Robert Cavelier de LaSalle a eu un grand impact sur les arrondissements de LaSalle et de Lachine. Il n’y est pourtant resté que deux ans.
Origines et famille
René-Robert Cavelier est né à Rouen, en France, le 22 novembre 1643. Il étudie et s’engage avec les jésuites, mais de caractère irascible et impétueux, il les quitte en 1667.
Son frère aîné, Jean Cavelier, sulpicien, était arrivé à Ville-Marie (Montréal) en 1666. Les sulpiciens y sont bien établis et mènent une vie commune, à la différence des religieux. Ce sont les seigneurs de l’île de Montréal. Ils divisent l’île en « côte » en aval et en amont de Ville-Marie, le long du fleuve Saint-Laurent. Ils demeureront les seigneurs de Montréal pendant presque 200 ans, jusqu’à ce qu’un certain William Fleming remette en cause leur seigneurie.
Aujourd’hui, un présence sulpicienne subsiste à Montréal, notamment avec la basilique Notre-Dame et le Séminaire-de-Saint-Sulpice sur la rue Notre-Dame.
Arrivée à Montréal
Cavelier arrive à Ville-Marie en septembre 1667, à 24 ans. La même année, et possiblement grâce à l’aide de son frère, les sulpiciens lui concèdent des terres. Ils lui donnent une seigneurie afin d’établir un village qui servirait d’avant-poste pour Ville-Marie et un refuge pour les habitants des alentours.
Selon le livre de Denis Gravel, Cavelier de La Salle, l’intrépide explorateur de l’Amérique, pendant 18 mois, il se conduit comme un seigneur et signe dorénavant « sieur de LaSalle ». Ce nom de LaSalle lui vient d’ailleurs de sa grand-mère maternelle, Catherine de LaSalle. Il concède une terre à René Cuillerier, bâtit sa maison, commence des défrichements et trace les plans d’un village. Il nomme sa seigneurie Côte Saint-Sulpice.
Mais l’appel de l’aventure est le plus fort, et Cavelier rêve de trouver un itinéraire pour rejoindre la Chine. Il commence à vendre ses terres pour financer ses expéditions. Il vend des terres aux commerçants Charles Le Moyne et Jacques Le Ber, son domaine à Jean Milot, et le reste du fief aux sulpiciens qui le lui avaient pourtant cédé auparavant. Aujourd’hui, la maison Le Ber-Le Moyne fait partie du musée de Lachine.
Le domaine de 420 arpents qu’il avait gardé quelque temps pour lui-même se situait le long du fleuve Saint-Laurent, aux environs des avenues Sterling et Strathyre.
Sur ses anciennes terres, il y aura plus tard, en 1676, l’érection de la paroisse des Saints-Anges de Lachine, qui sera la troisième plus ancienne sur l’île de Montréal, après celles de Ville-Marie et de Pointe-aux-Trembles.
Puis Cavelier de LaSalle disparaît de l’histoire de Lachine et de LaSalle.

Ses expéditions
Sa première expédition a lieu en 1669 avec neuf canots. En 1670, n’ayant trouvé ni l’Ohio, ni le Mississippi, il revient au Québec. À Ville-Marie, où son caractère exalté n’avait pas fait bonne impression, on se moque de ce retour hâtif. Les mauvaises langues baptisèrent, par dérision, la seigneurie de la Côte Saint-Sulpice la « Petite Chine », puis « La Chine » et enfin « Lachine ».
En 1673, Frontenac, qui a remplacé Jean Talon en tant que gouverneur de la Nouvelle-France, le charge de fonder un fort sur le lac Ontario. Les Français veulent constituer un grand empire coupant le continent du nord au sud, confinant les Anglais à l’est des Appalaches.
Au fil de ses expéditions, de plus en plus longues, Cavelier de LaSalle parcourra des milliers de kilomètres à pied ou en canot. Il ira aux abords des lacs Ontario, Érié et Michigan. Mais son but principal est de retrouver le Mississippi. Il échappe à des volées de flèches, négocie des alliances, est entouré d’aventuriers et de voleurs et subit même quelques tentatives d’assassinat.
Il finit par trouver le Mississippi et atteint un endroit où le fleuve se divise en plusieurs canaux. Sur une butte, il fait graver « Louis Le Grand, roi de France et de Navarre, règne, le 9 avril 1682 ». Cette date représente la prise de possession solennelle de la Louisiane.
Il fait construire des forts, les défend, tombe plusieurs fois malade, revient vers Ville-Marie, puis fait des allers retours en France. Il est alors ruiné et mal accueilli. Lui, habitué à vivre dans le bois, revêt ses habits de courtisan pour aller à la cour de Versailles. Il rédige un texte truffé d’exagérations pour qu’on lui accorde un navire pour rejoindre le golfe du Mexique à partir de la France.
Il atteint le delta du Mississippi, mais ne reconnaît pas les lieux. Son bateau est échoué et il continue son exploration par voie terrestre. Certains de ses hommes désertent.
Les révoltés assassinent leurs compagnons, puis Cavelier, pour ne pas être dénoncés. Il meurt en 1687, tué d’une balle dans la tête, à 44 ans.
LaSalle avait ouvert un immense territoire à la souveraineté de Louis XIV au centre de l’Amérique du Nord, mais ces terres seront revendues à l’Angleterre et aux États-Unis par la suite.
Traces
Les aventures de Cavelier de LaSalle en ont fait un personnage de légende. Considéré comme un grand explorateur, son nom est commémoré à de nombreux endroits.
- L’arrondissement de LaSalle
- L’arrondissement de Lachine
- L’école secondaire Cavelier-de-LaSalle
- La Salle, une ville en Illinois
- LaSalle street, une rue de Chicago
- Un village et une rivière au Manitoba
À LaSalle, en 1937, la première chambre de commerce de LaSalle, érige un monument en son honneur, approuvé par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada. Il y a foule, beaucoup de hauts dignitaires, et présentation d’un discours sur la vie de Cavelier de LaSalle. Ce monument est aujourd’hui disparu.

La photo de couverture est un montage comprenant des photos prises par Marie-France Kentzinger et Marie Guertin. La dernière provient de Wikipédia.
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