Avec la collaboration de Théo Bou Eid.
Les deux journées de vote par anticipation, dimanche et lundi, ont permis à plusieurs citoyens et citoyennes d’exprimer leur voix avant la cohue anticipée du 5 octobre, jour de l’élection provinciale. Interrogés par Nouvelles d’Ici, les électeurs et électrices dans les circonscriptions de Marquette (Lachine), de Marguerite-Bourgeoys (LaSalle), de Saint-Henri–Sainte-Anne (Le Sud-Ouest) et de Verdun s’accordent à dire que le vote est un exercice important pour faire valoir son opinion.
Marquette (Lachine)
Lors du passage de Nouvelles d’Ici à l’école primaire Martin-Bélanger, l’électeur et résident de Lachine Jason Roberts a affirmé qu’il a fait le choix de voter par anticipation car il est occupé le 5 octobre prochain. Il estime que c’est son devoir de choisir un ou une candidate en fonction de ses valeurs.
Il admet ne pas avoir suivi les débats électoraux à la télévision, mais il s’est informé de leurs programmes dans les journaux. Il trouve que ces débats sont un « jeu de faire paraître l’autre [parti] mauvais, plutôt que de parler de ce dont les Montréalais ont besoin et de ce dont les Québécois ont besoin », dit-il en anglais.

Retraitée, Danielle Vaillancourt vote par anticipation afin d’éviter la foule importante attendue le 5 octobre. « J’ai toujours voté. J’ai fait mon devoir. On ne peut pas chialer après si on ne choisit pas [quelqu’un pour qui voter] », croit-elle.
Questionnée sur le déroulement de la campagne électorale, Mme Vaillancourt dit elle aussi ne pas avoir suivi les débats à la télévision. « Ça se ressemble tout, je trouve. Chacun a de beaux projets, mais à savoir ce qu’ils vont faire après […], on ne fait pas toujours ce qu’on veut, les moyens ne sont pas toujours là. »
Huguette Paquette, résidente de Lachine, trouve que les partis politiques ont tous de bonnes idées. Elle a apprécié pouvoir écouter les opinions des chefs lors des débats, bien qu’elle constate que leur déroulement était « un peu confus ». Elle espère que les personnes élues tiendront leurs promesses.
Marguerite-Bourgeoys (LaSalle)

À l’école primaire de l’Orée-du-Parc, sur la rue Jean-Chevalier, Pierre Bélisle a mentionné à Nouvelles d’Ici être venu voter par anticipation pour s’en « débarrasser le plus vite possible! ». L’électeur préfère y aller quand il y a moins de gens, « malgré qu’il y en a de plus en plus qui votent par anticipation ».

Il trouve important d’exercer son droit de vote « parce que la journée où on n’aura plus le droit de voter, ça voudra dire qu’il y en a qui vont avoir le monopole. Ce n’est pas parce que j’y crois énormément, mais je me dis qu’en démocratie, il y a au moins ça qu’on peut faire. »
Le LaSallois déplore que les chefs dans les débats se chicanent souvent. «Tout le monde dit le contraire de l’autre, ça s’accuse de toutes sortes d’affaires. Je trouve que ça ne fait pas sérieux », dit-il.
De son côté, Carmen Alex a dit en anglais qu’elle était venue voter par anticipation, car sa décision était « déjà prise ». « Je sais ce que je veux pour cette province », mentionne-t-elle. Mme Alex a un peu suivi la campagne sauf la semaine dernière, car elle était partie à Terre-Neuve.
Marcia Claudette Bostic trouve cela important de voter, car elle croit que « si tu ne votes pas, tu n’as le droit de rien dire, si tu restes à la maison et que tu ne votes pas, tu n’as pas de voix », a-t-elle dit en anglais.

