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Interdiction des cellulaires à l’école à la prochaine rentrée scolaire : l’école secondaire Monseigneur-Richard à Verdun est prête grâce à son comité « cellulaire »

Comme toutes les écoles du Québec, l’école secondaire Monseigneur-Richard (ESMR) interdira les cellulaires sur son territoire dès septembre 2025. Cette école d’ici a cependant choisi de se pencher sur cet enjeu bien avant que le ministre de l’Éducation abolisse leur utilisation le 1er mai dernier.

Le comité « cellulaire » de l’ESMR a été créé en septembre 2024 à l’initiative de l’enseignante de 4e secondaire en Histoire du Québec, Patricia Boulianne. Elle a alors sollicité le directeur de l’école, François Millette, pour entreprendre les démarches afin que l’ESMR devienne une école sans cellulaire.

C’est lui qui a proposé de « mettre en place un comité qui allait être représentatif de l’ensemble de l’école » pour évaluer la question. Des membres de l’équipe enseignante, deux techniciens en éducation spécialisés, un psychologue, un autre membre de la direction et lui-même ont formé le comité.

Ces derniers « ont commencé à réfléchir », tandis que Mme Boulianne préparait  « une synthèse de recherche » pour appuyer son idée. L’enseignante s’est aussi assurée d’obtenir le soutien de ses collègues avant d’aller de l’avant.

Le comité a entamé des démarches officielles pendant plusieurs mois auprès de l’assemblée générale de l’école, du conseil d’établissement, des parents et des élèves.

Le 15 avril dernier, le conseil d’établissement a adopté à la majorité un nouveau libellé pour le code de vie 2025-2026 interdisant l’utilisation du cellulaire au sein de l’école, « tout ça avant que le ministère ne l’impose », précise M. Millette.

Interdictions du ministre de l’Éducation

Le 1er janvier 2024, le ministre de l’Éducation interdit le téléphone cellulaire dans les salles de classe du Québec. Les élèves peuvent le garder sur eux, mais son utilisation est interdite sans l’autorisation de leur enseignant ou enseignante.

Le nouveau règlement adopté le 1er mai par le ministre Drainville entrera en vigueur à la rentrée scolaire 2025. Il interdit l’utilisation du téléphone cellulaire, autres appareils mobiles ainsi que des écouteurs sur tout le territoire de l’école. Les élèves devront laisser leur téléphone dans leur casier toute la journée.

Une direction d’école confiante

M. Millette est confiant du succès de l’implantation du nouveau règlement. « L’avantage que nous on a, c’est que nous avons l’adhésion des membres du personnel, des parents et des élèves ».

Selon lui, « la sensibilisation est faite, le milieu est préparé. » En effet, les membres du personnel, les membres parents ainsi que les représentants d’élèves au conseil d’établissement ont eu chacun un vote lors de l’adoption de ce règlement, et toute la communauté de l’école a été impliquée dans les démarches.

« Là, on est rendu à comment on l’implante », poursuit M. Millette. Le comité « cellulaire » de l’ESMR s’interroge sur la gestion du règlement au quotidien, et le directeur indique qu’il faudra commander des horloges pour pallier à l’absence des téléphones.

« L’aspect mobilisation du personnel va être extrêmement importante, d’où l’intérêt d’avoir été chercher l’appui de tous les membres du personnel avant d’entamer le processus, croit Mme Boulianne. C’est ça qui va faire que ça va se vivre différemment ici qu’ailleurs dans les écoles où ils sont un peu pris par surprise ».

Elle explique que cette mobilisation se fera par « plus de surveillance et une présence accrue dans les aires communes ».

Des élèves réticents mais compréhensifs

M. Millette ne cachent pas que les élèves étaient d’abord réticents envers le nouveau règlement. « Les élèves n’étaient pas contents au début, mais en leur expliquant le pourquoi, la majorité y adhère », croit-il.

Mme Boulianne, qui enseigne aux élèves de 4e secondaire ayant pu utiliser leurs cellulaires pendant quatre ans, « a pris le temps d’avoir la discussion en classe avec eux et a commencé par leur expliquer d’où venaient les inquiétudes ».

« L’objectif n’était pas de leur imposer une interdiction, mais plutôt de créer un milieu de vie plus sain et plus adéquat pour leur développement », précise-t-elle.

Elle soutient que les élèves sont conscients de leur utilisation des téléphones cellulaires, ce qui contribue à leur ouverture face au nouveau règlement.

Isolement et distraction en classe

Bien que l’utilisation du téléphone cellulaire soit interdite en classe, ses effets néfastes continuent à se faire sentir, d’où la nécessité de bannir complètement sa présence dans les écoles.

« On voit beaucoup d’élèves se fermer, et le développement social se fait de moins en moins naturellement, soutient Mme Boulianne. Les élèves sont fermés sur leurs écrans, et on a des enjeux d’anxiété, et d’autres liés à l’image. »

Elle informe que « les élèves ont toujours leur téléphone cellulaire dans leurs mains. C’est un réflexe, ils ne s’en rendent même pas compte », s’inquiète-elle.

Selon M. Millette, les élèves admettent eux-mêmes « perdent le fil de ce qui se passent en avant », car ils sont interrompus en classe par des notifications qui font vibrer le téléphone.
 
« Le fait d’avoir le téléphone dans la poche, a un impact majeur sur leur attention. Après, il faut qu’ils rembarquent dans le cours après avoir manqué deux ou trois minutes de contenu. Ça va leur prendre un autre cinq minutes pour se remettre dedans », soutient-il.

Moins de participation aux activités parascolaires

Mme Boulianne estime que « l’offre parascolaire et vraiment intéressante et riche » à l’ESMR et se désole de la baisse d’adhésion à ces activités dans les dernières années.

Elle mentionne qu’il n’y a « presque plus de participation au spectacle de variétés, qui occupait avant un espace spectaculaire dans l’école ». D’après elle, cette activité « est en déclin », car les élèves se divertissent avec leurs appareils mobiles et ne sont plus à la recherche d’activités pour s’occuper.

L’enseignante estime qu’en conséquence « les jeunes vivent moins d’expérience à tous les niveaux ».

Pas de terrain extérieur, un territoire difficile à restreindre

La directive du ministère de l’Éducation interdira dès septembre la présence de téléphones cellulaires sur le territoire de l’école. Cependant, les élèves de l’ESMR utilisent le parc Arthur-Therrien, qui appartient à la Ville, pour leurs cours d’éducation physique, mais aussi pour socialiser.

« Notre terrain est vraiment petit, explique le directeur. Les élèves ont juste à sortir et ils ne sont déjà plus sur le territoire de l’école. On va se concentrer sur l’intérieur. »


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Odile Joron
Résidente de Verdun depuis 2022, Odile a terminé le certificat en journalisme multiplateforme à l’Université de Montréal et a effectué un stage à Nouvelles d’Ici avant d'être engagée comme journaliste. Elle a précédemment été cheffe de la section Campus au journal étudiant Quartier Libre de septembre 2024 à avril 2025. Son désir d’en apprendre davantage sur son quartier et d’informer sa communauté sur les enjeux qui la concernent l’ont conduite à se joindre à l’équipe.