Le kiosque vert d’Éco-quartier Lachine ne passait pas inaperçu, vendredi dernier, près du Lieu historique national du Commerce-de-la-Fourrure-à-Lachine. Dans le cadre du dixième anniversaire du Blitz international de suivi du monarque, des passionnées de ce papillon ont informé la population sur les façons de protéger cette espèce menacée.
C’est en décembre 2023 que le monarque a été officiellement considéré comme une espèce « en voie de disparition », sa population ayant diminué de plus de 85 % depuis les deux dernières décennies.
Créé en 2016 à l’Insectarium de Montréal, le Blitz monarque se veut un événement de science participative qui rassemble des milliers de personnes sur tout le continent nord-américain qui tentent d’identifier les zones prioritaires pour la conservation du monarque.
Jusqu’au 9 août, différentes activités sont proposées autour de ce papillon emblématique, dont celle de la semaine dernière à Lachine.
Une trousse de mission pour le public
Postées à côté de la piste cyclable du canal de Lachine, Inès Pendu, chargée de projet en agriculture urbaine et biodiversité à l’Éco-Quartier Lachine, de même que Marianne Cognyl-Fournier et Amélie Chambon, toutes deux de la Patrouille verte, abordaient les cyclistes ou autres personnes de passage avec leur documentation.

À leur kiosque, elles remettaient une petite « trousse de mission » aux personnes intéressées dans laquelle se trouvait notamment un formulaire d’observation d’asclépiade sur le terrain, les quatre espèces d’asclépiade présentes au Canada (commune, incarnate, tubéreuse et très grande) et des fiches détaillant les différentes étapes de vie du monarque.

« L’année dernière, on avait fait un atelier sur le toit vert de l’Éco-quartier pour montrer aux gens comment identifier les asclépiades [la seule source d’alimentation du monarque], mentionne Inès Pendu. Cette année, on voulait faire ça différemment avec un kiosque qui nous permet de toucher encore plus le grand public. »
En quatre heures vendredi après-midi, les représentantes estiment avoir parlé de Mission monarque à près de 50 personnes qui sont passées près du kiosque.

Objectif de 10 000 participants pour la 10e édition
Nouvelles d’Ici a croisé quelques curieux sur place vendredi, dont Bruno Fournier, de Dorval. Bien au courant de l’importance de l’asclépiade pour le monarque, M. Fournier a même mentionné manger les fleurs de cette plante, qui goûtent « un peu entre l’asperge et le petit pois ».
Un cycliste de Lachine, André Lavigne, s’est informé de la situation difficile du monarque, tout comme deux jeunes employés de Parcs Canada, Jad Bensadek et Amin Tarabichi, qui ne connaissaient pas l’asclépiade. « On ne travaille pas dans ce coin-ci, mais plus loin sur le canal », ont-ils justifié, avant de se faire dire qu’il y avait de l’asclépiade aussi ailleurs.

Pourquoi doit-on absolument protéger le monarque? « C’est très important pour la biodiversité, répond Inès Pendu. C’est un pollinisateur qui voyage beaucoup du Mexique au Canada. Il symbolise un peu le fait de briser les frontières. »
Organisateur du Blitz international de suivi du monarque, Espace pour la vie espère atteindre 10 000 participants pour cette 10e édition. L’an dernier, 9000 personnes ont partagé des milliers d’observations.
Redonner de l’amour à l’asclépiade
Longtemps mal-aimées, parce que certaines de ses espèces sont envahissantes, les asclépiades reçoivent maintenant un peu plus d’amour. Si elles devaient disparaître, cela signifierait aussi la fin du papillon monarque.
Inès Pendu a montré à Nouvelles d’Ici comment identifier un plant d’asclépiade dans la nature. Par hasard, on en retrouvait plusieurs tout près du kiosque. Un monarque est même venu faire son tour!
« L’asclépiade est la seule chose que le monarque mange, mentionne Mme Pendu. C’est très important pour les œufs, parce que le monarque les dépose sur l’envers de la feuille. C’est l’une des rares plantes où il trouve suffisamment de nutriments pour déposer ses œufs. »

Collecte de données pour les scientifiques
La population peut faire sa part pour préserver l’asclépiade en les recensant sur un site. « Il y a une collecte de données qui est faite pour les scientifiques, indique la chargée de projet. C’est toujours utile de savoir qu’il y a une grosse plate-bande d’asclépiade à Lachine, par exemple. Ça permet de recenser les endroits d’hivernage pour les papillons. »
Inès Pendu explique que l’asclépiade a souvent été considérée comme une mauvaise herbe par des jardiniers. « Mais, quand on est un amoureux de la nature et des plantes, c’est vraiment important de planter des vivaces indigènes que la faune peut consommer parce que, sinon, on perd une biodiversité. »
Photo couverture prise le 31 juillet lors de la Mission monarque à Lachine. De gauche à droite, Inès Pendu, chargée de projet en agriculture urbaine et biodiversité à l’Éco-quartier Lachine, de même que Marianne Cognyl-Fournier et Amélie Chambon, toutes deux de la Patrouille verte. Crédit photo : Raphaël Gendron-Martin
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