En tant que partenaire du festival des étudiantes et étudiants en communication du cégep André-Laurendeau de LaSalle, notre rédaction a remis, le 30 mai 2024, le Prix coup de cœur Nouvelles d’Ici à Alexandrine Lefebvre pour son portrait de Bruce Richardson, un ancien joueur de hockey professionnel natif du quartier Saint-Pierre dans l’arrondissement de Lachine.
Le bruit des fracas de bâtons sur la glace, les rondelles qui frappent les poteaux et les cris des partisans. Il y a aussi parfois le bruit sourd d’une grosse mise en échec. Voilà l’environnement dans lequel Bruce Richardson a évolué. Plongé dans le monde du hockey dès sa naissance, il partage aujourd’hui sa passion pour ce sport et son engagement pour la santé des joueurs.
Le natif de Ville Saint-Pierre, maintenant fusionnée à Lachine, est un ancien joueur de hockey professionnel qui a joué 14 années au poste de centre avant d’occuper le poste d’entraîneur-chef pour les Tigres de Victoriaville et l’Armada de Blainville-Boisbriand de la LHJMQ.
Tout a commencé de façon précoce pour lui. « Ici, à trois ans, tu marches, mais tu patines aussi ! Ensuite, tu développes ta passion, ou pas. Pour moi ça a été instantané », dit Bruce Richardson. Sa passion venant de son père, Richardson passait ses journées à l’aréna pour perfectionner son coup de patin ou encore ses feintes.
Plus tard dans sa carrière, il avoue avoir changé son style de jeu pour y intégrer le côté physique. « J’étais rendu à jouer le rôle du gars fatiguant. Avec mon 5 pieds 8 et 175 livres, il fallait que j’apporte quelque chose de différent à mon jeu et ça a été mes habiletés physiques. Je me suis souvent retrouvé dans des situations où je devais laisser tomber les gants », affirme-t-il. Par le passé, la LNH n’était pas aussi stricte quand il s’agit de sanctionner les joueurs impliqués dans des bagarres. Il pouvait s’en suivre de graves conséquences.

Les répercussions du jeu physique
Dans le feu de l’action, Bruce Richardson dit n’avoir jamais pensé aux conséquences de ses bagarres lorsqu’il jouait. « À y repenser aujourd’hui, c’est sûr qu’il y a plein de choses que je ne referais pas », admet-il. Il n’avait pas une carrure de colosse. Pour faire sa place, il devait démontrer sa hargne. C’est ainsi qu’il a subi plusieurs commotions cérébrales. Elles n’ont jamais été traitées. « Dans le temps tu avais une commotion, mais tu jouais quand même la journée d’après », raconte-t-il. Ses médecins lui ont dit qu’il a des lésions cérébrales, et qu’il risque de souffrir de démence ou encore d’Alzheimer. Il veut maintenant que les jeunes soient éduqués pour ne pas reproduire les mêmes erreurs. Ayant lui-même deux fils, il s’est assuré qu’ils ne suivent pas ses traces et gardent le contrôle pour éviter la bagarre. Le plus important pour lui, est qu’ils restent concentrés sur leurs propres styles de jeu et qu’ils se perfectionnent.
L’équipement pris à la légère ?
Bruce Richardson évoque, sans aucun doute, que les joueurs de hockey ne portent pas le protège-cou comme il le faut pour vraiment se protéger, car ce n’est pas beau esthétiquement, selon eux. Ailleurs que dans la LNH, les joueurs sont dans l’obligation de le porter. Richardson croit qu’il devrait être obligatoire à tous les niveaux pour éviter un autre tragique accident comme celui d’Adam Johnson, l’athlète de 29 ans qui a perdu la vie après avoir reçu un coup de patin à la gorge.
Pour continuer sur le sujet de l’équipement, Richardson est aussi en faveur du nouveau règlement obligeant les jeunes de 18 ans et moins à porter une visière complète. Lui-même ayant reçu des rondelles et des coups à la figure, il est maintenant condamné à porter des plaques de métal au visage, plus précisément au niveau du nez et des orbites. « Je pense que l’obligation de la visière est un bon ajout. On veut pouvoir protéger les jeunes pour éviter des accidents stupides, comme dans mon temps », assure-t-il.
La réglementation est-elle assez sévère ?

Il faut comprendre que les bagarres n’ont jamais été légales au hockey. Cependant, peu importe le nombre de coups échangés, la pénalité reste toujours la même : 5 minutes sur le banc des punitions. Richardson pense qu’il y a assez de règlements, mais que les sanctions devraient être plus sévères.
Il pense aussi qu’il y a encore une zone grise concernant les coups à la tête. Le hockey est un sport rapide qui laisse peu de temps aux joueurs pour réagir. Il arrive parfois que ce soit un accident, mais parfois, les coups peuvent être intentionnels. « La révision vidéo est le meilleur moyen pour vérifier l’action, en cas de doute », ajoute-t-il. Pour l’instant, elle est seulement accessible par les arbitres de la LNH, mais elle ne devrait pas tarder à s’intégrer dans le hockey mineur. La révision vidéo permettra, entre autres, d’aider les arbitres à prendre leur décision et s’assurer de donner la bonne pénalité.
On parle beaucoup des joueurs et de leurs actes, mais que dire des spectateurs ? Le Québec est reconnu pour la passion de ses fans pour le hockey. En revanche, il n’est pas rare d’entendre des insultes envers les joueurs et les arbitres. La plupart du temps, ce sont des parents qui veulent plus que leurs enfants. C’est pourquoi certaines écoles, offrant un programme Sport-Études, disputent leurs parties durant la semaine, pendant les heures de travail. Cela permet de réduire le nombre de spectateurs et spectatrices, et ainsi d’assurer un environnement plus sain pour les jeunes.
Selon Bruce Richardson, pour jouer au hockey, il faut que tu éprouves du plaisir. La première chose à avoir, pour lui, est une attitude positive. Comme il l’a répété à maintes reprises : « La vie c’est 10 % de problèmes et 90 % de solutions. Le hockey c’est pareil. Si tu mets les efforts pour que ça fonctionne, tu n’auras rien à craindre. » Richardson a toujours eu l’esprit d’un guerrier lorsqu’il jouait au hockey. Bien sûr, il dit que se battre n’était pas sa plus brillante idée, mais qu’il ne regrette rien, puisque c’est grâce à ses efforts et à sa combativité qu’il peut vivre de sa passion. Il encourage les jeunes à poursuivre leurs rêves tout en restant en bonne santé.
Nouri Nesrouche a collaboré à la rédaction de la version finale de cet article.

Alexandrine Lefebvre
Collaboration spéciale
Résidente de Très-Saint-Sacrement sur la Rive-Sud, Alexandrine Lefebvre est une étudiante en journalisme multimédia au cégep André-Laurendeau.
La photo en haut de cet article est un collage de photos fournies par Bruce Richardson
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