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Jeux écossais de Montréal à Verdun : quels sont les plans après l’annulation de l’édition 2025 ?

Les Jeux écossais de Montréal, qui animent habituellement le terrain de l’hôpital Douglas au début août à Verdun, n’auront pas lieu cette année. Une décision mûrement réfléchie par le comité d’organisation présidé par Bruno Plourde, en poste depuis février dernier. 

« Entre 2019 et 2024, il y a eu une augmentation de 30-35 % des coûts qui affecte les besoins en infrastructures et en soutien aux Jeux », a affirmé M. Plourde à Nouvelles d’ici au téléphone.

Un communiqué diffusé sur le site web des Jeux indique que la 148e édition des Jeux écossais de Montréal ne célèbrera pas la culture celte cet été en raison de « l’augmentation des coûts, la diminution des commandites et l’absence de subventions gouvernementales ».

M. Plourde a indiqué par courriel que « le budget annuel moyen des Jeux (évènement et gestion annuelle (incluant publicité et administration et finance)) varie entre 220 000 et 240 000 $ pour une journée d’activité ».

Sachant que l’année dernière, les Jeux écossais ont attiré environ 5000 personnes qui ont déboursé 15$ chacune à l’entrée, on arrive à des revenus d’environ 75 000 $. Un montant bien en dessous des 220 000 $ requis pour couvrir les frais de l’évènement.

Des fournisseurs moins coopératifs qu’avant

Le président estime qu’« un ensemble de circonstances » font que la tenue de l’événement n’était plus possible cette année.

Le président explique notamment que les fournisseurs d’événements connaissent depuis la pandémie une pénurie de main-d’œuvre et des difficultés financières qui affectent directement les coûts de production.

« Pour vous donner un exemple concret, auparavant, les carts de golf étaient livrés le samedi et on les retournait le lundi matin. On avait deux jours de location. Suite à la pénurie de main d’œuvre, les fournisseurs ont dit : « On ne livre plus le samedi, on livre le vendredi, et on ne peut plus vous faire de rabais, parce qu’on a plus de monde.” »

M. Plourde indique aussi que les fournisseurs exigent désormais des dépôts.

« Les fournisseurs, avant, on les payait à la fin, déclare-t-il. Ça veut dire que maintenant, je dois avoir des sous d’avance pour avoir le service, mais si les Jeux n’ont pas encore eu lieu, je ne les ai pas nécessairement. »

Manque de subventions et de soutien

Au niveau des subventions, le président soutient que l’« enveloppe culturelle est de plus en plus réduite », et qu’ils sont « beaucoup d’organisations de quartier et de fêtes locales ou régionales » à se partager ces montants.

« C’est de plus en plus difficile d’obtenir des subventions à tous les paliers du gouvernement et on n’a pas l’équipe pour remplir le niveau de détails qu’une subvention demande, explique-t-il. En plus, cette subvention-là, on ne sait qu’à la dernière minute si on l’aura. »

M. Plourde indique aussi que jusqu’à récemment la Ville de Montréal et l’Arrondissement de Verdun, à défaut de pouvoir offrir des subventions, offraient des services, mais que ceux-ci ont graduellement diminué. Il évoque que Verdun prêtait autrefois des génératrices, essentielles à la tenue des spectacles.

« Maintenant, il y a à peu près juste l’Arrondissement qui nous offre du soutien sans frais », dit-il.

Une entente de commandites comme solution

Pour assurer leurs revenus, le comité organisateur souhaite donc développer « une nouvelle stratégie de parrainage » et estime qu’« une commandite pour l’ensemble des jeux » serait une solution viable pour pérenniser l’événement.

« On a eu des succès avec des banques ou des grosses compagnies montréalaises, partage M. Plourde. Mais au lieu d’avoir des commanditaires qui nous donnent un chèque pour un an, on veut essayer d’avoir une entente. »

Le comité songe également à déployer un partenariat avec la SDC Wellington à Verdun. « Il y avait une parade qui se faisait sur Wellington le jeudi avant. Est-ce qu’on pourrait travailler ensemble ?»

Le président croit ainsi que « ce n’est pas nécessairement une question d’argent, mais d’avoir une visibilité, si on veut que plus de gens viennent à l’événement ».

Instaurer une pérennité pour l’organisation et la communauté

Bien que M. Plourde confirme que la raison de l’annulation des Jeux cette année est « principalement financière », il explique qu’une pause était nécessaire.  

« Les finances, ça été la lumière rouge, mais ça nous a permis d’arrêter et de dire : « ok les finances, on regarde le compte de banque, c’est évident », dit-il. Maintenant, comment peut-on s’arranger pour non seulement reconduire l’événement, mais bien le pérenniser et garder des Jeux abordables pour la famille ? »

Son équipe prendra cette pause pour regarder le budget et voir comment faire différemment les choses. « Ça nous donne un an pour se repositionner puis mettre en place des solutions pour que ça soit pas juste en 2026, mais bien 2026, 2027, 2028… »

Le président croit ainsi qu’aujourd’hui la société est dans un cycle où des résultats immédiats sont souvent attendus. « Pour être équitable envers la population qui nous supporte, on doit faire plus (…) et que d’aller aux Jeux écossais devienne une tradition familiale et communautaire. », insiste-t-il pour justifier la nécessité d’une nouvelle approche qui va assurer la pérennité de l’évènement.

La photo de couverture a été prise par Nouri Nesrouches à l’édition 2024 des Jeux écossais de Montréal.


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Odile Joron
Odile a couvert l'actualité locale de juin 2025 à avril 2026. Résidente de Verdun depuis 2022, Odile a terminé le certificat en journalisme multiplateforme à l’Université de Montréal et a effectué un stage à Nouvelles d’Ici avant d'être engagée comme journaliste. Elle a précédemment été cheffe de la section Campus au journal étudiant Quartier Libre de septembre 2024 à avril 2025. Son désir d’en apprendre davantage sur son quartier et d’informer sa communauté sur les enjeux qui la concernent l’ont conduite à se joindre à l’équipe.