Laurence Tremblay-Vu
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Laurence Tremblay-Vu : funambule, lachinois et professionnel de l’équilibre

“J’ai grandi à Lachine et c’est resté mon pied à terre entre mes voyages depuis que je suis nomade pour les besoins de ma carrière.”

À plus de 10 mètres de haut en Suisse, sur la rue Saint-Denis et à Pointe-à-Callière

Funambule de renommée internationale et maître des airs, Laurence T-Vu a un attachement à la terre tout relatif – sauf quand il s’agit de celle qui l’a vu naître. Attaché également au magnifique bord de l’eau lachinois, cet artiste de cirque est l’une des rares personnes au monde à pouvoir évoluer sur un fil à des hauteurs dépassant les 10 mètres – avec calme, maîtrise, grâce et facilité. Cette pratique artistique hors du commun l’a conduit notamment en 2018 à traverser le fleuve du Rhin en Suisse sur un fil installé à 25 mètres de haut. Si le professionnel de l’équilibre n’a jamais mis la barre plus haute à Montréal, il a traversé la rue Saint-Denis à plus de 10 mètres de haut en 2016. 

C’est à une hauteur de 14 mètres qu’il doit renouveler l’exploit les 16 et 17 octobre sur la Place Royale pour marquer en beauté l’ouverture de l’exposition Place au Cirque! au musée Pointe-à-Callière de Montréal.

Citoyen du monde et de Lachine

Laurence Tremblay-Vu
Laurence Tremblay-Vu – Crédit photo : Philip Fortin

Né en 1985 à Lachine d’un père d’origine vietnamienne et d’une mère québécoise, Laurence Tremblay-Vu fréquente l’école Victor-Thérien avant de poursuivre ses études secondaires au collège Saint-Louis. “Le programme international que j’y ai suivi a fait une grosse différence pour moi,” se souvient celui qui a travaillé tout autour du globe au cours des dernières années. Ouvert sur le monde dans son approche académique, le collège lachinois lui a aussi permis de vivre cette ouverture au quotidien en compagnie de ses camarades polonais, chinois, québécois ou originaires de plusieurs pays d’Amérique du Sud. “Il existe ici une ouverture à la diversité culturelle que l’on ne retrouve pas forcément ailleurs dans le monde,” remarque le grand voyageur au cours de notre entretien au téléphone.

C’est vers 12 ans que le jeune Lachinois découvre les arts du cirque, une activité parascolaire proposée alors dans l’ancienne gare Dalhousie par l’École nationale de cirque. Ces premiers pas ne constituent pourtant pas le début d’un parcours ininterrompu. “J’ai fait d’autres sports comme du snowboard et du yoga pendant 10 ans,” se souvient-il. Après avoir terminé son cégep au collège Jean-de-Brébeuf, il poursuit ses études en design de l’environnement à l’UQAM où il obtient son baccalauréat. C’est à la faveur d’un travail d’étudiant dans les cuisines du Cirque du Soleil que le cirque opère un retour dans sa vie.

Verdun sur son parcours

“À force de côtoyer ce monde même de loin, j’ai eu envie d’y travailler, peut-être en faisant de la scénographie” raconte Laurence T-Vu. Mais, l’appel de la piste est trop fort et il décide finalement de faire une formation d’un an à l’école de cirque de Verdun avant de parfaire son art pendant 4 ans à la prestigieuse École nationale de cirque de Montréal. “Verdun a été un grand tremplin pour moi et pour plusieurs autres artistes,” explique-t-il. Couvrant aussi bien l’entraînement physique que l’aspect artistique, ce programme préparatoire d’une vingtaine d’heures par semaine a constitué une excellente fondation. Nul doute que les deux écoles montréalaises ont fait de lui un artiste de cirque accompli, mais il n’a pu vraiment développer sa maîtrise des hauteurs qu’en étudiant auprès des plus grands funambules, en Floride et en France. 

La suite ? Les arts thérapeutiques et un rêve à Lachine

Aujourd’hui au sommet de son art, le Lachinois aime venir se ressourcer à Lachine où il pratique de nombreux sports incluant le kayak sur le lac Saint-Louis. Ressentant une connexion profonde avec Lachine et son histoire, il rêve de pouvoir un jour y réaliser une performance. “Il y a un potentiel énorme au parc René-Lévesque, notamment avec ses sculptures », précise-t-il une fois relancé sur le sujet.

Même s’il s’estime “hyper chanceux“ d’avoir pu continuer à travailler en France, Hollande et avec le cirque Éloize au Québec depuis le début de la pandémie, l’artiste reconnaît avoir amorcé une réflexion sur la prochaine étape dans sa carrière. “C’est devenu beaucoup plus complexe de planifier et j’ai maintenant aussi le goût d’aider les gens à retrouver un équilibre à travers les arts thérapeutiques”. Ce genre d’intervention peut permettre de panser les nombreuses plaies créées par la pandémie en utilisant le travail physique et l’expression artistique pour libérer le mental. Une question d’équilibre que le funambule a apprivoisé depuis longtemps pour le plus grand émerveillement des personnes qui ont la chance de le voir évoluer dans le ciel sur son fil.

La photo en haut de cet article, prise par Philip Fortin, est utilisée avec la permission de Laurence T-Vu.

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Karine Joly
Résidant dans le Bronx à LaSalle depuis 2004, Karine y a fondé sa famille et son centre de formation en ligne pour les professionnels du digital dans les universités. Journaliste locale en presse écrite et radio au début de sa carrière en France, elle a aussi été la rédactrice en chef de la section "Cities & Towns" d'une grande dot com américaine à New York. C'est la pandémie qui l'a amenée à lancer Nouvelles d'Ici avec une autre citoyenne de son quartier en octobre 2020.