Jusqu’au début du 20e siècle, LaSalle est principalement agricole. C’est à l’époque qu’un terrain de golf, une piste de course et un petit aéroport y font leur apparition.
Période agricole : des vaches laitières à LaSalle
Depuis 1815, la famille Sommerville, originaire d’Écosse, possède un domaine nommé « The Rapids Farm, the Sommerville Homestead ». En rachetant des terres voisines, ils ont établi un ensemble composé d’une maison en pierres construite en 1725, détruite aux environs de 1970, et un cimetière familial.
En 1892, William-Watson Ogilvie rachète le domaine et décide d’y faire construire sa maison d’été. D’une superficie de 180 acres, le domaine est situé sur l’un des sites les plus enchanteurs de l’île de Montréal et longe les rapides de Lachine.
Les Ogilvie sont une famille prospère, également originaires d’Écosse. Ils ont fait fortune dans le domaine de la farine, en innovant avec un nouveau procédé produisant une farine de qualité supérieure et concurrencent, entre autres, le moulin de William Fleming.
Qui est William-Watson Ogilvie ?
W.W. Ogilvie est un membre éminent de la bourgeoisie d’affaires au Canada. Il est administrateur de la Banque de Montréal et président du Bureau de commerce de Montréal en 1893 et 1894. Sa maison principale est au pied du Mont-Royal, près de Westmount.
M. Ogilvie embauche l’architecte A.C. Hutchison qui a conçu seul ou avec des confrères le Redpath Museum, l’Université McGill, l’église St. Andrew de Westmount et l’édifice de La Presse.
Le très vaste manoir à LaSalle est de style Queen Anne avec une tourelle centrale à toit conique, des oriels, des toits à pignon, une grande véranda et un belvédère. L’ensemble architectural comprend aussi les édifices d’une ferme modèle de vaches laitières.
M.Ogilvie affectionne particulièrement ses vaches de type Ayershire, chacune a son nom. En 1895, il gagne une médaille pour la ferme la mieux entretenue du comté.
Le gentleman-farmer n’a cependant pas la chance de profiter longtemps de son vaste domaine, puisqu’il décède cinq ans plus tard, en 1900.

Un aéroport et une école d’aviation
Vers 1929-1930, un petit aéroport se trouve sur ce même terrain. Peu de traces écrites subsistent à son sujet. Il est estimé qu’il était aménagé approximativement dans le quadrilatère du bord de l’eau en face des rapides de Lachine, bordé à l’est par la 14e Avenue, au nord par la rue Georges et à l’ouest par le parc Riverside.
Deux hangars sont érigés ainsi que des infrastructures pour neuf avions légers utilisés pour le transport de passagers et une école d’aviation. La Gazette de Montréal du 22 juin 1931 y mentionne une démonstration de parachutisme.
On connaît aussi son existence grâce au célèbre aviateur Beurling de Verdun. Un héros de la Seconde Guerre mondiale qui décrit qu’à neuf ans, dès que l’école était finie, il filait à l’aéroclub du chemin (boulevard) LaSalle, près de chez lui pour admirer les avions.
Un terrain de golf
Le 12 avril 1932, La Presse publie : Un nouveau terrain de golf à LaSalle. Le « Rapids View Club » a un 18 trous et planifie un neuf trous pour la section féminine du club. Le manoir Ogilvie devient le « Golf House », la maison du golf.
Au fil des années, la maison et les terrains ont eu différents propriétaires : Ross Realty, Sun Life, et finalement la famille Alepin. En 1954, Dieudonné Alepin, gérant du golf, déclare que des joueurs ont découvert deux pierres tombales de 1812, non loin du 16e trou, au nom de Eliza Sommerville. Le golf fermera ses portes en 1970. La maison du golf est laissée à l’abandon et subit du vandalisme. Elle sera détruite par le feu en 1981.
Une piste de course à chevaux
Selon l’historien Denis Gravel dans Histoire du Village des Rapides, « pendant que la Seconde Guerre mondiale sévit en Europe, des chevaux broutent l’herbe tranquillement aux abords de la 2e Avenue à LaSalle. À cette époque, dans plusieurs localités de la région de Montréal, des amateurs de chevaux se réunissent pour compétitionner ». À LaSalle, un comité présidé par le docteur Lacharité, futur maire de LaSalle, se charge de construire une piste avec des estrades, à côté du terrain de golf et non loin de la plage Rocky Beach. Les Montréalais et Montréalaises viennent alors se distraire à LaSalle en grand nombre.

Développement immobilier
Entre 1944 et 1970, le terrain du golf reste intouché. Puis JAR Investments Limited le rachète et voit grand. Certaines rues sont tracées : Centrale, Raymond, Lévis-Sauvé. Mais en 1973, seulement le centre d’achat Le Cavelier et l’école LaSalle High School sont construits. Compte tenu d’un essoufflement dans la construction résidentielle, peu de maisons sont érigées.
En 1975, JAR doit remettre le terrain à la famille Alepin pour défaut de paiement. Les Alepin tentent aussi de le développer, mais un contentieux avec la ville de LaSalle les en empêche. Le « Comité de citoyens espace vert LaSalle » se mobilise pour contester la construction de tours d’habitation et préserver une bande de terrain sur le bord du fleuve. La ville exproprie une partie du terrain en 1979 pour créer le parc des Rapides. Vers 1980, différentes compagnies de construction se remettent au développement résidentiel.

Aujourd’hui
Aujourd’hui, il ne reste rien du terrain de golf, de la piste de course et de l’aérodrome. Seuls les souvenirs des LaSallois et LaSalloises de longue date persistent. Plusieurs racontent encore qu’enfants, ils allaient y ramasser des balles de golf.
Appel à tous
Si vous avez des photos ou des souvenirs du terrain de golf, de la piste de course ou du petit aéroport. SVP les communiquer à marie@nouvellesdici.com
La photo de couverture montre le manoir Ogilvie en 1899. Source : Photographe William Notman, Musée McCord
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