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Du communautaire à la politique municipale à Lachine, Verdun et dans le Sud-Ouest 

Cet article a été modifié le 7 novembre 2025, car la version originale affirmait que les conseillers et conseillères d’arrondissement travaillent à temps partiel, alors que les conseillers et conseillères de Ville travaillent à temps plein. C’est faux, puisqu’il n’y a pas de nombre minimal ou maximal d’heures de travail pour les personnes élues, peu importe leur rôle.

Dans le Grand Sud-Ouest, une dizaine de candidats et candidates aux élections municipales proviennent du milieu communautaire. Quatre ont répondu aux questions de Nouvelles d’Ici sur leur motivation à franchir le pas entre le communautaire et la politique.

« Voir qu’il y a autant de personnes issues du communautaire qui se présentent est une excellente nouvelle, se réjouit Myriam Grondin, directrice générale de Concert’Action Lachine et candidate au poste de conseillère de Ville à Lachine avec Projet Montréal. Ce sont des gens engagés, qui veulent aider. »

Catherine Houbart, jusqu’à récemment directrice générale du Groupe de recommandations et d’actions pour un meilleur environnement (GRAME) est également candidate avec Projet Montréal, à un poste de conseillère de Ville dans le Sud-Ouest. Elle explique ce choix par sa volonté de « travailler sur des milieux de vie agréables, sécuritaires, inclusifs et verts ».

Ludovic Fermely, directeur général du Centre multi-ressources de Lachine (CMRL) et candidat à un poste de conseiller d’arrondissement à Lachine avec Ensemble Montréal, indique qu’il « était important pour [lui] d’aller dans un parti ou [il] se sentirait représenté en tant que citoyen ».

Il soutient qu’Ensemble Montréal a posé « beaucoup d’actions en lien avec l’itinérance et la lutte contre la pauvreté ». Ce qui l’a séduit, c’est « le fait qu’ils veuillent vraiment s’occuper des populations vulnérables ».

Candidate à un poste de conseillère d’arrondissement avec Transition Montréal à Verdun, et anciennement coordinatrice alimentaire chez Santropol Roulant, Julie Saint-Onge voit en Transition Montréal une réponse à des enjeux criants. 

« Comme citoyenne, je vois les difficultés [en lien avec] l’abordabilité, la hausse des loyers, l’itinérance. Je sais que Craig [Sauvé] veut placer les gens et la communauté en premier », soutient-elle.

Aider plus autrui en s’engageant en politique ?

« Je vous dirais que la posture et les outils sont différents, affirme Mme Grondin. Lorsqu’on est au sein des tables de quartier, on va être beaucoup dans de la représentation. Le saut politique peut permettre d’avoir encore plus d’impact ».

Mme Houbart convient qu’en tant « qu’employé d’un organisme à but non lucratif, on est [déja] des acteurs de changement ». Les personnes issues du milieu communautaire seraient ainsi déjà habilitées à améliorer les conditions de vie des communautés qu’elles représentent. L’attrait de se lancer en politique municipale serait donc de pouvoir faire avancer les causes qui leurs tiennent à cœur autrement.

M. Fermely croit lui aussi que le fait d’être élu permet de « s’occuper de dossiers qui vont au-delà de la mission » d’un organisme. « En tant que politicien, je [serai] concerné par tous les citoyens. »

Mme Saint-Onge estime quant à elle que le fait d’être élue pourrait lui permettre d’alléger les procédures administratives lourdes nuisant aux organismes communautaires. 

« Dans le communautaire, les ressources manquent […], et il faut toujours demander pour avoir plus de choses à la municipalité et au gouvernement, dit-elle. [En tant qu’élu], on espère faire des changements systémiques, enlever des barrières, et rendre le processus plus facile. »

Partage du pouvoir et représentativité

M. Fermely et Mme Houbart ont également partagé avec Nouvelles d’Ici leurs convictions sur les enjeux de démocratie et de représentativité en politique.

