Depuis 2022, des microforêts ont commencé à être aménagées à Verdun et dans Le Sud-Ouest. Les deux premières éditions du Budget participatif de la Ville centre ont permis à ces deux arrondissements de recevoir du financement pour de tels projets. Ne nécessitant de l’entretien que lors des trois premières années, les microforêts sont utiles pour réduire les îlots de chaleur et donner un accès à la verdure à la population urbaine.
La plantation des microforêts s’inspire de la méthode Miyawaki. Cette technique consiste à faire pousser des plantes indigènes diversifiées sur une petite superficie, mais avec une forte densité, pour y favoriser une croissance rapide.
Lors du conseil du Sud-Ouest du 8 septembre, l’Arrondissement du Sud-Ouest a mandaté l’entreprise Orange Paysagement Inc. pour planter une microforêt au parc Frank-Selke, à Pointe-Saint-Charles. Les coûts de ce projet de microforêt, d’une valeur totale d’environ 442 000 $, sont assumés à 93 % par la Ville de Montréal et le reste par l’Arrondissement. Le financement provient de leurs budgets participatifs respectifs.
Michelle Anne Storey, architecte paysagiste de l’Arrondissement du Sud-Ouest, gère les projets de microforêts. Selon elle, ces initiatives présentent plusieurs avantages. « Pour la qualité de vie des gens qui sont alentours, c’est beaucoup plus intéressant d’aller dans un parc où il y a différents types de végétaux [plutôt] qu’une plaine gazonnée », avance-t-elle.
La petite faune, comme les oiseaux et les insectes pollinisateurs, peuvent également y trouver un abri. Elles sont aussi utiles pour absorber l’eau de ruissellement, soutient l’architecte paysagiste.
Projets de microforêt : bonifié au parc Frank-Selke, mais retiré au parc Sammy-Hill
Le Budget participatif de la Ville de Montréal prévoyait initialement une enveloppe de 1,5 M$ pour la plantation de microforêts sur deux autres sites, le parc Vinet et le parc Sammy-Hill.
Le projet du parc Vinet a été livré en 2025. Il a permis la plantation de 5150 végétaux sur une superficie de 1280 m2, dont des arbres conifères et colonnaires, selon Mme Storey.
Le projet du parc Sammy-Hill a été retiré après analyses, en raison de la forte contamination du sol, comme l’indique le site de la Ville de Montréal. « Il y aurait une trop grande partie [du financement] qui serait simplement pour la décontamination. Donc, on a bonifié Frank-Selke au lieu de faire une décontamination à Sammy-Hill. »
Au lieu de planter sur une partie du parc Frank-Selke, la quasi-totalité de sa superficie, soit une aire de 1075 m2, sera boisée, à l’exception d’un sentier sur lequel les gens pourront déambuler.
À Verdun, deux microforêts à plus faible coût, mais aucune à l’Île des Soeurs
Contrairement au budget de 1,5 M$ dont disposait Le Sud-Ouest, Verdun avait reçu dans le cadre du Budget participatif une somme de près de 486 000 $ qui devait lui permettre de planter trois microforêts. Deux d’entre elles existent aujourd’hui : la première sur les berges près des Serres municipales et la seconde au parc Wilson, situé au 1075, avenue Brown.

Pour planter ces microforêts, l’Arrondissement de Verdun a fait appel à ses équipes internes, plutôt qu’à une entreprise externe. « On peut le faire à l’interne ou le donner à contrat. À contrat, par contre, ça revient plus cher », fait valoir la mairesse de Verdun, Céline-Audrey Beauregard. « On a été très économes », assure-t-elle.
Elle complète que chaque arrondissement a ses expertises, et l’arboriculture est l’une des forces de Verdun, ce qui explique le fait que l’Arrondissement ait pu planter les microforêts avec l’aide de son équipe.
Cette équipe assure également une partie de l’entretien, avec l’aide de citoyennes et citoyens engagés. L’entretien nécessaire consiste principalement à arracher les mauvaises herbes et les plantes envahissantes.

Initialement prèvue à L’Île-des-Sœurs, la troisième microforêt n’y verra finalement pas le jour. « Il faut se rappeler que [L’Île-des-Sœurs] est un secteur vraiment en transformation », dit Mme Beauregard. Elle explique qu’il ne serait pas « responsable » d’y planter une microforêt, de la laisser pousser pendant 20 ans, pour qu’au final on doive l’abattre pour développer un autre projet.
Mme Beauregard affirme avoir demandé à la Ville de Montréal s’il était possible avec le budget restant de bonifier une des microforêts existantes plutôt que d’en planter une nouvelle. La Ville centre aurait refusé : « ils veulent vraiment qu’on crée une nouvelle mini-forêt », rapporte la mairesse de Verdun.
Pour trouver un site qui accueillera cette troisième microforêt, ça s’avère un « casse-tête », admet Mme Beauregard. Elle dit que l’Arrondissement a lancé des recherches depuis l’automne 2025. « Les défis sont beaucoup plus grands quand on aménage le territoire que de juste trouver un espace », mentionne-t-elle. « Il faut que tu poses plein d’autres questions […] : « Est-ce que ça m’appartient ? », « Qu’est-ce qui est prévu à long terme là ? », « Qu’est-ce qu’il y a dans le souterrain ? », « Est-ce que le sol est contaminé ? »… »
La photo de couverture a été prise au parc Vinet par Théo Bou Eid le 23 septembre 2026.
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