Résident de Griffintown, Victor Jacquet aimerait que la mairie du Sud-Ouest soit plus proactive pour le quartier.
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Exaspéré par la négligence dans son quartier, un citoyen de Griffintown veut faire bouger la mairie du Sud-Ouest

MISE À JOUR: L’article original parlait d’une rencontre informelle entre M. Jacquet et la mairesse Fournier dans un événement organisé par l’arrondissement. Or, la rencontre s’est tenue dans le cadre d’un kiosque d’information organisé par la ville-centre pour l’inauguration du parc du Bassin-à-Bois.

Victor Jacquet souhaite que les choses changent à Griffintown. Le citoyen de 34 ans dénonce une négligence dans son quartier sur la gestion des déchets, l’augmentation de l’itinérance, les retards de construction et les promoteurs immobiliers qui détruisent le secteur. Avec l’aide d’autres concitoyens motivés, il a préparé une lettre ouverte pour demander à la mairie du Sud-Ouest d’agir.

« On a l’impression que, depuis quelque temps, Griffintown est le nouveau quartier où tout se passe bien et que, de toute façon, les gens qui y habitent viennent de l’étranger et ne votent pas, dit-il. On se fout donc un peu de ce qui se passe là-bas. »

Il y a quelques semaines, Victor Jacquet a fait une publication dans un groupe Facebook du quartier où il a posé une question à propos du futur parc des Eaux-Cachées, dont le projet a été retardé de plusieurs années. Comme réactions, les internautes se sont mis à lister plusieurs problèmes qui persistent dans Griffintown.

« Les mobilisations citoyennes fonctionnent »

Le Français d’origine, qui a déménagé au Québec il y a cinq ans, a dressé une liste d’une soixantaine de doléances de ses voisins. Il les a présentées à la mairesse du Sud-Ouest, Véronique Fournier, lors d’une rencontre tenue dans le cadre d’un kiosque d’information organisée par la ville-centre pour l’inauguration du parc du Bassin-à-Bois.

Parce qu’il en est ressorti avec peu de réponses, Victor Jacquet a créé une « petite cellule » avec d’autres citoyens du quartier et a préparé une lettre ouverte, appelée Demande de réponses concrètes aux préoccupations exprimées par des résidents de Griffintown

Y sont entre autres mentionnés les problèmes de propreté, la circulation difficile et les enjeux de sécurité dans Griffintown. La lettre est adressée à Mme Fournier. La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, se trouve en copie.

« Je sais que les mobilisations citoyennes fonctionnent, parce que ce sont des électeurs, en bout de course, mentionne-t-il. S’il y a une véritable demande qui est formalisée, les gens écoutent. »

« Toute correspondance, qu’elle soit transmise par une personne ou par un groupe, est considérée par l’Arrondissement », a indiqué par courriel Céline Vaillancourt, cheffe de la section communications de l’Arrondissement du Sud-Ouest. « Nous sommes favorables à la mobilisation citoyenne et toujours ouverts à discuter des enjeux qui les affectent et dont l’Arrondissement est responsable afin de trouver des solutions. »

Une tour de plus de 20 étages?

Victor Jacquet et ses voisins s’inquiètent notamment du projet d’une tour, parfois désignée comme l’Îlot William, qui pourrait s’élever entre 20 et 30 étages. Peu de détails ont été confirmés publiquement.

Questionné par Nouvelles d’Ici, l’Arrondissement du Sud-Ouest a répondu qu’une demande d’autorisation réglementaire est présentement à l’étude pour le site localisé au 1457, rue Ottawa.

« Des négociations sont en cours, mais aucune approbation n’a été donnée pour la proposition. À cette étape de l’analyse, l’information concernant le projet est de nature confidentielle, conformément aux lois en vigueur », précise Céline Vaillancourt.

« De manière préliminaire, le projet présentement à l’étude consiste à démolir le bâtiment existant afin de construire un immeuble mixte résidentiel et commercial, poursuit-elle.  La proposition sera conforme au Plan d’urbanisme et de mobilité 2050 ainsi qu’au PPU [Plan particulier d’urbanisme] de Griffintown révisé. »

L’Arrondissement précise qu’aucune dérogation à la densité maximale de construction ne pourra être accordée, conformément aux limites prévues dans les documents de planification. « La superficie constructible ne sera pas supérieure à celle du quartier », mentionne Mme Vaillancourt.

Le projet devra être présenté, à huis clos, au Comité consultatif d’urbanisme, puis au conseil d’arrondissement. Une consultation publique aura lieu ensuite.

Il aime le quartier malgré tout

Travaillant comme directeur d’un programme de recherche, Victor Jacquet n’a déménagé dans Griffintown qu’il y a deux ans et demi. « Malgré tous ces côtés négatifs dont je parle, la qualité de vie à Griffintown reste très bonne, dit-il. C’est un quartier qui est très sportif, avec le Canal [de Lachine], qui est central, tout en étant extrêmement calme. »

Ayant déjà été chef de cabinet pour deux mairies en France, Victor Jacquet a-t-il l’intention de se lancer en politique ici? Lui, qui deviendra père cette semaine, répond par la négative. « Ce qui m’intéresse pour l’instant, c’est de faire avancer des petits dossiers qui embêtent beaucoup de monde dans notre quartier. Je pense que ce serait un peu présomptueux de ma part de me donner des vocations après quelques actes auprès de mes voisins. »

Photo de couverture du citoyen de Griffintown, Victor Jacquet, dans le futur site du parc des Eaux-Cachées, prévu pour 2028. À l’arrière, à gauche, se trouve l’un des bâtiments qui doit être démoli pour faire place au projet parfois désigné comme l’Îlot William. – Crédit photo : Raphaël Gendron-Martin


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Raphaël Gendron-Martin
Résident de Saint-Henri depuis 2018, Raphaël Gendron-Martin œuvre comme journaliste depuis 2002. Après avoir notamment travaillé pour RDS, Échos Vedettes et l’Agence QMI, il a passé les 15 dernières années à couvrir les arts et spectacles pour le Journal de Montréal. Il a fait des milliers d’entrevues avec des artistes québécois et étrangers et a couvert plusieurs événements internationaux. Père de deux jeunes enfants, il est heureux de se joindre à l’équipe de Nouvelles d’ici, car il veut s’ancrer dans sa communauté.