MDJ RadoActif-Ville-Émard-Nouveau local-Janvier 2025.
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La Maison des jeunes RadoActif retrouve un toit à Ville-Émard

Après trois années d’errance et de frustrations, la Maison des jeunes (MDJ) RadoActif, située à Ville-Émard dans Le Sud-Ouest, a enfin retrouvé un toit.

RadoActif a puisé dans ses finances pour louer depuis le 18 janvier un petit local au 6443, rue Laurendeau, un ancien commerce de 400 pieds carrés. Ce nouvel espace permettra d’assurer un minimum d’activités et de maintenir le contact avec les jeunes, en attendant un local promis par l’Arrondissement.

La MDJ sera prochainement domiciliée au futur centre Hortense-Duclos, tout comme d’autres organismes communautaires du quartier. L’Arrondissement du Sud-Ouest procède à des travaux de réaménagement de ce bâtiment situé au 5599, rue Laurendeau, vacant depuis 2019.

La finalisation des travaux et l’ouverture du site sont prévues pour 2025, mais aucune date précise n’a encore été avancée par l’Arrondissement.

Au sujet de l’état du chantier du centre, l’Arrondissement est en processus d’acceptation des travaux effectués par l’entrepreneur, indique par courriel le Service des communications. 

Les conditions de chantier ont requis des travaux supplémentaires. « La date d’ouverture du bâtiment sera confirmée ultérieurement, mais déjà, les futurs organismes occupants ont pu visiter les lieux en avant-première », ajoute l’Arrondissement.

MDJ sans adresse

En juin dernier, la MDJ RadoActif devait quitter l’espace où elle était provisoirement hébergée à l’école secondaire Honoré-Mercier depuis un an et demi. Les jeunes ont alors perdu leur port d’attache.

C’était également une période de changements au sein de la direction et du conseil d’administration. Christelle Onomo-Lopes a pris ses fonctions en tant que directrice générale à temps partiel de RadoActif et le conseil a été renouvelé presque entièrement.

Le Centre Hortense-Duclos, sur la rue Laurendeau, est toujours en chantier.

Cette nouvelle équipe est déterminée à surmonter les défis qui se présentent. Cependant, quels que soient la vision et les projets envisagés, il est impossible de se projeter sans un toit.

Dans une entrevue avec Nouvelles d’Ici, Mme Onomo-Lopes a expliqué qu’à son arrivée, la MDJ n’avait aucune certitude quant à la date de récupération du nouveau local, chaque échéance étant repoussée.

« Donc, ça a pris quand même des réflexions […] et on a fini par prendre la décision de prendre un petit bureau. Quelque chose entre les deux, si jamais on avait encore une réponse négative », confie la directrice.

Résilience face à l’adversité

Depuis le début de l’été, les activités se déroulent dans des parcs ou parfois dans des bibliothèques. L’équipe d’encadrement a su éviter les interruptions, malgré des conditions précaires.

« J’ai fait du plancher avec mes intervenants dans le parc toute la journée. Pas de toilettes. Pour moi, c’était quand même des conditions très désagréables, voire insupportables, quand on arrive à la direction », raconte Mme Onomo-Lopes.

Il est d’autant plus important de prendre en compte les besoins spécifiques de la population adolescente, ajoute-t-elle. « Quand on voulait avoir des discussions un peu plus intimes, on n’avait pas ces possibilités-là », décrit-elle

La situation de la MDJ RadoActif a suscité frustration et colère chez les jeunes de Ville-Émard, à tel point qu’une manifestation avait été envisagée pour faire entendre leurs voix. Néanmoins, le personnel de la MDJ a réussi à désamorcer cette tension et la nouvelle direction a réussi à ouvrir un local, même modeste.

Les enjeux à Ville-Émard

Les conditions de vie à Ville-Émard sont préoccupantes et les jeunes doivent faire face à des problèmes sociaux inquiétants, souligne la nouvelle directrice de RadoActif.

« L’enjeu qui revient souvent, c’est le niveau de délinquance qui s’accentue, le niveau aussi de vol qu’il y a, que ce soit dans les petits commerces ou bien des jeunes qui flânent dans les parcs, explique-t-elle. C’est tout ça qui nous inquiète. Aussi, le niveau de consommation de drogue des jeunes. »

« Le plus important, c’est qu’ils trouvent la bonne personne pour les aider à avancer dans leurs problématiques. Donc, si on est toujours en train de dire qu’il y a des jeunes qu’on n’arrive pas à rejoindre, c’est parce qu’il faut plus de monde définitivement, plus de moyens », souligne la directrice.

Dans un communiqué diffusé le 14 octobre 2024 à l’occasion de la Semaine des maisons des jeunes du Québec, le Regroupement des maisons des jeunes du Québec (RMJQ) affirme que le manque de financement en provenance de Québec est « tout simplement inacceptable ».

Le groupe décrit que dans le cadre du budget 2023-2024, les 243 MDJ membres du RMJQ ont chacune reçu une enveloppe moyenne de 175 000 $. Cela représenterait un déficit de 515 000 $ par organisme, dont les besoins individuels se chiffrent à plus de 691 000 $.

Les photos dans cet article ont été prises par Nouri Nesrouche le 20 janvier 2025.


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Nouri Nesrouche
Nouri Nesrouche a couvert l’actualité pour Nouvelles d’Ici grâce à la Bourse média de la Fondation canadienne des relations raciales de juin 2024 à juin 2025. Il pratique le journalisme depuis 23 ans. Après avoir travaillé pour deux grands titres francophones en Algérie, il a intégré la rédaction de Nouvelles d’Ici en juin 2024. Durant sa carrière, Nouri a produit de grands reportages, notamment à l’étranger, des chroniques politiques, et beaucoup d’informations de proximité. En plus de la politique et des affaires civiques, il s’intéresse beaucoup à la culture.