Le quatrième atelier de la série Raconter pour rassembler du projet Histoires d'espoir, porté par le CMRL. 14 décembre 2025 à la bibliothèque Saul-Bellow de Lachine. Crédit photo : Jasper Bleho-Levacher
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Raconter pour rassembler : immigration et dialogue à Lachine

L’organisme Histoires d’espoir a organisé le 14 janvier dernier un « brunch-discussion » à la bibliothèque Saul-Bellow à Lachine. Lors de l’événement, Pierre et Véronique Mukandila, un couple originaire de la république démocratique du Congo, ont partagé le récit de leur parcours migratoire. Une quinzaine de citoyens et citoyennes étaient présents à ce quatrième atelier d’une série appelée « Raconter pour rassembler », qui vise à promouvoir le dialogue interculturel.

Jade Bédard, porteuse du projet, a expliqué que l’objectif de l’atelier était de laisser de côté ce qu’« on pense savoir sur l’immigration et venir humaniser en entendant l’histoire d’une personne ». Histoires d’espoir est porté par le Centre multi-ressources de Lachine (CMRL). Sheyla Riofano, de Concert’Action Lachine, a aidé à coordonner l’organisation de l’activité.

Un amour qui a traversé 4 pays et 3 continents

Lors de l’atelier, Histoires d’espoir a présenté une vidéo sur la vie de Pierre et Véronique Mukandila. Le couple était présent à l’événement, ainsi que leur fille Benisha.

Les Mukandila se sont établis au Québec il y a plus de 30 ans, mais le trajet n’a pas été simple. Marié jeune, M. Mukandila a dû quitter Kinshasa en 1984 pour poursuivre ses études en comptabilité en Belgique. Son épouse est restée au Congo, où elle travaillait comme vérificatrice d’impôts pour le gouvernement. C’est ainsi que commence une séparation de dix ans.

Ayant de la difficulté à obtenir un permis de travail en Belgique, Pierre Mukandila est venu s’installer au Canada au début des années 90. Véronique Mukandila déménage alors en Afrique du Sud, où les infrastructures sont plus modernes, pour communiquer de manière plus fiable avec son mari. Mme Mukandila obtient finalement la permission d’immigrer au Canada après un an et demi d’attente et de paperasse.

Tout au long de cette décennie, Mme Mukandila a gardé espoir, se répétant qu’un « chemin se tracerait pour qu’un jour, on se rencontre ».

Une fois au Canada, la recherche d’emploi n’a pas été facile, mais Mme Mukandila a fini par travailler au ministère de l’Immigration, puis au ministère de la Justice. Pierre Mukandila, lui, est fonctionnaire le jour et pasteur le soir. Ils habitent la Rive-Sud de Montréal.

« On a tous une histoire »

Jade Bédard a invité les personnes participantes à réfléchir et échanger sur l’immigration. Des petits bouts de papier sur lesquels étaient inscrits des mots avaient été parsemés sur la table afin de lancer la discussion. Les participants et participantes ont choisi des mots comme combat, distance et silence, mais aussi échange, solidarité et voisin.

Seulement deux participantes étaient nées à l’extérieur du Québec, mais Mme Bédard a rappelé que le but de l’activité était de démontrer qu’« on a tous une histoire ». Les personnes participantes ont donc réfléchi à leur propre parcours afin d’identifier des moments de grand changement, de perte ou d’instabilité.

Un participant a parlé du décès de son grand-père et de comment cela avait servi d’occasion de renouer avec sa famille. Une participante originaire d’Albanie a parlé du deuil professionnel qu’elle a éprouvé lorsqu’elle a quitté son emploi dans son pays d’origine pour venir au Québec. Une autre a parlé du décès soudain de sa mère dans un accident automobile.

Pour Mme Bédard, l’atelier a été un succès.

« Je voulais vraiment que ça passe par un dialogue, par l’histoire pour entendre le cœur d’une personne qui a vécu l’immigration, a-t-elle affirmé en entrevue avec Nouvelles d’Ici. C’est ce qu’on a vécu aujourd’hui. »

Quant à Mme Mukandila, elle a dit avoir apprécié l’occasion de rencontrer de nouvelles personnes et d’entendre leurs histoires. Elle a même échangé son numéro de téléphone avec une des personnes participantes. « J’ai une personne de plus dans ma vie », a-t-elle témoigné en souriant.

Véronique et Pierre Mukandila ont maintenant pour projet d’ouvrir un magasin multiculturel sur la Rive-Sud. S’y trouveront des aliments, des vêtements et d’autres items de plusieurs origines différentes.

La photo en haut de cet article a été prise le 14 décembre 2025 par Jasper Bleho-Levacher.


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Jasper Bleho-Levacher, Initiative de journalisme local
Jasper a couvert les affaires municipales et civiques pour Nouvelles d'Ici dans le cadre de l'Initiative de journalisme local d'août 2025 à mars 2026, quand il a décidé de partir en Colombie-Britannique. Originaire des Laurentides et maintenant résident de l'arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, Jasper est un récent diplômé du programme de journalisme à l’Université Concordia, où il a aussi étudié l’anthropologie. Il a notamment écrit pour Global News ainsi que pour la section francophone du journal étudiant The Concordian. Lorsqu’il ne fait pas de journalisme, Jasper aime faire du backpacking ou apprendre des langues étrangères. Il est fier de travailler pour Nouvelles d’Ici et dans le sud-ouest de l’île de Montréal.