Élection partielle LaSalle-Émard-Verdun. Centre Henri-Lemieux. 16 septembre 2024
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Élection à LaSalle-Émard-Verdun : paroles d’électeurs et d’électrices à la sortie des bureaux de vote

Le soleil brille sur le sud-ouest de Montréal en ce jour d’élection dans la circonscription de LaSalle-Émard-Verdun. Une belle journée pour aller voter pour Ludmilla, Marilou, Richard et d’autres. Reste à faire face au bulletin le plus long de l’histoire des élections au Canada, cette trouvaille « provocatrice » du parti Rhinocéros que d’aucuns ont qualifié d’obstacle de trop dans la bataille de la participation.

11 h 21. Le flux est régulier devant le bureau de vote installé au centre Henri-Lemieux à LaSalle. Seuls ou par deux, les électeurs et électrices du Bronx arrivent régulièrement, mais point de bousculade, d’autant que les jeunes sont quasi introuvables.

Le mouvement est discret, et à part les petites pancartes jaunes montrant la direction du bureau à l’entrée du centre, rue Édouard, aucun autre signe n’indique la tenue d’une élection en ce jour du 16 septembre.

La principale inquiétude concernant cette élection est donc la longueur du bulletin de vote, qui comporte 91 candidats. Cette crainte est-elle fondée ou non ? A-t-elle perturbé les habitudes des électeurs et électrices ? Nouvelles d’ici a posé ces questions devant les bureaux de vote.

« Cocasse mais gérable »

Ludmilla Laptinskaya a en effet trouvé le processus simple. « Les lettres sont grosses, on voit bien. J’ai cherché, j’ai trouvé tout ce que je voulais. Donc ça ne m’a pas posé particulièrement de problème », rassure-t-elle. Le même constat est fait par Marjorie Taliano, pour qui le grand nombre de candidats n’a pas été un obstacle. « Il y en a beaucoup, mais il faut savoir lequel on veut. Moi j’étais décidée avant de venir. Si on sait ce qu’on aime, c’est plus facile », souligne-t-elle.

Les électeurs ont semblé bien préparés, chacun se présentant avec un nom en tête. La crainte se faisait entendre pour ceux qui ne l’étaient pas. Exprimant une pensée solidaire pour ceux-là, Ginette Beaudry a critiqué l’absence de moyens d’identification des candidats. « Pour quelqu’un qui n’a pas vérifié, qui ne savait pas déjà le nom de la personne candidate dans son comté, je pense qu’il va trouver ça pénible », avertit-elle.

Le bureau de vote Douglas Hall – Crédit photo : Nouri Nesrouche

Venu en tenues décontractées, le couple Jean-Dominique Lapointe et Judith Dionne émerge de la salle de vote avec le sourire. Après tout, la situation est cocasse certes, mais gérable, s’accordent-ils à dire. « Sur le plan pratique, c’était hilarant plus qu’autre chose. J’avais peur que ce soit en petit format », lance Jean-Dominique. « Mais au moins, c’était une grande feuille, donc ça faisait du sens, malgré tout », appuie Judith.

Plutôt inquiet de la portée politique de cette « débauche » de candidats, Richard Lalonde a exprimé des préoccupations sur l’impact démocratique de cette élection : « Plus tu vas augmenter le nombre de candidats, plus tu vas séparer la force des partis. Ça ne donne rien au bout de la ligne. Celui qui va être élu, au lieu d’être élu à un certain pourcentage, son pourcentage va diminuer de par la répartition. C’est ça qui est antidémocratique », analyse-t-il.

Surprise et confusion

À l’hôpital Douglas, dans l’arrondissement de Verdun, on pourrait penser que le cadre agréable devait avoir un effet incitatif et rendre le déplacement encore moins pénible. Mais sur place, la présence de deux bureaux de vote sur le même site crée la confusion chez un nombre d’électeurs et électrices.

Postée devant le bâtiment Douglas Hall, Meliza Matos prend au sérieux sa mission d’orienter les citoyens et citoyennes et scrute le moindre mouvement en approche du bureau pour aller à l’accueil. À plusieurs reprises elle a dû intercepter des personnes qui se sont trompées d’adresse pour les orienter vers l’autre bureau, quelques centaines de mètres plus loin. Un homme à mobilité réduite, descend difficilement de son taxi, et apprend désagréablement, sa petite mésaventure. Mais Meliza a les mots qu’il faut pour désamorcer l’irritation.

Meliza Matos (à gauche) oriente les électeurs et électrices au bureau de vote Douglas Hall – Crédit photo : Nouri Nesrouche

La confusion s’ajoute à la surprise face au bulletin le plus long, notamment chez les électeurs et électrices qui ignorent tout de ce qui les attend. C’est le cas de Virginia Guerstein. « J’étais totalement surprise. Je ne savais pas. J’avais vu plusieurs affiches de différents candidats, mais pas 80 ! », s’exclame-t-elle. Virginia déplore le gaspillage des deniers publics pour l’impression de quantités plus grandes en papier, mais en pratique, elle s’en est sortie tout de même pour faire son choix.

Relativisant sur l’effet négatif du bulletin le plus long, Marilou Reed souligne l’importance de participer au vote malgré la longueur du bulletin. « J’ai trouvé ça très long, très éparpillé. Mais je pense que c’est juste à cause des indépendants qu’on ne connaissait pas. Malgré ça, je trouve ça important de venir voter », tranche-t-elle.

Parmi toutes les personnes rencontrées lundi 16 septembre devant les bureaux de vote de LaSalle et Verdun, Marilou est la seule jeune électrice. L’indifférence des jeunes à l’égard des élections n’est pas inédite certes.

La photo d’ouverture a été prise par Nouri Nesrouche le 16 septembre 2024.


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Nouri Nesrouche
Nouri Nesrouche a couvert l’actualité pour Nouvelles d’Ici grâce à la Bourse média de la Fondation canadienne des relations raciales de juin 2024 à juin 2025. Il pratique le journalisme depuis 23 ans. Après avoir travaillé pour deux grands titres francophones en Algérie, il a intégré la rédaction de Nouvelles d’Ici en juin 2024. Durant sa carrière, Nouri a produit de grands reportages, notamment à l’étranger, des chroniques politiques, et beaucoup d’informations de proximité. En plus de la politique et des affaires civiques, il s’intéresse beaucoup à la culture.