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Pesticides en 2022 : Plus dans nos cours à LaSalle, Lachine et Verdun !

C’est en janvier 2022 que le nouveau Règlement sur la vente et l’utilisation des pesticides de la Ville de Montréal va entrer en vigueur. « Montréal devient ainsi la première municipalité au Canada à bannir complètement la vente des pesticides d’usage domestique sur son territoire » indique le communiqué du 19 août 2021. Il vise à protéger la santé des résidents et résidentes d’ici, mais aussi la biodiversité en ville, tant pour la faune que pour la flore.

Des pesticides dangereux pour la santé humaine et la biodiversité

Plusieurs pesticides présentent des dangers pour la santé humaine. Ainsi, en mars dernier, le gouvernement du Québec a reconnu le lien entre l’utilisation de pesticides en agriculture et la maladie de Parkinson.

En vertu du nouveau règlement, ce sont 109 produits pesticides (herbicides, insecticides, fongicides et rodenticides) qui ne pourront plus être vendus aux citoyens ni utilisés par ceux-ci, sous peine d’amendes. La Ville de Montréal a ciblé les pesticides les plus toxiques, jugés à forts impacts sur la santé humaine et la biodiversité, dont les néonicotinoïdes et le glyphosate.

Néonicotinoïdes : tueurs de pollinisateurs ?

Monarque
Monarque – Crédit photo : KJ

Souvent surnommés « tueurs d’abeilles », les néonicotinoïdes ont fait l’objet de plusieurs études. Elles ont pointé du doigt ces herbicides comme responsables de l’effondrement des populations d’abeilles.

Dérivés de la nicotine, ces herbicides tuent les insectes, dont les pollinisateurs, en s’attaquant à leur système nerveux central.

Ces produits chimiques persistent longtemps dans l’environnement, ce qui explique pourquoi on en retrouve sur les plantes, dans les sols et les cours d’eau.

Deux néonicotinoïdes, le thiaméthoxame et la clothianidine, sont soupçonnés d’avoir des effets nuisibles sur les insectes aquatiques, aussi essentiels au maintien de la chaîne alimentaire.

Néonicotinoïdes et santé humaine ? Montréal choisit la prudence !

Au Québec, les données sur la présence de résidus de néonicotinoïdes dans les aliments et l’eau de consommation sont peu accessibles.

L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) cite cependant une étude, publiée en 2019, sur la présence de 7 néonicotinoïdes dans les aliments aux États-Unis entre 1999 et 2015.

Les résultats de cette étude américaine indiquent que ces insecticides sont principalement détectés dans les fruits et légumes. Ils ne restent pas en surface, mais se distribuent dans tout l’aliment. Il est presqu’impossible de les éliminer par le lavage ou le pelage. Les chercheurs notent que, même si les résidus de ces insecticides respectent habituellement les limites maximales de résidus fixées par l’Agence américaine de protection de l’environnement, « certains aliments avaient des concentrations qui dépassaient ces limites, tels que les tomates, les raisins, les haricots verts et les fraises ». L’étude conclut « qu’il est difficile d’estimer les risques sanitaires de l’exposition alimentaire à ces pesticides, notamment en raison d’un manque de connaissances sur les effets neurologiques et endocriniens ainsi que sur les effets liés au développement ».

Au printemps 2018, la majorité des États membres de l’Union européenne ont voté pour un bannissement presque complet des néonicotinoïdes.

Au Québec, une modification au Code de gestion des pesticides vise à mieux encadrer l’utilisation de ces produits chimiques. Avec son nouveau règlement, Montréal emboîte donc le pas à ces approches prudentes.

Le glyphosate : un cancérigène probable selon l’OMS

Depuis 2015, le glyphosate est classé comme agent cancérigène probable par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Ce désherbant tue toute la végétation, nuisible ou non. Il a été mis au point il y a une quarantaine d’années.

Les pesticides à base de glyphosate sont les plus vendus au monde et au Québec. Les agriculteurs utilisent le glyphosate depuis des décennies, mais les effets qu’il pourrait avoir sur la santé des consommateurs demeurent flous. Selon cet article de Thomas Gerbet, il existe une présomption de liens forte entre le glyphosate et un type de cancer du système immunitaire : les lymphomes non hodgkinien.

Pour les usages domestiques et les espaces publics, la Ville de Montréal indique « qu’une approche prudente et préventive s’impose ».

Lachine, LaSalle et Verdun : gestion centralisée des permis au BTER

Les arrondissements montréalais se préparent activement à l’entrée en vigueur du Règlement sur la vente et l’utilisation des pesticides.

Dans un souci d’efficacité, les arrondissements de LaSalle, Lachine et Verdun délégueront au Bureau de la transition écologique et de la résilience (BTER) la gestion des permis annuels des applicateurs commerciaux de pesticides ainsi que la gestion des registres d’utilisation des pesticides.

Cette gestion centralisée des permis et des registres d’utilisation des pesticides est proposée par la Ville de Montréal comme l’explique ce sommaire décisionnel du conseil d’arrondissement de Verdun du 7 décembre. Des résolutions similaires ont été prises par les élus à LaSalle le 25 novembre et à Lachine le 6 décembre.

La Ville de Montréal considère que cette centralisation permettra un « meilleur encadrement des utilisateurs commerciaux de pesticides et facilitera les procédures pour ces derniers ».

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Céline Belzile
Résidente du Bronx depuis 20 ans, Céline et son mari Claude y ont élevé leurs deux garçons. Biologiste et spécialiste en environnement de formation, Céline a travaillé pour Hydro-Québec pendant 25 ans, à titre de chargée de projets et gestionnaire. Elle a siégé sur plusieurs panels lors de consultations publiques de grands projets hydroélectriques. Elle considère que la participation citoyenne et la communication sont au cœur du dynamisme d'un quartier.