Les quatre personnes participantes à la fresque de l'économie circulaire.
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Fresque de l’économie circulaire à Verdun : étendre le cycle de vie des produits qu’on achète

Quatre personnes ont participé à la réalisation d’une fresque de l’économie circulaire, le 21 juillet au Centre Marcel-Giroux à Verdun. Ce modèle se veut une alternative à celui d’une économie linéaire, dans lequel nous nous trouvons actuellement, selon Paul*, animateur de cet atelier.

L’économie circulaire consiste à réduire l’exploitation des ressources naturelles, étendre le plus possible la durée d’usage des objets, et, lorsqu’on doit s’en séparer, de faire en sorte de leur donner une seconde vie plutôt que d’extraire de nouvelles ressources.

Paul explique que le cycle d’un bien de consommation est divisé en trois parties : exploitation, usage, et fin de vie. Lors de la partie exploitation, des ressources naturelles sont extraites pour créer le produit. Plus on extrait des ressources, plus la valeur du bien augmente. Durant l’usage, cette valeur peut rester constante ou diminuer petit à petit, jusqu’à la fin de vie du produit.

« Ce qui se passe à l’heure actuelle, c’est qu’on exploite beaucoup. Malheureusement, tout est fait pour que l’usage soit le plus court possible pour qu’on continue à acheter, acheter, et puis on a la fin de vie assez rapidement », explique l’animateur. 

Durant l’atelier, les participantes et participants disposent de petites cartes comportant des informations sur un phénomène donné, comme le réchauffement climatique ou les gaz à effet de serre (GES), par exemple. Ils doivent relier ces phénomènes entre eux pour créer deux grands schémas qui expliquent ce que sont l’économie linéaire et l’économie circulaire. En ce sens, on peut relier par une flèche les GES au réchauffement climatique, puisque l’un est la cause de l’autre.

L’activité a duré un total de trois heures. Elle a été divisée en deux parties : une pour chaque schéma.

Parmi quelques faits inscrits sur les cartes sur l’économie linéaire, l’extraction des ressources naturelles a plus que triplé depuis 1970 (selon le Global Resources Outlook 2024), un tiers de la nourriture produite dans le monde est gaspillée (selon l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) et il faut 10 000 litres d’eau pour produire un kilogramme de coton (selon le Water Footprint Network).

Le schéma de l'économie linéaire effectué par les personnes participantes, qu'elles ont choisi d'intituler « dérèglement mondialisé ».
Le schéma de l’économie linéaire effectué par les personnes participantes, qu’elles ont choisi d’intituler « dérèglement mondialisé ». – Crédit photo : Théo Bou Eid

Les cartes correspondant au schéma de l’économie circulaire ont proposé certaines pistes de solutions. La consommation collaborative – qui consiste à se partager un produit, en faisant du covoiturage, par exemple – permet d’étendre la durée de vie utile des objets. Il en va de même pour la réparation des biens. Pour ce faire, il est toujours possible de se tourner vers des services de cordonnerie, de restauration de meubles ou de dépannage en électroménager, comme le suggère une des cartes.

Avec des post-it, les quatre personnes participantes ont également apporté leurs propres propositions pour une économie circulaire. Parmi les initiatives figuraient l’achat de produits d’occasion, la consommation locale et la production juste-à-temps (soit de produire un bien à la commande, pour ne produire que la quantité dont les gens ont besoin).

Impressions de l’atelier

« Ce qui est intéressant, c’est que c’est axé sur des solutions », explique Anne-Marie Gauthier, une résidente de Verdun qui travaille dans l’industrie éolienne. « La première étape [sur l’économie linéaire], c’est très pessimiste, mais la deuxième phase, ça apportait de belles et nouvelles idées et de solutions », poursuit-elle.

Pour sa part, Caroline Giard, également résidente de Verdun, estime que ça demande encore de l’effort de prendre des initiatives pour une économie circulaire dans le « système » actuel. Elle aimerait que ces actions du quotidien soient accessibles à un plus grand nombre de personnes pour que ce ne soit plus seulement des « outsiders » qui les entreprennent. « Que ça devienne la norme de ramener tes contenants [vides] de sauce tomate [à l’épicerie] », renchérit Mme Gauthier.

Paul a commencé à animer des ateliers de fresque il y a environ trois ans, initialement pour le climat. Lorsqu’il a découvert la fresque de l’économie circulaire, il s’y est particulièrement intéressé. 

Il souligne qu’il est difficile de changer le climat tout seul, alors que, pour ce qui est de l’économie circulaire, on est souvent confrontés à des choix, comme acheter quelque chose, se séparer d’une autre chose, en faire réparer encore une autre. « Ce que j’aimais bien [dans l’économie circulaire], c’est qu’il y a un côté un peu concret de la vie au quotidien », croit-il. 

*Dans la vie de tous les jours, Paul travaille dans le domaine des ressources naturelles. Nouvelles d’Ici lui a attribué ce nom fictif par peur que son implication bénévole lui porte préjudice vis-à-vis de son entreprise.

La photo de couverture, prise par Théo Bou Eid le 21 juillet 2026, montre les quatre personnes participantes à la fresque.


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Théo Bou Eid
Résident de Verdun depuis 2021 et diplômé du baccalauréat en journalisme de l’UQAM, Théo Bou Eid couvre l'actualité locale pour Nouvelles d'Ici. Il a collaboré en tant que reporter avec le journal Montréal Campus et la station de radio CHOQ.ca. Il a aussi été correcteur d’articles pour le magazine L’Apostrophe. Le journalisme était le choix de carrière évident pour lui, curieux de nature et passionné d’écriture. Théo suit également des cours de piano classique à la Coopérative des professeurs de musique de Montréal, et rêve de se produire sur scène avec un orchestre.