Qui aura la chance de pouvoir fréquenter l’école alternative des Saules-Rieurs de Verdun ? Pour l’année 2025-2026, les places vont encore manquer et beaucoup de parents ne pourront pas en obtenir une pour leur enfant.
Parmi une quarantaine de parents, Sophie Artiges et Dominic Claveau étaient venus mardi soir assister à la séance d’information obligatoire organisée à l’école et décider si l’offre des Saules-Rieurs est la mieux adaptée à leur fille qui entrera l’année prochaine en maternelle.
« Notre fille est active, énergique et curieuse. Elle a besoin d’être impliquée dans des projets pour suivre les consignes, sinon, elle n’a que faire des consignes », explique Mme Artiges. Au cas où ces deux parents se décident, ce qui est fort probable selon M. Claveau, ils devront remplir les critères d’inscription à la pige et croiser les doigts pour être sélectionnés au tirage au sort prévu le 17 janvier prochain.
Une approche qui séduit
Les écoles alternatives se distinguent des écoles traditionnelles par leur approche pédagogique basée sur l’apprentissage actif, notamment en plein air, et des projets impliquant l’enfant, selon ses intérêts et ses passions. Elles se distinguent aussi par leur philosophie éducative holistique visant à développer l’ensemble de l’individu, des méthodes d’évaluation variées et personnalisées et des structures avec des classes multi-âges ou des groupes d’apprentissage non traditionnels.

À Montréal, il en existe 13. Celle de Verdun a ouvert ses portes il y a 8 ans et rapidement elle a suscité un engouement, que la directrice de l’école, Catherine Houle, explique par la résurgence de l’esprit communautaire.
« On est des écoles très communautaires. L’implication des parents, voir l’élève pas juste à travers des apprentissages académiques, mais dans un développement global, travailler les valeurs… je pense que ça rejoint quand même une bonne partie de la population », avance-t-elle en entrevue avec Nouvelles d’Ici.
Implication des parents
Pendant la séance d’information du 7 janvier, des parents d’élèves étaient présents pour aider à l’organisation et faire les guides pour celles et ceux venus pour s’informer. L’implication des parents est, en effet, une condition pour pouvoir placer son enfant aux Saules-Rieurs. Parents trop occupés s’abstenir. « Effectivement, ça demande beaucoup d’implication des parents, mais moi c’est ça que je trouve beau », affirme la mère de deux enfants scolarisés à l’école, Geneviève Bergeron-Collin.
Elle tire beaucoup de satisfaction de cette implication qui permet de voir, comprendre et participer à la vie de l’établissement dans un esprit de famille où tout le monde est responsabilisé.
Elle se dit encore plus satisfaite en voyant ses enfants s’épanouir dans cet établissement qui développe énormément l’autonomie, mais pas juste de s’habiller tout seul, ajoute-t-elle. « Ma grande fille, c’est sûr que ça répond beaucoup à sa personnalité. C’est une fille très indépendante et très autonome à la base. Sa personnalité explose encore plus dans ce système-là », témoigne Mme Bergeron-Collin.
Seulement 23 places en maternelle
Leur approche, de plus en plus appréciée, fait des écoles alternatives une option attrayante pour les familles qui recherchent une éducation plus personnalisée et adaptée aux besoins spécifiques de leurs enfants.
Cependant, l’intérêt grandissant a évolué plus vite que l’offre et les listes d’attente s’allongent au grand désespoir des parents. « Il y a trois écoles alternatives [dans le secteur du Centre de services scolaire Marguerite-Bourgeoys]. C’est la même chose dans les deux autres écoles. Il y a beaucoup plus de demandes qu’il y a de places », indique la directrice Catherine Houle.
La séance de mardi et celle tenue le 10 décembre dernier ont vu la participation d’environ 120 parents. Malheureusement, l’école ne peut offrir que 23 places en maternelle, quelques places en premier cycle et peu de places en deuxième cycle, précise la directrice.
En plus, l’école tourne présentement à pleine capacité et ne peut ouvrir de nouvelles classes, à moins de « déloger l’école des adultes à côté si on voulait avoir d’autres locaux », plaisante-t-elle.
Manifestement, le déficit augmente chaque année au fur et à mesure que les parents optent pour Saules-Rieurs qui, raison de plus, a obtenu cette année le statut officiel d’école alternative.
Un jour, une école secondaire alternative ?
Par ailleurs, Mme Houle regrette l’absence d’une école secondaire alternative à Verdun où ses élèves peuvent compléter leur cursus, une fois terminé le primaire.
Mais elle ne perd pas espoir. « Dans tout le Centre de service Marguerite-Bourgeoys, on n’a pas d’école secondaire alternative. C’est notre vœu d’en avoir une. C’est en négociation et on se croise les doigts pour qu’ils puissent y en avoir », conclut-elle.
Les photos dans cet article ont été prises par Nouri Nesrouche le 7 janvier 2025.
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