Plus d’une quarantaine de citoyens ont prêté main-forte à l’équipe d’Expédition Saint-Laurent pour nettoyer une partie des berges à LaSalle, jeudi. Leur corvée de nettoyage a permis de retirer près de 400 kg de déchets en deux heures.
La troisième édition de la grande tournée environnementale d’Expédition Saint-Laurent s’est amorcée au parc des Rapides. En tout, 22 lieux de la province seront visités jusqu’au 21 août.

Les deux premières années, l’expédition a ramassé un total de 22 tonnes de déchets, a mentionné à Nouvelles d’Ici la cheffe de l’équipe scientifique de l’expédition, la docteure Lyne G. Morissette.
« L’impact est incroyable et on s’est rendu compte que c’était une formule gagnante dès la première année, a dit cette dernière qui a aussi cofondé en 2018 Mission 1000 tonnes avec Jimmy Vigneux. On s’est dit qu’on le refera chaque année tant qu’on le pourra. »

Mégots de cigarettes, poutre en métal et morceau de quai
Dix-huit personnes font partie de l’Expédition Saint-Laurent ce mois-ci. Il y a l’équipe de restauration écologique (nettoyage), l’équipe scientifique (caractérisation des déchets et prélèvement des sédiments), l’équipe sous-marine (ramasser des déchets et prendre des images sous l’eau) et l’équipe des communications (réseaux sociaux et médias).
« On a aussi six jeunes en début de carrière qui viennent vivre une expérience humaine et professionnelle », mentionne Jimmy Vigneux.

Les citoyens et citoyennes qui se sont présentés à l’activité à LaSalle se sont vu remettre une chaudière, une paire de gants et des pinces géantes. Ils se sont ensuite dispersés sur les berges pour y ramasser le plus de déchets possibles. Certains ont enfilé des équipements de plongée pour aller dans l’eau, d’autres ont pris des planches à pagaie.
Qu’ont-ils le plus ramassé? Des mégots de cigarette. Parmi les autres déchets, se trouvaient aussi des contenants de crème glacée, des ballons, des bouteilles et du fil à pêche.
Les déchets les plus lourds ramassés jeudi? Une poutre en métal, de près de 40 kg, et un morceau de quai, de près d’une trentaine de kg.


Faire sa part

Duane Boisclair, gardien de l’Île Rock et intervenant de l’organisme Héritage Laurentien, a vu de nombreux déchets lors de sa visite sur l’eau. « Il y avait des chaînes, beaucoup de sacs de chips, beaucoup de fil à pêche. Ça, c’est très problématique avec le polyester qui ne se décompose jamais. Et aussi des verres de styromousse pour les vers de terre. »
Malgré tout, il n’était pas découragé. « Ça va quand même bien dans le fleuve. La vraie chose qui est dégueulasse, c’est la qualité de l’eau. Les gouvernements devraient avoir des législations. »
Michel St-Arnaud, 72 ans, de Ville-Émard, a appris l’existence d’Expédition Saint-Laurent le matin même, en regardant un reportage à Salut Bonjour. « J’ai décidé de me joindre au groupe. D’habitude, je le fais seul au parc Angrignon. J’y vais environ trois fois par année pour ramasser des déchets. Je le fais pour garder l’environnement propre. »
Pierre Cartiaux et Aline Brasil, de Verdun, tenaient à participer à l’activité avec leur garçon Raphaël, âgé de 5 ans. « J’essaie de lui expliquer l’importance de la biodiversité et de protéger la nature, mentionne Aline. Je suis contente d’avoir amené mon fils. C’est ce qui me fait le plus plaisir. Il voulait faire plein de choses aujourd’hui. Je lui ai dit non, on vient ici. »
Quand Nouvelles d’Ici a demandé au petit Raphaël pourquoi c’était important de ramasser les déchets, il a répondu qu’on devait le faire pour les animaux « parce que s’ils les mangent, ça peut leur faire très mal. »

Mobiliser des gens à l’étranger
Venue soutenir moralement l’expédition, la conseillère de Ville de l’arrondissement montréalais Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles, Gabrielle Rousseau-Bélanger saluait chaudement cette initiative. « C’est l’engagement citoyen à l’état pur. C’est vraiment un bel exemple de la différence que chaque personne peut faire. […] Ça pourrait être intéressant pour la Ville d’explorer des pistes de collaboration avec des initiatives de ce genre-là. »

Pour les prochaines années, Jimmy Vigneux mentionne avoir 1000 « idées de grandeur » pour l’Expédition Saint-Laurent. « Il y a vraiment un intérêt à aller dans le nord du Québec, dans les communautés autochtones, dit-il. Au Canada, il y a des déchets partout ailleurs aussi. On aimerait aller plus loin, même à l’international. On a déjà des ambassadeurs en Afrique, en Thaïlande, au Togo, au Sénégal et en France. On aimerait mobiliser des gens de partout sur la planète. »
Photo couverture du chef de mission, Jimmy Vigneux, qui parle à la quarantaine de citoyens et citoyennes qui ont participé à la première étape de la troisième édition de l’Expédition Saint-Laurent, à LaSalle. Photo prise le 6 août 2026 par Raphaël Gendron-Martin
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