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Maison de la culture de Verdun : des ateliers de slam gratuits animés par Ivy

Cinq personnes ont assisté au deuxième d’une série de trois ateliers de slam offerts par l’artiste Ivan Bielinski – alias Ivy –, le 19 mai de 18h à 20h à la Maison de la culture de Verdun. Ces apprentis slameurs et slameuses sont initiés à l’écriture et à la livraison orale d’un slam en vue de donner une prestation devant public le 25 septembre sur la scène du Quai 5160 de Verdun.

Devant un tableau blanc, Ivy enseigne la prosodie à l’auditoire à partir du vers d’Émile Nelligan : « Ah ! Comme la neige a neigé ! » Sur quelle syllabe faut-il insister lors de la prononciation de ce vers ? Si la dernière syllabe du vers se ne se termine pas par un e muet, comme c’est le cas ici, il faut l’accentuer. Dans le cas contraire, on n’insistera pas sur la dernière syllabe. On alterne entre une syllabe accentuée et une syllabe non accentuée pour déterminer la diction du reste du vers. Idéalement, un vers doit commencer par une syllabe accentuée.

Ivy explique aussi qu’un slam s’adresse forcément à un public, ce qui doit être pris en compte lors de l’écriture. Il est ainsi préférable d’écrire un slam au présent. Un slam est conçu pour être clamé. Ainsi, toutes les tournures de phrases qui fonctionnent à l’oral sont possibles.

L’artiste poursuit en expliquant le fonctionnement de la rime, « superstar de l’oralité », selon lui. D’ailleurs, « pourquoi rimer juste les fins de vers ? Tu peux rimer les milieux de vers ! », relève le slameur. Malgré cela, la rime « est dangereuse, parce qu’elle a des siècles et des siècles d’usage », dit-il. Il vaut mieux faire rimer des mots de nature et de fonction différentes, « sinon, ça n’ajoute rien. Ça alourdit. »

À propos de la métaphore, Ivy précise que c’est un mot qui vient du grec et signifie « transporter ». « C’est ça qui m’intéresse dans la métaphore, en fait. À chaque fois que ça [transporte], pour moi, c’est une métaphore », avance Ivy. La métaphore filée permet de tenir le public attentif, affirme-t-il. Une image doit être forte et précise, elle n’est pas là juste pour faire joli. 

« La mort est un éclair sans lumière.» C’est un exemple de métaphore qu’utilise souvent Ivy, trouvée par une élève en 6e année de primaire à qui il donnait un atelier. « Je me suis exclamé devant elle : « Mais tu sais-tu combien de poètes auraient vendu leur mère pour ce que tu viens de dire ? C’est incroyable !” », relate Ivy. 

Qu’est ce que le slam ?

L’année 2026 marque les 20 ans de la scène slam à Montréal. Fondateur de Slamontréal en 2006 et de la Ligue québécoise de slam en 2007, Ivy fait partie de cette scène-là depuis ses premiers balbutiements.

Ce dernier déplore que l’information sur le slam circule mal. Selon lui, les gens n’ont pas l’air de savoir exactement ce qu’est le slam : « Ils vont dire Grand Corps malade ou alors David Goudreault, ils vont citer des personnes mais, pour eux, c’est comme un genre de poésie ».

D’après Ivy, deux éléments caractérisent le slam. C’est d’abord une forme de poésie qui est accessible, qui se rend au-delà des cercles littéraires afin de « rejoindre le plus de gens possible et de tous horizons ». Mais, l’artiste estime également que le poème doit être traité comme une partition, « un peu comme un texte de chanson, un texte de pièce de théâtre » pour « que la performance sur scène soit dynamique ».

Le slam, c’est aussi un spectacle codifié, dit Ivy : trois minutes par prestation, pas d’accessoires, cinq personnes qui votent pour la meilleure performance. Ces juges sont des membres du public, et non des spécialistes. « Ça induit toute une mécanique vraiment trippante qui fait que tu fais ça pour les autres, finalement. C’est comme un don. »

Grande finale montréalaise en octobre

Pendant la pandémie, Ivy s’est dit qu’il fallait organiser des évènements de slam pour rejoindre les gens. « Nous, on fait du slam au Verre Bouteille [le bar-spectacle sur le Plateau-Mont-Royal], mais tout le monde ne va pas au Verre Bouteille », précise-t-il. Il a donc pris contact avec les maisons de la culture de Montréal pour proposer cette formule « atelier ». C’est ainsi qu’est né en 2024 le « parcours citoyen ».

« Toutes les scènes devraient être comme les maisons de la culture, pense-t-il. Ça coûte presque rien, pratiquement rien d’y aller […] et ça propose un éventail incroyable d’art qui n’est pas nécessairement basé sur la vente, sur quel est l’artiste le plus populaire, et c’est de proximité. C’est exactement ça, le slam. »

Tout comme à Verdun, les maisons de la culture Rosemont–La Petite-Patrie, Claude-Léveillée et Ahuntsic tiennent des ateliers semblables avec leurs propres finales locales. Une à deux personnes représenteront leur arrondissement à la finale montréalaise des maisons de la culture, en octobre 2026, une finale ouverte au public.

La photo de couverture est une photo d’archives. Elle a été prise par Mariana Guaiato Ferreira Silva et Ana Clara Lages Possidônio en février 2026 lors d’une joute de slam à l’école secondaire Caroline-Dawson.


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Théo Bou Eid
Résident de Verdun depuis 2021 et diplômé du baccalauréat en journalisme de l’UQAM, Théo Bou Eid couvre l'actualité locale pour Nouvelles d'Ici. Il a collaboré en tant que reporter avec le journal Montréal Campus et la station de radio CHOQ.ca. Il a aussi été correcteur d’articles pour le magazine L’Apostrophe. Le journalisme était le choix de carrière évident pour lui, curieux de nature et passionné d’écriture. Théo suit également des cours de piano classique à la Coopérative des professeurs de musique de Montréal, et rêve de se produire sur scène avec un orchestre.