Et si les arbres racontaient des histoires ? C’est le pari de la Promenade arboricole littéraire du 27 juin dernier aux abords de la Maison de la culture de Lachine. Entre observation de la nature, littérature et écriture, l’activité avait pour objectif d’amener les participants et participantes à redécouvrir les arbres qui les entourent.
Conçu par l’autrice et historienne de l’art Pattie O’Green*, ce projet pilote est présenté cette année dans le cadre de la programmation des maisons de la culture de Montréal. Après une première édition dans le Sud-Ouest et une promenade au cimetière Mont-Royal, l’activité a fait sa dernière escale à Lachine.
Au fil du parcours, les personnes présentes découvrent différentes espèces : bouleau, pin, tilleul, peuplier deltoïde et saule sous un angle à la fois botanique, culturel et littéraire.
« Ce qui est important, ce n’est pas seulement de reconnaître un arbre par son nom, mais de développer un regard sur lui, d’apprendre à l’observer et de créer nos propres images pour le décrire », explique Pattie O’Green.
La promenade s’appuie sur des extraits d’œuvres littéraires, des faits scientifiques et des connaissances issues des Premières Nations afin de mettre en lumière la diversité des récits que portent les arbres.
Pour l’animatrice, la nature est aussi une construction culturelle : « J’aimerais ouvrir le rapport aux arbres urbains et à la nature. On partage des aspects scientifiques, culturels, autochtones et imaginaires. L’idée est d’aller chercher le plus grand nombre possible de façons d’entrer en relation avec la nature. »

Un projet qui mêle littérature et territoire
L’idée de cette promenade est née d’une discussion avec un agent de développement culturel des maisons de la culture de Montréal.
L’objectif était de réunir plusieurs dimensions déjà présentes dans le travail de l’autrice : la vulgarisation des connaissances sur les arbres, l’écriture et la lecture publique.
Elle a également souhaité intégrer la mémoire citoyenne au projet.
Avant la promenade, des cartes postales ont été distribuées dans le voisinage afin d’inviter les résidents et résidentes à raconter leurs souvenirs ou leur lien avec les arbres du quartier. Certains de ces témoignages ont ensuite été intégrés à l’activité, aux côtés de textes d’auteurs.
Écrire à partir d’un arbre
Après chaque segment combinant vulgarisation scientifique et lecture d’extraits littéraires, les participants sont invités à prendre la plume.
L’exercice consiste à choisir un arbre et à le décrire sans utiliser son nom, mais plutôt à travers des métaphores et des images personnelles.
« Les métaphores nous permettent aussi de reconnaître un arbre. Tout le monde comprend ce qu’est un saule pleureur parce que cette image nous parle », souligne l’autrice.
Selon elle, cette démarche permet de développer une relation plus personnelle avec les arbres urbains, souvent présents dans le paysage sans qu’on leur prête véritablement attention.
Présenté cette année à titre de projet pilote, le concept sera évalué à l’issue de cette première série de promenades afin de déterminer s’il sera reconduit.
* Pattie O’Green est le nom de plume de l’artiste Paule Mackrous.
La photo de la promenade littéraire a été prise le 27 juin par Nihel Barkati.
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