Des centaines de personnes étaient présentes au concert de l'OM au parc West-Vancouver.
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L’OM au parc West-Vancouver de L’Île-des-Sœurs : un concert de proximité

« Merveilleux », « on a une chance inouïe d’avoir ça », « c’est facile d’aller avec les chiens, avec les enfants »… Interrogés par Nouvelles d’Ici, plusieurs membres du public ont souligné la facilité d’accès du concert en plein air gratuit de l’Orchestre métropolitain (OM) le 7 août au parc West-Vancouver, à L’Île-des-Sœurs, sous la baguette de la cheffe d’orchestre Léa Moisan-Perrier.

« Ça fait vraiment partie de la mission de l’Orchestre métropolitain d’aller à la rencontre des gens, d’aller dans les arrondissements puis […] de rejoindre le plus grand public possible », soutient Mme Moisan-Perrier.

En plus de deux grands opus du répertoire symphonique que sont Peer Gynt Suite no 1 d’Edvard Grieg, incluant le très reconnaissable mouvement Dans l’antre du roi de la montagne, et la Symphonie no 9 « Du Nouveau Monde » d’Antonín Dvořák, le public de plus d’un millier de personnes a eu l’occasion de découvrir deux autres trésors cachés de la musique classique, soient la Rêverie du compositeur québécois Guillaume Couture et l’Ouverture no 3 de la compositrice allemande Emilie Mayer.

La cheffe d’orchestre mentionne que l’OM se donne pour mission de faire découvrir la musique classique québécoise et celle composée par les femmes. « C’est vraiment des valeurs fortes qui guident toute la programmation pendant l’année », dit-elle.

Invitation à découvrir une œuvre de l’une des rares compositrices du 19e siècle, Emilie Mayer

Au 19e siècle, quand Emilie Mayer a composé l’Ouverture no 3, les compositions créées par les femmes étaient souvent limitées à la sphère domestique, avec des ensembles composés d’un maximum de cinq musiciens, selon la cheffe d’orchestre de l’OM. Les compositrices n’avaient pas d’accès aussi privilégié que leurs confrères à des orchestres symphoniques. 

Surnommée la « Beethoven au féminin », Emilie Mayer a hérité de la richesse de ses parents, tous deux décédés alors qu’elle avait encore 28 ans. Elle a pu faire jouer sa musique par des orchestres et la faire connaître à travers l’Europe grâce à cet héritage. 

« Emilie Mayer a composé huit symphonies, un concerto pour piano, un opéra, une quinzaine d’ouvertures, tout ça pour grand orchestre. Donc, c’est assez exceptionnel », relève Mme Moisan-Perrier, qui décrit son Ouverture no 3 comme une œuvre dont le mouvement allegro (rapide) est « vraiment pétillant ».

Le concert s’est conclu par sa « pièce de résistance » : la Symphonie no 9 de Dvořák. « C’est sûr que la Symphonie “Du Nouveau Monde”, je l’adore, parce qu’elle est magnifique », dit sans détour Mme Moisan-Perrier. Compositeur tchèque, Dvořák a écrit cette symphonie alors qu’il était invité à enseigner aux États-Unis. 

« Mais sa patrie lui manquait », raconte la cheffe d’orchestre. Avec son second mouvement empreint de nostalgie et ses motifs inspirés du folklore natal de Dvořák, c’est une symphonie « pleine de couleurs », d’après Mme Moisan-Perrier, qu’a écoutée le public.

Léa Moisan-Perrier dirige la Symphonie no 9 de  Dvořák.
Léa Moisan-Perrier dirige la Symphonie no 9 de Dvořák. Crédit photo : Théo Bou Eid

Impressions du concert

Résidente de L’Île-des-Sœurs et amatrice de musique classique, Marie-France Mckerrow a trouvé le concert « merveilleux » et a particulièrement été émue par la Symphonie no 9. Elle apprécie ces rendez-vous estivaux car cela lui permet de profiter de la musique tout en rencontrant ses amis, bien qu’elle aurait aimé que des chaises soient fournies pour le public.

Hellen Vasques, Evelyne Sampaio et Tiago Coelho sont venus en trio assister au concert. Mme Sampaio et M. Coelho s’accordent pour dire qu’ils ont préféré le morceau de Grieg. Mme Sampaio y a apprécié le contraste entre La mort d’Åase et Danse d’Anitra, deux mouvements de Peer Gynt Suite no 1 : « Il y avait un gros changement : au début c’était triste, vraiment triste et, après, c’était joyeux ».

« J’aime cette initiative, pense pour sa part Mme Vasques. C’est facile d’aller avec les chiens, avec les enfants, avec tous les gens », constate-t-elle. 

Mme Sampaio apprécie les événements culturels en général, ce qui l’a poussée à assister au concert et à y inviter ses deux amis. Elle souhaiterait que davantage d’événements de ce type soient organisés, tous domaines culturels confondus, comme par exemple la danse.

Conseillère de Ville au district Champlain–L’Île-des-Sœurs, Andréanne Moreau souligne que, bien que de telles productions soient coûteuses à organiser, sans pouvoir en préciser le budget exact à Nouvelles d’Ici, elles sont essentielles. Mme Moreau ajoute que ce genre d’expérience en plein air est difficile à reproduire dans d’autres villes. « On a une chance inouïe d’avoir ça. »

La gratuité du concert en fait un attrait supplémentaire, selon elle. « Cette accessibilité-là est au cœur de la mission de l’OM, puis elle est au cœur de ce qu’on fait à la Ville de Montréal à la culture aussi », fait valoir celle qui a également travaillé aux relations publiques de l’OM. « Il y a quelque chose dans la musique symphonique qui apaise les mœurs, on dirait. »

La photo de couverture a été prise par Théo Bou Eid le 7 août 2026.


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Théo Bou Eid
Résident de Verdun depuis 2021 et diplômé du baccalauréat en journalisme de l’UQAM, Théo Bou Eid couvre l'actualité locale pour Nouvelles d'Ici. Il a collaboré en tant que reporter avec le journal Montréal Campus et la station de radio CHOQ.ca. Il a aussi été correcteur d’articles pour le magazine L’Apostrophe. Le journalisme était le choix de carrière évident pour lui, curieux de nature et passionné d’écriture. Théo suit également des cours de piano classique à la Coopérative des professeurs de musique de Montréal, et rêve de se produire sur scène avec un orchestre.