Miguel Doucet, comédien et metteur en scène
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Miguel Doucet : Comédien et metteur en scène, de LaSalle et de Verdun !

Né à LaSalle et résident de Verdun, Miguel Doucet se définit comme “un petit gars de l’Ouest”. Pas à l’opposé de l’Orient où débute l’histoire de sa dernière mise en scène, Little Boy (La Passion), dont la première a eu lieu au centre Henri-Lemieux de LaSalle le 8 mars. Non, l’Ouest que revendique le comédien et metteur en scène dans sa quarantaine est… celui de Montréal !

Un comédien d’ici, fasciné par les textes d’ailleurs pour ses mises en scène

“J’ai toujours eu une fascination pour le Japon : je trouve que l’on peut se reconnaître dans les œuvres japonaises” lance le LaSallo-Verdunois avant de préciser que Japon et Québec lui semblent partager une même quête, retenue, d’identité et d’individualité. C’est cette fascination pour l’ailleurs en général et le Japon en particulier qui l’a poussé à faire ses premiers pas en mise en scène. Cette première rencontre avec la discipline s’est faite lors d’un stage d’observation auprès de Carl Béchard qui montait Au-delà du rire, une pièce de Koki Matani. 

Portrait de Miguel Doucet
Miguel Doucet – Crédit photo : Hugo B. Lefort

“C’est pour jouer que je suis allé dans le milieu artistique” tient à préciser le diplômé en art dramatique, profil jeu de l’UQÀM (2005). S’il a fini par se laisser apprivoiser par la mise en scène, il n’a jamais délaissé le jeu pour autant. Aujourd’hui, il se rappelle l’enfant unique qu’il était et qui racontait des histoires avec ses petits bonhommes, en jouant tout seul. “Ce n’est pas très différent de la mise en scène, si ce n’est que les acteurs sont à taille humaine et parlent !” reconnaît-il avec humour.  

Quand Miguel Doucet dirige des comédiennes et des comédiens, il choisit le plus souvent des œuvres d’autres horizons comme le Pérou avec Trois histoires de mer de Mariana de Althaus ou le Japon avec Les Abeilles de Yôko Ogawa. La diversité sous toutes ses formes et dans toute sa richesse est au cœur des productions de sa compagnie de théâtre créée à Verdun en 2006, Globe Bulle Rouge. Centrée sur le monde, éphémère, passionnée et engagée, cette troupe d’ici s’est donné pour mission de “transporter de l’oxygène dans notre société” comme aime à le souligner son fondateur. 

Un artiste en amour avec la riche diversité de LaSalle et de Verdun

Interrogé sur ce parti pris de porter la voix des gens d’ici nés ailleurs, Miguel Doucet confie qu’on lui a déjà dit de “retourner dans mon pays… à cause de mon prénom latino !” Une expérience ponctuelle pour ce fils d’un Michel et d’une Micheline, tombés en amour avec le Mexique lors de leur voyage de noces à Acapulco quelques mois avant la naissance de Miguel. 

Petit-fils d’un col bleu qui a travaillé comme soudeur à Ville LaSalle, l’artiste a surtout pu voir la richesse de tous les gens d’ici en grandissant près de la 90e avenue. Une expérience quotidienne à l’école Laurier-MacDonald puis au cégep André-Laurendeau qu’il a fréquenté après son secondaire au Collège Héritage sur la rive sud quand il vivait chez ses grands-parents. 

“Quand je faisais mon double DEC en sciences humaines et arts visuels à André-Laurendeau, on se donnait souvent rendez-vous sur la Well avec ma mère” se rappelle M. Doucet qui, enfant, avait toujours rêvé d’habiter à Verdun. Lorsqu’il partageait son intention de s’y installer un jour, à la fin des années 1990, ils étaient nombreux à lui dire : “arhk, c’est loin, ne va pas à Verdun !”

Aujourd’hui, Miguel Doucet se dit chanceux d’avoir pu poser ses valises dans l’arrondissement verdunois, l’endroit idéal pour un artiste. “J’aurais aussi aimé présenter Little Boy (La Passion) à Verdun, mais je suis vraiment heureux d’avoir la chance de faire la première à LaSalle”. La pièce sera aussi présentée à Rosemont, Pointe-aux-Trembles, Côte-des-Neiges, sur le Plateau et dans le Sud-Ouest.  

À propos de Little Boy (La Passion) présenté à La Maison de la Culture Marie-Uguay dans le Sud-Ouest le 13 mars

Affiche de Little Boy (La Passion)
Affiche de Little Boy (La Passion) – Crédit photo : Catherine Barlow (graphisme) et Louise Lemay Photographe

Quelques instants avant de larguer la bombe sur Hiroshima, le pilote américain George Kane Aperçoit une jeune femme japonaise par son hublot. Cette vision le possède. De retour aux États-Unis, il ne supporte pas d’être accueilli en héros. Il lui est impossible de renouer avec sa vie d’avant : il fuit le contact des siens, notamment de sa femme Fanny, et se fait appeler Little Boy, le nom donné à la bombe atomique.

À la radio, Kane entend Albert Camus, qui est alors le seul intellectuel occidental à dénoncer Hiroshima, et décide de partir pour la France.Vingt-cinq ans plus tard, une jeune fille enquête au Centre de la mémoire d’Hiroshima. Elle y découvre l’identité de ses parents; son père est un officier américain du nom de George Kane. Elle le retrouve à Paris dans une chambre d’hôtel.

Mosaïque aux visages multiples, le récit de George Kane procède par recoupements de témoignages. C’est la voix intérieure de chaque personnage qui relate son incroyable épopée.

La photo de Miguel Doucet en haut de cet article est une composition d’une photo d’Alain Fournier et d’un caméo d’une répétition de Little Boy (La Passion) prise par Marie Eve Tardy et utilisées avec la permission de Miguel Doucet.

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Karine Joly
Résidant dans le Bronx à LaSalle depuis 2004, Karine y a fondé sa famille et son centre de formation en ligne pour les professionnels du digital dans les universités. Journaliste locale en presse écrite et radio au début de sa carrière en France, elle a aussi été la rédactrice en chef de la section "Cities & Towns" d'une grande dot com américaine à New York. C'est la pandémie qui l'a amenée à lancer Nouvelles d'Ici avec une autre citoyenne de son quartier en octobre 2020.