4 olympiens Lachinois : John Cassidy, Daniel Turcotte, Mario Vincent et Peter Smith
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Jeux olympiques d’hiver : Souvenirs de 3 Olympiens de Lachine

Nul doute que les XXIVe Jeux olympiques d’hiver à Pékin en Chine resteront dans les annales à cause des contraintes imposées par la pandémie. Mais, à Lachine, certaines éditions précédentes sont encore présentes dans les mémoires pour de toutes autres raisons.  

Pour certains Lachinois, les noms de Turcotte, Smith, Cassidy et Vincent sont ainsi synonymes de fierté, une fierté qui s’enflamme à nouveau lors de chaque quinzaine olympique d’hiver. Membres du Temple de la renommée de Lachine, avec des banderoles bien en vue à l’aréna municipale, les quatre Lachinois ont tous participé aux Jeux dans le passé. 

Patinage de vitesse longue piste : Daniel Turcotte, dans les traces de John Cassidy 

Pour Daniel Turcotte, patineur de vitesse longue piste à Sarajevo (1984) et à Calgary (1988), les Jeux n’étaient pas nécessairement dans ses objectifs initiaux.  « Je suis passé d’un gars qui aimait patiner à un athlète de niveau national parce que j’ai eu la chance d’avoir un mentor, John Cassidy, alors pompier à Lachine » se souvient le Lachinois aujourd’hui CPA et vice-président finances chez R Thibert à Châteauguay.  Son mentor l’a accompagné dans de nombreuses compétitions.  Intronisé au Temple de la renommée du patinage de vitesse du Québec et récemment décédé du cancer, John Cassidy  a été le premier patineur du Québec à participer aux Olympiques avec l’équipe canadienne. C’était à Sapporo en 1972 !  

Pour Daniel Turcotte, ses deux participations ont été fort différentes. En 1983, le patineur alors sur l’équipe B du Canada attrape une gastro et perd 10 lbs alors qu’il étudie à l’université.  « On m’a invité aux Essais à Davos, j’ai réussi à faire le standard  olympique, mon meilleur temps… » se souvient-t-il aujourd’hui encore un peu étonné.  « Avec moins d’épreuves de Coupe du monde pour la préparation, 1988 fut finalement moins le fun que 1984 ». Dans un stade couvert, une première aux Olympiques pour l’épreuve de patinage de vitesse longue piste, Daniel Turcotte termine au 17e rang à Calgary, 12 places de mieux qu’en Yougoslavie.  

La courte piste : un sport chéri au Québec et 2 médailles pour Mario Vincent

Mario Vincent, photo officielle de l'équipe Canadienne
Mario Vincent, photo officielle de l’équipe Canadienne – Crédit photo : Équipe Canada

Si les ovales glacées de 400m étaient quasi inexistantes au Québec, chaque patelin avait son aréna où l’on pouvait patiner sur courte piste, un tour de 111 m de long. Tous les athlètes de patinage de vitesse ont donc largement profité de cette situation pour s’entraîner. Pas étonnant donc que le Québec ait eu des champions du monde en courte piste. C’est d’ailleurs à Calgary en 1988 que le patinage de vitesse sur courte piste a fait son entrée aux JO comme sport de démonstration. Double médaillé aux Jeux de Calgary, le patineur de Ville St-Pierre qui travaille aujourd’hui à l’arrondissement de Lachine, Mario Vincent, se rappelle l’atmosphère comme si c’était hier.  

« On sentait qu’on était en train de faire quelque chose pour l’avenir de notre sport » explique-t-il.  Avec leurs résultats aux Championnats du monde, les patineurs de courte piste savaient que Calgary serait une compétition très relevée pour les Canadiens.  Pas logé au même endroit que les autres athlètes olympiques, M. Vincent a vécu ses Jeux au maximum en allant notamment à l’Olympic Plaza pour de nombreuses remises de médailles.  « Tu peux imaginer l’intensité vécue, quand j’ai reçu ma médaille d’argent pour le 500m ! » m’a-t-il confié lors de notre entrevue.  Mario Vincent adorait la stratégie et l’intensité du patinage de courte piste. À Calgary, il a aussi remporté le bronze dans l’épreuve du relais. Cette année-là, le Canada a récolté 10 médailles dans son sport.   

Peter Smith, en soutien aux championnes olympiques de hockey sur glace 

Si M. Turcotte et M. Vincent reconnaissent que l’encadrement du patinage de vitesse a grandement progressé au Canada avec les succès olympiques, tant pour le soutien que les conditions d’entraînement, c’est à Salt Lake City en 2002 que le hockey féminin a connu son point tournant selon Peter Smith. Instructeur-adjoint de l’équipe olympique canadienne féminine lors des Jeux de Turin en 2006 et de Vancouver en 2010, M. Smith a goûté à l’or remporté par les Canadiennes. À ces Jeux, la suprématie des hockeyeuses canadiennes a été démontrée. 

assistant coach of the 2010 Canadian Olympic team, poseg with McGill players Kim St-Pierre, left, Catherine Ward and Charline Labonte after winning gold at the Vancouver Olympics.
Peter Smith avec l’équipe championne olympique de 2010 aux côtés des joueuses canadiennes Kim St-Pierre (à gauche) Catherine Ward and Charline Labonte – Crédit photo : McGill (courtoisie)

« Personnellement, en collaborant avec Hockey Canada en 2003, j’ai réalisé que je pourrais peut-être en venir à travailler avec l’équipe olympique canadienne » se souvient le résident lachinois, ex-instructeur-chef de l’équipe féminine de McGill de 1999 à 2020.  En dépit des similarités dans ses responsabilités, l’expérience a été très différente en 2006 et en 2010 pour celui qui est maintenant mentor des coachs de l’université  McGill.  

« Pour Turin, sept mois de préparation… j’ai gardé mon job de coach avec les Martlets mais j’ai fait sept voyages en Europe » se souvient-il avant d’ajouter « Ce fut un bon défi, très demandant »  Pour lui, Turin a été beaucoup plus calme que Vancouver où « on sentait l’excitation des Jeux partout dans la ville, hors des sites de compétitions ».  

En 2009-2010, Peter Smith a pris une année sabbatique pour assumer ses fonctions avec l’équipe olympique et a déménagé chez sa sœur à Calgary.  « Tant chez les hommes que chez les femmes, les attentes à Vancouver étaient très élevées et on pouvait le sentir… »

Aujourd’hui, les trois Lachinois conviennent que les médias sociaux ont tout changé aux Jeux olympiques. « On est maintenant visible tout le temps : cela crée une pression » conviennent sans hésitation M. Smith et M. Turcotte. « J’aurais bien aimé compétitionner dans le contexte actuel » conclut pour sa part Mario Vincent. Tous les trois seront rivés à leur écran afin de suivre les Jeux 2022 – pour se rappeler.

Yves Meunier

Yves Meunier
Collaboration spéciale
Résident de Lachine où il s’est impliqué dans les activités de ses enfants, Yves a grandi à Verdun. Journaliste de métier et de formation, il a oeuvré dans le secteur des communications publiques.

L’illustration en haut de cet article est une composition de photos des olympiens lachinois Cassidy, Turcotte, Vincent et Smith. Les crédits photos figurent sur les photos présentées dans l’article.

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