pour Nouvelles d'Ici. Il a collaboré en tant que reporter avec le journal Montréal Campus et la station de radio CHOQ.ca. Il a aussi été correcteur d’articles pour le magazine L’Apostrophe. Le journalisme était le choix de carrière évident pour lui, curieux de nature et passionné d’écriture. Théo suit également des cours de piano classique à la Coopérative des professeurs de musique de Montréal, et rêve de se produire sur scène avec un orchestre.