Araignée crabe
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Les araignées d’ici ? D’amicales voisines à contrôler !

Article mis à jour le 30 juin pour corriger le prénom de la relationniste de la Ville de Montréal.

À LaSalle, Lachine et Verdun, la proximité du fleuve Saint-Laurent nous permet d’observer une grande biodiversité, notamment avec plusieurs espèces d’insectes. Quand les populations d’insectes sont importantes, les araignées sont abondantes. Redoutables prédatrices, elles se nourrissent de moustiques et d’autres bestioles nuisibles. Mais, les araignées inspirent aussi la crainte et le dégoût pour bien des gens qui font tout pour les tenir à distance.

Comment garder les araignées à distance à Lachine, LaSalle et Verdun ?

Une araignée épeire diadème au centre de sa toile
Une araignée épeire diadème au centre de sa toile
Crédit photo : Céline Belzile

Voici des moyens tout simples qui ne nuiront pas à l’environnement.

Les experts d’Espace pour la vie recommandent les trucs suivants :

  1. Balayez sous vos corniches afin de déloger les toiles. La destruction journalière des toiles incite les araignées à s’installer ailleurs, car sans ce piège collant, l’animal ne peut plus attraper de proies pour se nourrir.
  2. Limitez les éclairages de nuit autour de votre demeure : la lumière vive attire les insectes et les araignées qui s’en nourrissent.
  3. Inspectez ce que vous apportez dans votre maison : diverses espèces peuvent être transportées avec du bois de chauffage, des plantes, des vêtements ou d’autres objets ayant séjourné à l’extérieur. 
  4. Bouchez les fissures et les trous sur les murs extérieurs de la maison, ainsi qu’autour des portes et des fenêtres. Ajoutez des moustiquaires aux portes, fenêtres et bouches d’aération.
  5. À l’intérieur, utilisez l’aspirateur ou un balai pour éliminer les toiles et les abris de soie.

Attention au règlement sur l’utilisation des pesticides à Montréal

Si vous tenez absolument à traiter votre propriété pour chasser les araignées, n’oubliez pas que des règles strictes encadrent maintenant le contrôle de ces indésirables sur le territoire de la Ville de Montréal.

Le nouveau Règlement sur la vente et l’utilisation des pesticides (21-041) indique que « seul un biopesticide ou un produit composé d’une matière active autorisée peut être utilisé ». Une compagnie d’extermination locale nous a confirmé asperger les propriétés avec un savon insecticide sécuritaire lors d’un appel téléphonique.

« L’utilisation de pesticides de synthèse pour contrôler les araignées à l’extérieur des bâtiments n’est plus permise depuis 2015 à Montréal », rappelle Mélanie Dallaire. La relationniste de la Ville de Montréal a également souhaité rappeler que « tout pesticide comporte des risques. En plus de tuer l’espèce visée, ces produits peuvent contaminer d’autres organismes de la chaine alimentaire et polluer l’eau, l’air et le sol, nuisant ainsi à la biodiversité ».

Les araignées d’ici ? Des créatures utiles et fascinantes quand on apprend à les connaître !

Loin d’être des organismes nuisibles, les araignées rendent de nombreux services dans nos jardins. « Il faut se rappeler que les araignées sont des prédateurs voraces qui consomment d’importantes quantités d’insectes. En s’alimentant, elles régularisent les populations et assurent une forme de contrôle biologique dans plusieurs milieux naturels et agricoles. Elles jouent, par surcroît, un rôle important dans le contrôle des insectes nuisibles, même en ville », souligne Mme Dallaire dans son courriel.

Pour André-Philippe Drapeau Picard, préposé aux renseignements entomologiques de l’Insectarium, les araignées sont une passion. Dans le cadre de ses études de maîtrise, le biologiste-entomologiste a appris à les connaître et à les aimer. Nombreuses, présentes partout et très diversifiées, les araignées ont servi d’indicateurs écologiques pour ses recherches sur la restauration des tourbières à Saint-Fabien-sur-Mer.

Nombreuses, mais pas dangereuses

« Au Québec, il existe plus de 700 espèces d’araignées, réparties dans une centaine de familles et chez nous, aucune n’est dangereuse », nous explique M. Drapeau Picard.

Elles ont toutes du venin dans leurs crocs, qu’on appelle des chélicères, mais ce venin est, ici, sans danger pour nous. Ce poison n’a pour objectif que de paralyser leurs proies afin que les araignées puissent se nourrir. Ces bibittes à huit pattes ne sont pas agressives : elles n’attaquent pas mais se défendent lorsqu’elles se sentent menacées.

Elles ne piquent pas mais mordent leurs proies. Cependant, leurs crochets sont trop petits et fragiles pour transpercer notre peau. Si d’aventure une grosse araignée d’ici vous mordait pour se défendre, la douleur serait passagère et semblable à la sensation d’une brûlure.

Techniques de chasse à 8 pattes

« Pour chasser, l’araignée utilise deux techniques : la toile ou l’affut », nous explique M. Drapeau Picard.

Araignée dolomedes ténébreuse
Araignée dolomedes ténébreuse – Crédit photo : Jean-Marc Lacoste

L’épeire diadème ou araignée porte-croix, en référence à la croix blanche dessinée sur son abdomen brun, est une grande artiste du tissage. Sa toile très géométrique, « fonctionne comme un « purificateur d’air », qui filtre les moustiques, mouches noires, guêpes et autres insectes volants », indique M. Drapeau Picard. Immobile au centre de sa toile, l’épeire diadème est très commune dans nos quartiers et facile à observer.

D’autres espèces chassent à l’affut, comme l’araignée loup, l’araignée sauteuse et l’araignée crabe », explique l’entomologiste. « L’araignée crabe, l’une des plus communes, est très belle ». De couleur blanc-crème, parfois avec un peu de vert, son abdomen est bordé de deux bandes roses. Au corps aplati, elle se cache dans les fleurs ou sous les feuilles pour attendre sa proie.

La plus grosse araignée au Québec ? La dolomède ténébreuse, communément appelée l’araignée de quai, parce qu’elle fréquente le bord des lacs, rivières et ruisseaux. Pouvant atteindre jusqu’à 2,8 cm (sans les pattes !), elle chasse à la surface de l’eau les petits organismes aquatiques, des petits poissons et même des têtards !

D’où vient la peur des araignées ? La faute à l’ADN et… aux médias ?

Si la peur des araignées est acquise en bonne partie à travers notre bagage culturel, elle se serait aussi exprimée génétiquement, au fil de notre évolution. La peur des araignées s’est propagée parmi les descendants des heureux (mais peureux) survivants.

Dans le cadre de son travail à l’Insectarium, André-Philippe Drapeau Picard participe d’ailleurs à une vaste recherche sur le rôle des médias dans la perception négative que nous avons des araignées. Une étude initiée par un autre passionné d’araignées, le chercheur italien, Stefano Mammola. Un article scientifique devrait d’ailleurs être publié sous peu dans la revue Current Biology.

La photo en haut de cet article a été prise par Jean-Marc Lacoste. Il s’agit d’une araignée crabe saisie en pleine chasse.

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Céline Belzile
Résidente du Bronx depuis 20 ans, Céline et son mari Claude y ont élevé leurs deux garçons. Biologiste et spécialiste en environnement de formation, Céline a travaillé pour Hydro-Québec pendant 25 ans, à titre de chargée de projets et gestionnaire. Elle a siégé sur plusieurs panels lors de consultations publiques de grands projets hydroélectriques. Elle considère que la participation citoyenne et la communication sont au cœur du dynamisme d'un quartier.