« La politique, on voit ça souvent comme un monde qui appartient [à l’élite], qui ne nous appartient pas, déclare M. Fermely. Si on veut faire des choses, il faut y aller soi-même », croit-il, ajoutant que « si on veut que le social soit considéré, il faut qu’il y ait du monde social, du monde terrain, qui aille en politique ».

Mme Houbart soutient quant à elle qu’il est illusoire de penser que le pouvoir de changement dans nos collectivités n’appartient qu’aux personnes élues. 

« Tout le monde a une forme de pouvoir et d’influence, affirme-t-elle. Les élus en ont certainement une, mais j’aime à dire qu’ils n’ont pas le pouvoir, ils ont une forme de pouvoir. »

Plusieurs atouts pour le contexte municipal

Les quatre personnes intérrogées pour cet article croient que certaines de leurs aptitudes, développées dans le communautaire, sont transposables à la politique municipale. 

« Le fait d’être sur le terrain tous les jours, ça nous donne un réel aperçu des besoins et des enjeux qui sont présents dans la communauté », soutient M. Fermely. Mme Grondin abonde dans le même sens et affirme qu’œuvrer dans le communautaire permet de développer « l’écoute et l’empathie ».

Mme Houbart pense qu’une expérience dans le communautaire permet de « développer et déployer les capacités de travail en équipe », aptitudes qu’elle juge tout aussi  « essentielles » au municipal.

Les deux candidates de Projet Montréal soulignent que les professionnels de leur milieu « cherchent à innover et se posent des questions ». 

« On est habitué à se demander : telle recommandation que j’émets ou telle intervention que je pose comme organisme communautaire, de quelle manière ça rejoint à la fois ma mission, mes valeurs, et pose un résultat concret ? », illustre Mme Houbart.

Cette dernière estime que cette cohérence est également recherchée en politique municipale. « On cherche à transformer nos milieux de vie d’une manière qui rejoint les valeurs du parti, les autres élus qui adhèrent, mais aussi la population qui a voté pour ces valeurs. »

« Dans le communautaire comme en politique, on est forcé de se retrouver avec des gens différents de soi pour trouver des solutions ensemble, ajoute Mme Saint-Onge. On rencontre beaucoup de diversité, autant en opinion qu’en expérience, et notre point de vue n’est qu’un parmi tant d’autres. »

Quitter le communautaire pour la politique ?

S’ils sont élus, les quatre candidats et candidates rencontrés ont des plans professionnels différents.

M. Fermely souhaite conserver son poste au CMRL, en allégeant sa charge de travail. Pour éviter toute apparence de conflit d’intérêt, il a cédé son poste de président de la Table de concertation petite enfance et jeunesse de Lachine le 2 octobre dernier.

Mme Houbart a démissionné du GRAME le 3 octobre dernier, « pas parce qu’elle est convaincue d’être élue, mais par respect pour l’organisme, de manière à diminuer l’incertitude sur sa gouvernance », a-t-elle confié à Nouvelles d’ici.

Mme Grondin a cédé temporairement son poste à Concert’Action Lachine le 19 septembre dernier. Maryse Bélanger devient directrice générale par intérim. « De part le poste de directrice d’une table, je suis amenée à travailler dans plusieurs projets en collaboration avec la Ville de Montréal. Il était important de se retirer pendant toute la campagne ».

Mme Saint-Onge a quitté son poste à Santropol Roulant il y a deux ans pour se consacrer à une maîtrise à l’université Concordia. Sa thèse « porte sur la collaboration entre les organisations communautaires à Montréal, avec un accent particulier sur le niveau local. » Elle poursuivra ses études si elle est élue.

La photo de couverture provient de Canva.


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Odile Joron
Odile a couvert l'actualité locale de juin 2025 à avril 2026. Résidente de Verdun depuis 2022, Odile a terminé le certificat en journalisme multiplateforme à l’Université de Montréal et a effectué un stage à Nouvelles d’Ici avant d'être engagée comme journaliste. Elle a précédemment été cheffe de la section Campus au journal étudiant Quartier Libre de septembre 2024 à avril 2025. Son désir d’en apprendre davantage sur son quartier et d’informer sa communauté sur les enjeux qui la concernent l’ont conduite à se joindre à l’équipe.