À Verdun, l’infrastructure de l’hôpital Douglas se trouve dans un état de vétusté alarmante. Le projet de sa modernisation ne peut attendre, au risque de subir le même sort que l’hôpital Maisonneuve, selon les représentants du personnel médical et paramédical et des syndicalistes de l’établissement, accompagnés par la députée de Verdun, Alejandra Zaga Mendez.
Lors d’une conférence de presse organisée mardi 17 juin, à l’entrée de l’Institut Douglas à Verdun, les intervenantes et intervenants ont décrit la situation actuelle en dénonçant les reports répétés depuis 2020 du projet de modernisation de cet établissement. L’hôpital Douglas à Verdun accueille et soigne des personnes souffrant de troubles de santé mentale.
Invitation lancée au ministre Christian Dubé à faire un état des lieux
La députée Zaga Mendez a appelé à une mobilisation collective pour accélérer le projet de reconstruction de l’institut. « L’ensemble de la communauté du Douglas s’élève d’une seule voix et nous dit qu’il faut accélérer ces projets », a-t-elle déclaré, appelant la Coalition Avenir Québec (CAQ) à faire de ce projet une priorité et à garantir le financement nécessaire d’ici à 2026.
Elle a également invité le ministre de la Santé, Christian Dubé, à visiter les lieux pour constater par lui-même l’état de vétusté des infrastructures. « Je veux voir monsieur Dubé avec nous, se promener dans les couloirs pour nous dire si c’est digne d’un institut en 2025, a-t-elle dit. Parce qu’on pense qu’on est un siècle en arrière ici en termes de soins de santé, de services sociaux. »
Des chauves-souris et de la moisissure
Environ 80 % des bâtiments de l’Institut Douglas sont en très mauvais état, ce qui compromet la qualité des soins offerts aux patients et patientes. Mme Zaga Mendez a souligné que les infrastructures actuelles, certaines datant de 1881, ne peuvent plus accueillir dignement sa clientèle. Sa description repose sur le constat personnel et les témoignages recueillis auprès du personnel. « Des chauves-souris, il y en a dans le Douglas. Il y a des plafonds qui se décollent. Il y a de la moisissure », a-t-elle affirmé.
Des membres du personnel ont aussi pris la parole pour décrire les lieux dans lesquels ils exercent et ainsi tirer la sonnette d’alarme.
Le psychiatre Simon Ducharme a souligné que « L’Institut Douglas est dans un état de délabrement qui nuit au rétablissement des patients et met en danger le personnel clinique ». Selon lui, « il est urgent de construire un nouvel institut qui répondra aux besoins croissants de la population ».
De son côté, l’infirmier Maxence Corriveau a précisé que les plus jeunes patients et patientes en pédopsychiatrie se retrouvaient dans des locaux jugés les pires par Santé Québec. « Il est très difficile de mener à bien notre mission lorsque nous sommes confrontés à des infrastructures obsolètes », a-t-il confirmé, insistant sur le fait que l’expertise des équipes de soins est présente, mais entravée par les conditions de travail.
Il a également évoqué les problèmes de régulation de la température, avec des chambres sans climatisation, des chaleurs accablantes en été et le froid en hiver. Des déficiences majeures dans l’infrastructure informatique rendent également difficile l’accès à Internet, et aux dossiers médicaux électroniques. « Tout cela contribue à réduire l’efficacité des soins, leur qualité et, en fin de compte, la sécurité. », conclut M. Corriveau, président du Syndicat des professionnels en soins de santé de l’Ouest-de-l’île-de-Montréal, affilié à la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ).
Un ultimatum pour éviter l’enjeu électoral
Lors des questions des journalistes, la députée de Verdun a précisé que des avancées étaient attendues durant l’été, mais que tout dépendait de l’assurance que le budget pour la reconstruction soit sécurisé d’ici 2026.
« Le CIUSS fait tout ce qu’il peut avec les moyens qu’il a pour faire avancer le dossier. Il va avoir des avancées pendant l’été et c’est pour ça qu’on est ici, pour demander que le fonds pour la réalisation du projet soit sécurisé d’ici le budget 2026. C’est ça la prochaine étape. » Elle a aussi expliqué que l’échéance 2026 a été fixé en fonction de la date des prochaines élections provinciales. « Ce que nous voulons, c’est accélérer le projet pour éviter qu’il ne devienne un enjeu électoral », a-t-elle signalé.
La photo en haut de cet article a été prise par Nouri Nesrouche le 17 juin 2025.
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