L’électrice n’a pas eu le temps de suivre la campagne. « Je fais juste mon travail, maintenant. »
Pat Marcantonio a profité de sa journée de congé pour venir voter, lui qui travaille à l’aéroport. « J’essaie toujours de voter par anticipation. Il y a moins de monde », a-t-il dit en anglais.
Saint-Henri–Sainte-Anne (Le Sud-Ouest)

Nouvelles d’Ici a rencontré Marc Berthiaume devant le bureau de vote situé dans L’Arche Montréal, sur la rue Jogues. Le citoyen de 81 ans a confié être venu voter avec sa femme qui est handicapée, en compagnie d’une autre dame de 94 ans. « Je ne voulais pas les faire attendre [dans la file du 5 octobre] », a-t-il dit.

Il trouve cela important de voter « parce que si je chiale, je vais avoir voté, au moins! [rires]. Si je ne suis pas content, je vais avoir une raison. J’aurai voté. »
Adalgisa Fruciano, quant à elle, est allée voter lundi parce qu’elle veut « être débarrassée ! ». Elle trouve cela important de choisir « qui on veut ». « Et si c’est quelqu’un d’autre, tant pis. »

Elle n’a pas vraiment suivi la campagne. « Je suis un parti. C’est tout. »
Retraitée de 74 ans, Ginette Faille est venue voter lundi parce que le processus est plus rapide. « Pour notre catégorie d’âge, c’est plus facile quand il y a moins de monde. »
La citoyenne a trouvé la campagne électorale « d’une platitude mortelle ! », principalement parce que Donald Trump prend trop de place, selon elle. « C’est dommage. On a tout suivi mais c’est décourageant ».
Nouvellement retraitée, Nanci Baillargeon trouve cela « hyper important » de voter et gronde même ceux qui ne le font pas. « Quand on critique et qu’on n’est pas allé voter, il faut se garder une petite gêne », dit-elle. « On vit quand même dans une démocratie et on est très chanceux. Pour être allée dans des pays où il y a de la dictature… c’est un devoir [de voter] ! »

La citoyenne croit qu’un seul débat des chefs suffirait, même si elle les a trouvés moins acrimonieux que dans le passé. « Il y en a beaucoup. C’est épuisant pour les candidats et peut-être qu’il faudrait changer de formule. »
Verdun
En entrevue avec Nouvelles d’Ici devant le Centre communautaire Marcel-Giroux, Mike Croussette admet qu’il ne vote pas la plupart du temps. « Ça fait plusieurs fois que je m’abstiens, mais j’ai l’impression que, cette année plus que d’autres, c’est important pour faire une différence. » Il a le sentiment que la situation sociale est difficile au Québec ces derniers temps. Il souhaite que son vote ait un impact, aussi petit soit-il.
Puisqu’il pense ne pas avoir le temps de voter la semaine prochaine, il a voulu être certain de ne pas manquer cet exercice en votant par anticipation.

L’électrice Laurence Comtois raconte s’être informée des programmes des différents partis politiques à partir des débats des chefs. Elle ne pense toutefois pas qu’ils aient apporté grand-chose, puisqu’elle observe qu’ils se sont parlés les uns par dessus les autres. De plus, certains appuient leurs propos à l’aide de statistiques qui sont fausses ou sorties de leur contexte, selon Mme Comtois. Elle recommande de vérifier les informations auprès de sources fiables.
Elle croit que, bien qu’il ne soit pas possible d’être à 100 % d’accord avec toutes les opinions d’un parti politique, il est important d’exercer son droit de vote, ne serait-ce qu’en choisissant le ou la candidate qui est le plus proche de ses convictions.

Étant donné que Mme Comtois est en congé et qu’elle ne souhaite pas attendre dans la file le 5 octobre, elle s’est déplacée pour voter par anticipation.
« Au Québec, c’est une démocratie, et je vote toujours! », affirme en anglais Ann Mooney, 78 ans.
Photo couverture du bureau de vote situé dans l’école primaire de l’Orée-du-Parc, à LaSalle. Prise le 28 septembre 2026 par Raphaël Gendron-Martin.
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