L’épicerie Le Détour, située au Bâtiment 7 dans le quartier de Pointe-Saint-Charles, offre des aliments qui sont souvent à plus bas prix que les grandes surfaces, tout en étant gérée de manière démocratique par ses membres depuis 2018.

Pour Marie-Claude Rose, cofondatrice et coordonnatrice du projet, « l’idée est de se mobiliser comme citoyens pour se donner un service alimentaire qui soit à notre couleur, qui réponde aux différents besoins des gens ». À but non-lucratif, cette épicerie a été conçue comme une alternative aux grands supermarchés qui « définissent ce à quoi on a accès comme aliments, puis le prix des aliments ».
Mme Rose est la seule salariée du projet à temps plein. Quelques personnes travaillent à temps partiel et les autres sont des bénévoles. Elle précise que les 406 membres de l’épicerie y investissent au minimum trois heures par mois. Ensemble, ils s’occupent de la « vaste majorité de la gestion du projet ».
Cette autogestion permet « d’apprendre à travailler ensemble » et de créer « un tissu social vraiment incroyable », souligne Mme Rose.
Le bénévolat est essentiel « pour que les marges qu’on met sur les produits soient les plus basses possibles », explique Mme Rose, qui explique que « ce qui coûte très cher dans un commerce de détail, c’est notamment la main-d’œuvre ».
La marge est de 20 % à prix « membre » et de 31 % pour le public. Les prix pour membres sont en moyenne 33 % moins chers que ceux d’IGA et 16 % moins chers que ceux de Maxi, selon la coordonnatrice.
Comment se finance Le Détour ?
Pour voir le jour en 2018, Le Détour a bénéficié d’un financement total de 130 000 $ de la part de différents bailleurs de fonds, dont 10 000 $ d’Action-Gardien et de la Direction régionale de santé publique de Montréal (DRSP), 15 000 $ de PME MTL et 4500 $ de l’Université Concordia.
Par ailleurs, 25 000 $ ont été récoltés grâce à des obligations communautaires.
Qu’est-ce qu’une obligation communautaire ?
Selon PME MTL : « L’obligation communautaire est un titre de créance non garanti, donc un prêt d’argent par la communauté à l’organisme émetteur des obligations. Elles ont ainsi une valeur nominale, une échéance et une rémunération (taux d’intérêt, généralement peu élevé) pour le créancier. »
Le Détour est aujourd’hui pleinement autofinancé. « Les marges qu’on établit sur les produits, ça permet de payer les quelques heures salariées, le loyer et les pépins ».
D’où proviennent les aliments ?
L’épicerie de quartier a plus de 80 fournisseurs.
Marie-Claude Rose précise qu’« en ce qui concerne les fruits et légumes, qui sont une de nos spécialités, […] en été c’est à 90 % local ».
La part des fruits et des légumes de provenance locale pendant l’hiver est « d’à peu près 35-40 % ».

Un atelier le 24 janvier prochain
Mme Rose affirme que l’équipe du Détour « est contactée toutes les semaines par des gens qui ont envie de démarrer des projets d’épicerie collective ».
Les membres organisent donc un atelier annuel afin de présenter leur projet, comment ils l’ont lancé et ce qu’ils ont appris. « Les gens viennent du Saguenay, de Québec, de différents coins de Montréal… », énumère Mme Rose.
Cette année, la séance d’information se tiendra le 24 janvier prochain de 14h à 17h au Bâtiment 7 (1900 rue Le Ber). Pour s’y inscrire, il faut écrire à info@epicerieledetour.org.
Quelles sont les heures d’ouverture ?
Le Détour est ouvert du mardi au vendredi de 9h à 19h et la fin de semaine de 9h à 18h.
La photo en haut de cet article a été prise le 22 janvier 2026 par Jasper Bleho-Levacher.
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