Amélie Morin, chargée de projet, avec le premier réfrigérateur communautaire de La Fringale dans le magasin Multi-CAUS à Verdun (26 novembre 2025). Crédit photo : Jasper Bleho-Levacher.
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La Fringale : des organismes de Verdun créent un réseau de réfrigérateurs communautaires

Cet article a été co-écrit avec Odile Joron. Il a été mis à jour le 15 décembre 2025 pour ajouter le montant alloué au projet La Fringale par le Projet Impact Collectif (PIC).

Avec l’aide d’une petite équipe de bénévoles de La Fringale, Amélie Morin a distribué près de 1200 repas à Verdun en deux mois. Depuis le 29 septembre, ce projet visant à combattre l’insécurité alimentaire produit ces repas pour les distribuer dans des réfrigérateurs communautaires. Il n’y a en a que deux pour l’instant, mais le but est de créer un véritable réseau dans l’arrondissement de Verdun.

Mme Morin, chargée de projet, organise des ateliers de cuisine collective chaque lundi à l’église Saint-Willibrord. Les repas préparés remplissent ensuite le réfrigérateur communautaire installé chez Multi-CAUS, un magasin général situé sur le boulevard LaSalle et géré par la Coopérative de solidarité Abondance Urbaine Solidaire (CAUS), et un second situé à la friperie Entre tes mains sur la rue De l’Église.

« CAUS, c’est un peu banlieue, il faut savoir que le frigo est là pour y aller, estime Mme Morin. À Entre tes mains, le frigo est accessible pour les gens à pied. »

Une contribution volontaire en échange d’un repas est la bienvenue et Mme Morin souhaite que La Fringale « s’autofinance » dans sa deuxième année d’activités. Tout ce qui est dans les réfrigérateurs est néanmoins gratuit. Elle précise qu’« aucune justification » n’est nécessaire pour y prendre quelque chose.

« On le voit de plus en plus aujourd’hui […], tu peux avoir une job à temps plein, faire un gros salaire, et tu as des dettes », explique-t-elle.

CAUS et l’association Entre tes mains ont lancé La Fringale, et l’organisme Casa-CAFI, l’église Saint-Willibrord, le CLSC de Verdun et des membres de la communauté complètent le réseau.

Le projet est financé par la Concertation en développement social de Verdun (CDSV), plus précisément le Projet Impact Collectif (PIC), lui-même financé par Centraide du Grand Montréal.

Le PIC offre un soutien financier de 150 000 $ par année pour deux ans à La Fringale. Selon Mme Morin, l’argent sert à acheter des contenants, des ingrédients complémentaires comme du riz, de l’huile et des épices, et à couvrir son salaire.

Un réseau de partage

Le but de l’initiative est de créer un réseau de partage de ressources, autant en nourriture qu’en bénévoles, pour assurer la sécurité alimentaire à Verdun.

L’église Saint-Willibrord propose par exemple une soupe populaire tous les mercredis midis.

Selon Mme Morin, l’objectif du réseau est de faire circuler l’information pour rendre la nourriture accessible et éviter les pertes.

« Au lieu de s’envoyer des courriels, on s’appelle : “As-tu besoin de ça ? Veux-tu des lunchs ?” »

Une banque alimentaire à CAUS les mercredis

Dans son magasin, CAUS offre une banque alimentaire les mercredis. Les aliments proviennent de Moisson Montréal et sont collectés par des bénévoles à l’aide d’une camionnette que les organismes se partagent.

Mme Morin explique que contrairement à d’autres banques alimentaires, les gens peuvent choisir eux-mêmes leurs aliments au lieu de recevoir « une boîte d’épicerie toute faite », ce qui évite le « gaspillage invisible ».

Les aliments restants sont ensuite utilisés par La Fringale.

Un projet ambitieux

Mme Morin voudrait qu’il y ait trois cuisines collectives par semaine, à différents endroits dans l’arrondissement, et que les réfrigérateurs communautaires se retrouvent « partout » à Verdun, incluant certains à l’extérieur, dans la rue. 

« Le but c’est que, mettons que quelqu’un a une quantité astronomique de patates, […] que l’autre a plein de lait et que l’autre a plein d’œufs, individuellement on n’aura peut-être rien à faire avec tout ça, illustre-t-elle. Mais si […] tout le monde est au courant de la cuisine collective de chacun, on peut faire des trucs plus intéressants et nutritifs. »

Faye Fung, une bénévole qui a participé à quatre reprises aux cuisines collectives depuis le mois d’octobre, croit également que cette collaboration de « plusieurs acteurs qui ont la même mission » leur permettra d’avoir « un plus grand impact ».

Cet impact, Mme Fung dit déjà le remarquer. « Les gens sont super reconnaissants. Ils le disent aussi, donc on voit concrètement ce que ça apporte. »

Quelles sortes de repas peut-on y trouver ?

Mme Morin souligne que La Fringale a « une population diverse », raison pour laquelle elle fait varier ses repas. Elle utilise des recettes de différentes cultures et tente le plus souvent possible d’offrir des options végétariennes, véganes et halal. Elle évite généralement les arachides.

La chargée de projet et les bénévoles préparent de 100 à 300 repas chaque lundi en utilisant habituellement deux recettes différentes, mais en offrant parfois plus d’une option. Un exemple : la semaine du 17 novembre, La Fringale a cuisiné « un curry végé et un curry à la viande », ainsi qu’une sauce tzatziki avec soit des boulettes de viande, soit des pois chiches.

La règle générale cependant est que les repas de La Fringale comprennent des légumes, un féculent et une source de protéines.

La photo en haut de cet article d’Amélie Morin en avant du réfrigérateur communautaire du magasin Multi-CAUS a été prise le 26 novembre 2025 par Jasper Bleho-Levacher.


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Jasper Bleho-Levacher, Initiative de journalisme local
Originaire des Laurentides et maintenant résident de l'arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, Jasper est un récent diplômé du programme de journalisme à l’Université Concordia, où il a aussi étudié l’anthropologie. Il a notamment écrit pour Global News ainsi que pour la section francophone du journal étudiant The Concordian. Lorsqu’il ne fait pas de journalisme, Jasper aime faire du backpacking ou apprendre des langues étrangères. Il est fier de travailler pour Nouvelles d’Ici et dans le sud-ouest de l’île de Montréal.